Sophie Tochon : la quête de liberté lui a permis de se construire un job sur mesure

Sophie Tochon est une digital nomad. Elle a construit une vie sur mesure en partant de ses plus grandes aspirations. Parmi elles, la liberté. Liberté de voyager, liberté de travailler ou non, liberté de dessiner son mode de vie. En travaillant dans le digital, Sophie a su tirer les avantages d’un job flexible mais également servir d’aspiration à une communauté fédérée par son Personal Branding.

1 – Qui est Sophie Tochon ?

Ca c’est une question ! Vu le contexte, on va peut-être commencer par mon activité professionnelle ?

Mon métier consiste à accompagner la croissance des entreprises en travaillant sur leur communication digitale. Ca recouvre un certain nombre de disciplines, une infinité de situations et tout autant d’opportunités, de possibilités, de solutions.

La but de mon travail c’est justement d’aider les entrepreneurs à sortir la tête de leur quotidien, de les guider dans leur quête de visibilité et de mettre un maximum de structure, une cohérence forte dans leur manière d’aborder leur public.

Souvent, ils sont un peu perdus dans la masse des ressources et des outils qu’ils maîtrisent mal : ils finissent par se perdre ou se décourager. Parfois il faut tout construire ou tout reprendre jusqu’à se pencher sur des questions d’identité, de raison d’être. D’autres fois ce sont des ajustement à faire ou de nouvelles idées à tester pour développer quelque-chose qui fonctionne déjà.

Toute cette diversité, c’est très stimulant : aucune mission ne ressemble à une autre. En plus de ça, j’ai la chance de pouvoir travailler avec des personnes que j’apprécie beaucoup, ce qui compte énormément pour moi.

Mais sinon, il n’y a pas que le boulot dans la vie !

Quelques clés de lectures plus globales, en vrac:

  • Je suis obsédée par le sentiment de liberté, et cette obsession a pesé lourd dans beaucoup de mes décisions
  • Le voyage m’a largement façonnée. J’ai voyagé seule pour la première fois il y a cinq ans : ce sont trois semaines qui ont changé beaucoup de choses.
    Je suis repartie, épisodiquement d’abord, puis jusqu’à en faire un mode de vie. En prenant le temps chaque fois de m’arrêter plusieurs semaines où j’en avais envie. Ca a été exceptionnel, enrichissant bien au-delà de ce que j’avais pu imaginer.
  • On m’a souvent décrite comme “trop” sensible ou “trop” réfléchie quand j’étais enfant. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre que ces deux traits étaient en fait des qualités, et à faire de ces qualités des atouts.
  • Regarder le soleil se lever fait partie du Top 3 des choses que je préfère au monde, c’est probablement la seule qui ne bougera pas.



2 –  « Tu travailles ou t’es en vacances ? », cette phrase, tu la connais bien ! Par conséquent, tu n’es pas une partisane de la déconnexion totale ?

On me la sort tout le temps ! Je crois que la manière avec laquelle j’intègre le travail dans mon quotidien surprend souvent, qu’elle est atypique et difficilement comprise

En fait, je fais tout pour me sentir vraiment bien dans ma vie professionnelle. Tout simplement ! Pour moi, ça passe notamment par beaucoup de liberté : au maximum, je travaille où et quand je me sens dans les meilleures dispositions.

A une époque par exemple, ça pouvait être tôt le matin ou tard le soir. Parfois ce sont les situations ou des endroits qui sont un peu inhabituels : un café sur la plage ou en haut d’une colline, une salle de billard, un festival bourré de monde ou un coin paumé sur un chemin de randonnée. Je ne compte plus les fois où on m’a dit “Attends, tu ne vas quand même pas travailler là, maintenant ?!”. Et si 🙂

C’est vrai que depuis que j’ai lancé mon activité, les plages de déconnexion totale sont assez rares. Quand j’ai démarré, j’avais besoin de travailler beaucoup et j’y prenais aussi beaucoup de plaisir donc je ne comptais pas mes heures. Produire des travaux dont j’étais contente me prenait énormément de temps car j’étais novice en tout !

Un moment, je me suis demandée s’il ne valait pas mieux que j’adopte un mode de vie “normal” pour ne pas m’épuiser : horaires de bureaux, repos le week-end. Je m’y suis contrainte, plusieurs semaines, mais je ne me sentais pas à l’aise avec ça.

J’ai fini par réaliser que je n’avais pas choisi d’être indépendante pour voir mon rythme dicté par des conventions, mais justement bien pour me sentir libre ! J’ai testé pas mal d’options, certaines avec lesquelles je me sentais plus à l’aise que d’autres, j’ai corrigé le tir chaque fois que j’en ressentais le besoin.

Je prend peu de “vraies” vacances, mais souvent je ne travaille pas non plus l’équivalent d’un temps plein. Quand je sens que j’ai besoin de plus de temps pour moi, je fais ce qu’il faut pour baisser mon volume de travail. C’est un gros avantage à être indépendante !

