Candice Capelle : l’entrepreneuriat au service de l’intrapreneuriat

Candice Capelle fait partie de cette catégorie de personnes inclassables qu’on appelle slasheurs. Démissionnaire d’un CDI à 23 ans en gardant le sentiment d’être inadaptée à l’entreprise, elle décide de mener de front ses différents projets à fort impact social avec une énergie étonnante : organisatrice de Startup weekends, Ambassadrice à la Fabrique Aviva pour Makesense et cofondatrice de startups. Là où certains prônent l’entrepreneuriat, Candice se bat pour que les salariés puissent eux aussi trouver leur place dans l’entreprise. Echange avec cette jeune multipotentielle engagée.

1-  Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Candice Capelle

 

Je m’appelle Candice Capelle, j’ai 25 ans, et je suis co-fondatrice de WeShape_lab, le 1er Open Lab dédié à l’empowerment des salariés en entreprise !

J’ai un parcours assez classique : BAC S, classe préparatoire ECS, Grande Ecole de Commerce (Skema Business School) puis Master Entrepreneurship & Innovation.

J’ai fait beaucoup de jobs étudiants pendant mes études (McDonald’s, Subway, Carrefour City, cours particuliers…) et de nombreux stages (communication, community management, événementiel, gestion de boutique…), puis en sortant d’école, j’ai trouvé un CDI en tant que consultante en systèmes d’information (gestion de projets informatiques) dans un grand groupe.

Malheureusement, je n’ai pas trouvé ma place à ce poste : manque de sens, de créativité, d’autonomie… Tout cela était bien loin de ce que j’avais appris en Master Entrepreneuriat ! Je suis partie très vite, avec un sentiment d’inadaptation à l’entreprise…

2- Organisatrice de Startup Weekends, Ambassadrice à La Fabrique Aviva pour Makesense, cofondatrice de startups, te qualifierais-tu de Social Slasheuse ?

 

Crédit photo : Startups Weekend

Je me reconnais tout à fait dans le terme de « slasheuse », puisque je cumule plusieurs activités en parallèle : entrepreneure, freelance, bénévole. C’est pour pouvoir être sur plusieurs fronts et être indépendante dans mes projets que je ne suis pas restée salariée d’une entreprise.

Quant au terme « social slasheuse », je n’y avais pas réfléchi, mais c’est vrai que le fil conducteur de mes différents projets est le sens et l’impact social ! La Fabrique Aviva et les Startup Weekend pour aider les entrepreneurs sociaux à éclore, et mes projets entrepreneuriaux pour faire bouger les lignes en entreprise et améliorer la vie des salariés !

3- Tu as cofondé WeShape_lab, une association qui a pour but de sensibiliser aux différentes formes d’empowerment des salariés en entreprise. Quelle est votre approche ?

Notre objectif avec WeShape_lab, c’est que chaque salarié en entreprise puisse trouver sa place et la prendre.

La France est le pire pays en Europe en matière d’engagement des salariés : 65% des salariés ne sont pas engagés et 26% sont activement désengagés. Si l’entreprise était une barque avec 10 personnes à l’intérieur, 1 personne ramerait dans le bon sens, 3 ne rameraient pas et 6 rameraient dans le mauvais sens…

« La moitié des Français n’est pas satisfaite de son travail ! »

Imaginez les effets négatifs en termes de performance économique des entreprises et du pays, d’innovation, mais surtout en termes de bonheur !

L’équipe de WeShape_lab est composée en grande partie d’anciens salariés devenus entrepreneurs parce qu’ils ne trouvaient pas leur place en entreprise. Nous sommes partis du postulat que tout le monde ne peut/veut pas devenir entrepreneur, et nous avons décidé d’aider tous ces gens à trouver leur place en entreprise et à la prendre !

Nous nous sommes intéressés à ceux qui avaient réussi à le faire ; non pas les parcours classiques d’évolution interne, mais plutôt les profils un peu atypiques qui avaient eu accès à un parcours particulier, comme par exemple un parcours intrapreneur (c’est-à-dire devenu entrepreneur au sein de son entreprise).

Lorsque nous en parlions autour de nous pour redonner espoir à ceux qui se disaient bloqués à leur poste, nous nous sommes rendu compte que les gens ne savaient pas que ce type de parcours existait ou alors qu’ils ne savaient pas comment y accéder.

C’est pourquoi nous avons décidé de créer un média pour sensibiliser les salariés aux différentes formes d’empowerment qui existent : développement professionnel, corporate hacking (l’art de contourner les règles de l’entreprise sans les enfreindre) et intrapreneuriat.

Nous réalisons des interviews sous format podcast d’intrapreneurs, de corporate hackers et de salariés avec un parcours atypique, afin de faire bénéficier notre communauté de leurs retours d’expérience. Notre objectif est que chacun puisse recevoir leurs conseils opérationnels et les adapter à leur situation pour monter en puissance dans son entreprise.

Nous proposons également des événements (workshops, conférences, formations) au grand public et aux entreprises, pour avancer sur le sujet, grâce à nos intervenants.

Nous voulons vulgariser au maximum les différents sujets et les rendre accessibles au plus grand nombre. Nous souhaitons enfin initier des collaborations entre les salariés via notre communauté et entre les structures qui œuvrent pour le bien-être au travail ou les nouveaux modes de management via la création d’un écosystème.

4- Tu viens d’écrire un article « Multipotentiels : sommes-nous condamnés à entreprendre ? » publié sur Medium dont le titre éveille la curiosité. L’entrepreneuriat, c’est le choix par défaut de ceux qui n’arrivent pas à rentrer dans l’éco-système du salariat ?

Couverture de l’article de Candice sur Medium

Ce titre est en effet très évocateur du mal-être des multi-potentiels et à leur difficulté à trouver leur place dans les entreprises classiques.

Pour expliquer brièvement le terme multi-potentiel qui est un peu un fourre-tout, il désigne les personnes qui excellent dans de nombreux domaines sans lien apparent entre eux (la politique, la cuisine et l’écriture par exemple). Les multi-potentiels sont curieux, efficaces, s’ennuient vite…Difficile de caser ce genre de personnalité dans une entreprise, et en particulier en sortie d’études !

« Quand on est capable de faire de la gestion de projet, de la communication, de l’événementiel, d’écrire et de travailler sur la stratégie, l’innovation, ou des sujets techniques, c’est compliqué de trouver un emploi où l’on puisse s’épanouir ! »

Je différencie l’entrepreneuriat du verbe entreprendre qui pour moi peut désigner plusieurs réalités : lancer de nouveaux projets dans son entreprise, faire du bénévolat dans une association, ouvrir une chaine Youtube ou un blog, devenir freelance ou monter sa boîte.

Je pense en effet que sans un cadre adapté à ce type de personnalités dans l’entreprise, les multipotentiels sont condamnés à monter leur propre structure. J’ai écrit l’article pour mon copain qui s’est vu refuser un poste auquel il convenait parfaitement car les employeurs avaient peur « qu’il s’ennuie ». Ca arrive assez fréquemment pour ce type de profil, car les entreprises ne sont pas capables de manager ces profils atypiques.  

5 –   Où peut-on te trouver ?

Crédit photo : FabTour

 

On peut me trouver sur Linkedin sur la page WeShape_lab mais également dans le 1er podcast de WeShape_lab :  et enfin en tant que mentor au Startup Weekend IoT Paris du 16 au 18 février.

 

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