[Bilan] Entrepreneuriat : deuxième année, on sort du bac à sable

A l’heure où j’écris cet article, j’achève ma deuxième année d’entrepreneuriat et je suis encore vivante. On parle souvent du cap des trois ans pour une entreprise. Alors laisse-moi te proposer un bilan de ma deuxième année : plus difficile, plus déterminante et plus challengeante que la première. La première année, c’est encore le bac à sable : tes charges sont faibles, tu as l’excitation du lancement, et tu découvres un monde encore inconnu. La deuxième année est différente : l’excitation des débuts s’est atténuée, et tu te retrouves confronté à de nouvelles réalités : plus de charges, de nouveaux enjeux de développement, l’éternelle question de l’alignement à laquelle s’ajoute la construction d’une vision de long terme réaliste. Dans cet article, je reviens sur les trois phases déterminante de ma deuxième année d’entrepreneuriat. 

Année 2 : de nouvelles contraintes administratives et financières

Après une bonne première année d’entrepreneuriat où j’ai réalisé presque 42 000 euros de chiffre d’affaires, je me trouve confrontée à de nouvelles réalités financières : l’augmentation de mes charges depuis l’été 2018, et l’assujettissement à la TVA depuis le début de l’année. 

En réalité, j’aurais dû mieux surveiller mon chiffre d’affaires fin d’année 2018 pour éviter de dépasser le plafond et subir une régularisation de près de 4000 euros de TVA. Avec le recul, j’aurais également dû réfléchir plus longuement au lieu de choisir le premier cabinet d’experts comptable trouvé sur internet. 

Résultat : je me suis retrouvée à payer cher une prestation de déclaration de TVA jamais réalisée à un tarif bien trop onéreux pour une micro-entreprise (tout ça avec le dédain d’un comptable qui n’avait aucune considération pour une entreprise qui faisait moins de 100K annuels). J’ai donc fini par apprendre à faire mes déclarations seules en choisissant un cabinet d’expert plus adapté à mes besoins (Dougs). On apprend de ses erreurs paraît-il : la deuxième année a été celle de l’apprentissage si l’on en croit cela. 

Par ailleurs, pour toucher une clientèle ayant moins de moyens financiers, j’avais décidé de créer des offres “petits budgets”. J’espérais proposer de l’accompagnement à ces entrepreneurs en passant moins de temps avec ces clients (des points mensuels au lieu de points hebdomadaires + du suivi par mail) en leur proposant une prestation à tarif plus abordable.

Une grosse erreur : pour réaliser un accompagnement qualitatif, j’ai compris qu’il fallait un vrai suivi hebdomadaire de vive voix pour aider mes clients au mieux. Je me suis donc vue rattraper ce manquement en proposant des points de suivi rapprochés pour le même budget. Je travaillais donc à perte. Il m’a fallu quelques mois pour comprendre que le coaching avait une vraie valeur et que celle ci n’était pas négociable. 

Cette erreur d’appréciation a été le fruit d’un mauvais alignement.

Année 2 : un gros travail de recherche d’alignement professionnel et personnel 

Cette deuxième année entrepreneuriale m’a permis d’entamer un travail en profondeur sur mon alignement professionnel mais également personnel. 

J’ai commis l’erreur de vouloir reproduire les mêmes techniques de marketing d’entrepreneurs qui m’inspiraient, et j’avais également voulu copier leur style. Je me suis vite rendue compte que ma communication était trop agressive et qu’elle ne me ressemblait pas. Elle ne plaisait d’ailleurs pas à mes abonnés. 

C’est avec le temps que j’ai pu trouver un style qui me correspondait : simple, mais pédagogue, avec une petite dose d’humour. Et devine quoi ? Les retours sur mes contenus ont été beaucoup plus positifs ! En terme de copywriting comme dans le marketing, ne te pose pas la question de ce qu’il faut faire, mais de ce que tu as envie de faire. Si tu mets en place une stratégie de communication à ton image, tu n’auras pas de problème pour faire passer un message. Le secret, c’est d’entreprendre avec ta personnalité. 

Ma quête d’alignement a également conquis ma vie personnelle (tout est lié). J’ai découvert le développement personnel et j’ai lu plus de 30 livres en quelques mois. Beaucoup ne m’ont pas touchée, mais quelques uns ont été déterminant pour ma construction personnelle et professionnelle : 

  • Jen Sincero, “Tu vas tout déchirer”
  • Lyvia Cairo, “ Créer sa vie en étant soi” 
  • Lise Boubeau, “Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”
  • Raphaëlle Giordano, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une
  • Frédéric Fanget, “Oser”

A côté de cette initiation au développement personnel, j’ai entamé de gros chantiers dans ma quête d’identité : recherche de mes origines et rencontre avec ma famille biologique, essai de médecines alternatives : hypnose, magnétisme, mémoire cellulaire….

