Article pour tous ceux qui vont voter « utile »

Ce matin, j’écoutais la matinale de France Inter (comme tous les matins). Bertrand Delanoë, ancien Maire de Paris était l’invité de Patrick Cohen. L’annonce du jour : l’ancien Maire socialiste se rallie au camps Macron pour la présidentielle 2017.

A l’écoute de cette nouvelle, ma première réaction a été « allez, encore un ! ». La raison classique qui justifie ce changement de bord (si vous m’en pardonnez l’expression) est le fameux « vote utile » car Emmanuel Macron serait le seul candidat capable de rassembler l’ensemble des citoyens français face à l’extrémisme.

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En réaction directe du 7/9 de France Inter, le 8 mars 2017

Cher Monsieur Delanoë, quand un candidat rassemble des électeurs de droite, des électeurs de gauche et des écologistes, ne faut-il pas s’inquiéter quant à la teneur du programme proposé ? (maintenant qu’il y en a un)

Monsieur Delanoë (et bien d’autres), vous avez choisi de ne pas soutenir le candidat de votre famille politique car son programme est selon vous « dangereux ». Mais le programme de Monsieur Hamon n’est pas dangereux, il est de gauche et il est socialiste !

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Je vous rappelle également que Monsieur Hollande s’est fait élire sur un programme de gauche, et non sur une synthèse socio-libérale. Et bien oui, dans ses 60 engagements, le candidat Hollande s’est affirmé comme un défenseur de la jeunesse en promouvant des mesures pour renforcer l’éducation, telles que la création de 60 000 postes d’enseignants. Le candidat Hollande avait également affirmé son ancrage à gauche dans les politiques de justice (suppression des peines plancher) de sécurité (instaurer une police de proximité), d’économie (encadrement de la finance) et culturelles (maintien du budget de la culture, décentralisation culturelle). Alors CERTES, le Président Hollande est loin d’avoir tenu ses 60 engagements, mais il s’est fait élire en proposant une orientation claire !

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Un autre argument que j’entends souvent est que voter pour le candidat Macron permettrait de sauver la démocratie. Mais la démocratie ce n’est pas voter utile, c’est voter pour qui l’on veut ! Dans notre système politique et notre calendrier électoral actuel, nous ne votons pour les élections présidentielles qu’une fois tous les 5 ans, le minima démocratique serait que l’on choisisse pour qui l’on veut voter. La question de fond à se poser serait celle de la refonte de notre système politique, pour mettre fin au bi-partisme ancestral et introduire un vote à la proportionnel! Il faudrait également comptabiliser une bonne fois pour toute le vote blanc, car aujourd’hui, nous mettons au même niveau les désintéressés, les ignorants et les révoltés !

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Alors oui, il y a un risque à ne pas voter « utile », mais c’est un risque à prendre, et il s’appelle « engagement ». Ce n’est pas en étant motivé par la peur que l’on aura espoir de renouveler notre classe politique. Ceux qui ne prennent pas de « risques » finissent esclave d’un système qu’ils subissent, et pire, qu’ils cautionnent.

2 réponses
  1. Bernie34
    Bernie34 dit :

    Ces élections sont vraiment différentes de toutes les précédentes, pour les raisons que l’on connaît bien et que je ne vais pas développer (les surprises des primaires, les affaires, les candidatures hors primaires de Mélenchon et Macron…), mais les électeurs aussi ont changé. Le vote n’est plus celui d’une « famille » politique à laquelle on appartenait autrefois et à laquelle on vouait fidélité. On est aujourd’hui moins intrinsèquement « de gauche » ou « de droite », qu’avant. L’alternance, de même que la cohabitation, ont changé les comportements et certains citoyens peuvent voter un jour à gauche, un autre à droite, voire à l’extrême gauche ou droite.
    Les repères sont en partie perdus, mais ce qui reste est souvent ce dont on ne veut pas. À cet égard, pour bien des gens de sensibilité « humaniste » (terme volontairement flou, politiquement), ni Le Pen, ni Fillon ne sont supportables, là aussi pour des raisons maintenant bien connues. La question est donc de savoir si un candidat tiers peut leur barrer la route, tout en remplissant un minimum de conditions pour être acceptable par ces « humanistes », pour offrir un projet suffisamment compatible avec ces valeurs.
    Or, il est de plus en plus évident que Macron est le seul à remplir ces deux conditions. Même sans entrer dans le détail de son programme, il me paraît certain que l’avenir avec lui est une option envisageable, et en tout cas bien préférable à celle deux candidats dont nous ne voulons surtout pas.
    Hamon est un personnage plutôt intéressant et intelligent, mais il ne peut rassembler au-delà des traditionnels sympathisants socialistes. Melenchon agrège autour de lui beaucoup de jeunes de gauche, attirés par son charisme et sa volonté de refuser les concessions, mais il ne peut non plus espérer un vote massif en sa faveur.
    L’un comme l’autre divisent les voix de gauche et affaiblissent donc cette option, mais même si l’un des deux se désistait en faveur de l’autre, il est peu probable qu’il passerait l’obstacle du premier tour, et il n’est pas non plus évident qu’il battrait Fillon ou Le Pen au second.
    Actuellement, seul Macron semble en capacité de réussir ce coup, et de nous éviter cinq années sinistres.
    Pour moi, et sans le moindre état d’âme, ce sera Macron dès le premier tour.

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