Ces bouleversements ont mis en stand by mon activité pendant presque deux mois. Si au début, j’ai eu du mal à accepter qu’il fallait que je me recentre sur mon développement personnel en priorité, j’ai fini par lâcher prise sur mon activité professionnel. Deux mois plus tard, j’étais alignée, avec un regain d’énergie, et mon activité a alors redémarré. 

Année 2 : la construction d’une vision réaliste pour mon activité 

Quand on est entrepreneur, on entend en permanence que le succès repose dans la réussite financière : beaucoup d’entrepreneurs se fixent des objectifs élevés : 100K la première année, 1 million au bout de quelques années. Ces objectifs ambitieux sont louables. Mais ce ne sont pas les objectifs de tout le monde même si l’écosystème entrepreneurial tend à nous faire penser que nous avons tous pour volonté et pour vocation d’être extrêmement riche.  

Avec le recul, j’ai fini par assumer que ces objectifs financiers n’étaient pas les miens. Je me suis mise à mon compte pour être libre pas pour devenir millionnaire. Maintenant que je suis libre, je veux bien gagner ma vie mais au delà de sommes qui n’ont pas de sens pour moi. 

Je veux que cet argent me permette de voyager, de me faire plaisir et d’investir, mais rien de plus. 

Et surtout, je veux garder du temps libre dans mon emploi du temps pour faire des choses qui font sens pour moi : du sport en journée, des temps de pause, prendre le temps de cuisiner, faire un voyage en train en pleine journée en semaine. C’est de cette manière que je me sens privilégiée. C’est de cette manière que je me sens riche. 

Et c’est d’ailleurs en faisant le point sur mes valeurs et mes besoins, que j’ai réalisé que je ne pouvais plus continuer à faire du coaching à la chaîne comme je le faisais pour un client. A la fois, parce que cet accompagnement n’était pas assez qualitatif à mon goût et parce que mobiliser deux jours par semaine à hauteur de 13 coaching par jour ne correspondait pas du tout à ce que je voulais pour mon activité. J’avais besoin de liberté, de choisir mes horaires et ne pas dépendre d’un client.

Un jour, une amie m’a dit “ je veux que cette journée soit représentative de ma vie”. Et c’est là que j’ai eu un déclic : mes journées n’étaient pas représentatives de ma vie idéale. 

Aujourd’hui, je veux continuer d’accompagner un certain nombre de personnes dans le développement de leur activité et pour que cet accompagnement soit qualitatif, je ne veux pas accompagner plus dix clients en parallèle. Je veux également leur faciliter l’accès à mes accompagnements, c’est pourquoi je suis devenue organisme de formation référencé Datadock pour proposer une prise en charge de mes accompagnements (sous conditions) et que j’engagerai mes démarches pour être organisme de formation certifié dès la rentrée 2019.

Liberté, authenticité, accessibilité sont les valeurs que je développe dans cette vision de long terme pour mon activité. Et je crois en la pérennité de mon développement parce que j’ai le mindset pour réussir : 

  • Le besoin d’expérimenter pour avancer
  • Le besoin d’apprendre parce que je ne saurai jamais assez
  • L’instauration d’habitudes et de rituels pour tester ma rigueur sur le long terme
  • La force mentale pour réaliser les objectifs que je me suis fixés

C’est avec cet état d’esprit que j’avance. Et même lors de périodes de doutes, je sais que je m’en sortirai car je crois en moi, quoiqu’il arrive.

Et c’est cet état d’esprit entrepreneurial que je veux te transmettre 🙂

 

Conclusion 

Après une première année sous le signe de la découverte, ma deuxième année entrepreneuriale est parsemée de difficultés et de défis à relever : nouvelles réalités financières, quête d’identité, alignement professionnel et vision réaliste pour mon activité. Cette confrontation à ces nouvelles réalité m’on fait sortir du bac à sable pour rentrer dans la cour des grands. L’aventure vient donc à peine de commencer, car entreprendre, c’est l’histoire d’une vie basée sur un choix de vie : le seul possible pour moi. Et l’année 3 ? En théorie, elle devrait être celle de la stabilité, mais en pratique, on sait tous que quand on signe pour une vie d’entrepreneur, cette sacro-sainte stabilité reste illusoire. Mais quand on en a fait le deuil, on ne peut qu’aller de l’avant dans cette nouvelle vie ! 

 

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