Bien entendu j’ai des contraintes, mais d’une part je les ai choisies, et d’autre part, je peux quand même me permettre une belle souplesse.

Bref, c’est ce qui me convient et justement je crois que le principal, c’est de trouver un équilibre qu’on aime et dans lequel on se sent bien. Le travail fait partie d’un tout. S’il s’articule mal avec le reste, c’est toute notre personne qui devient bancale, frustrée, malheureuse… Et ce n’est pas ce qu’on se souhaite, ni pour soi-même, ni dans ses relations avec les autres.



3 – Entre tes voyages, ton lifestyle et tes missions de freelance, tu as su fédérer une grosse communauté sur Instagram. Que recherche-t-elle en te suivant ?

Je préfère la voir comme une petite communauté ! Tu vas rire, mais je ne peux pas vraiment répondre à ta question. Une partie de mon métier, quand on parle de tout ce qui est stratégie marketing, c’est justement de bien identifier ce que recherchent certains groupes de population pour pouvoir toucher les personnes profondément.

Alors j’évite de jouer à ça pour tout ce qui m’est personnel, du moins je ne le fais pas consciemment. En fait, sur Instagram, je suis plutôt partie de mes envies à moi : celles de partager des choses qui me tenaient à coeur et de me connecter à des personnes à qui ces choses pouvaient parler.

Je crois que ces intentions se retrouvent dans mes photos ou quand j’écris quelques pensées, que je parle de mes lectures… Du coup, ce profil me ressemble et il remplit complètement ses objectifs.

Instagram est aussi un super outil quand tu voyages : pour rester en contact avec ton entourage, dénicher de beaux endroits, glaner quelques informations pratiques ou se connecter aux personnes qui sont autour de toi.

Avoir une vie sociale satisfaisante n’est pas une évidence quand on voyage sur des longues durées. Même quand on apprécie ses moments de solitude, ce qui est mon cas, on a parfois envie de partager du temps et de nouer des liens avec d’autre humains. Les réseaux sociaux ne font pas tout – fort heureusement ! Mais ils facilitent les échanges.

Si je te disais que j’ai trouvé mon futur associé sur Instagram ? Il est suédois, on s’est rencontré à Bali en début d’année et on travaille en ce moment même sur la création d’une agence destinée aux petites et moyennes structures.


4 – Tu as appris le CM « sur le tas », est-ce une chose que tu conseillerais  à des aspirants freelances ?

Complètement, pour ceux qui en ont envie et qui se sentent de le faire. Il y a deux éléments intéressants dans cette démarche : le fait de s’auto-former et celui de se confronter directement à des situations réelles.

Il y a quelque-chose de très fort dans l’auto-formation : la pensée n’est pas contrainte, on ne lui impose pas de limites. Ca a un avantage considérable quand on travaille sur du digital puisque c’est un domaine qui évolue très vite. Si tu comptes sur un prof d’université pour te mettre au courant des petits secrets (à jour !) des réseaux sociaux, à moins de tomber sur un vrai passionné, tu vas pouvoir attendre un peu…

Un autre intérêt, c’est de pouvoir multiplier les sources plus facilement pour se construire une connaissance riche, qui tient compte d’un maximum de points de vue.

Ce qui m’a fait comprendre ça et l’importance que ça pouvait avoir, ce sont mes études. J’ai un Master en droit des affaires que j’ai préparé par correspondance grâce à un organisme qui s’appelle le CAVEJ. Chaque année, tu as le même programme et les mêmes examens que tout le monde. Mais il y a une grosse différence avec la méthode présentielle : personne n’est là pour orienter ton opinion ou pour t’imposer des lectures.

C’est un vrai sujet en droit, car on touche à des disciplines qui parlent de vie en société et qu’il existe de grosses disparités politiques entre les facultés. Mais c’est valable partout.

Après, il y a quelques écueils qu’il faut garder à l’esprit : celui de manquer de structure par exemple, de se perdre dans une discipline, de se construire une image biaisée de la réalité. Mais l’éducation classique ne protège pas vraiment de tout ça…  On connaît tous des personnes sur-diplômées qui partent pourtant dans tous les sens, et la plupart des cursus supérieurs sont déconnectés de la vie professionnelle “réelle” – pour ne pas dire de la vie tout court !

Une bonne solution, justement, consiste à pouvoir appliquer rapidement ses acquis théoriques sur des cas concrets. Ca marche très bien sur du marketing en ligne : avec toutes les données qu’on peut récolter aujourd’hui, on est souvent capable de savoir si quelque-chose qu’on met en place fonctionne ou non, de manière plutôt fiable. Ca permet de se repositionner lorsque c’est nécessaire, de s’exercer à cette mécanique “tests, ajustements, tests, etc”.

C’est aussi très efficace pour solidifier ses connaissances, en acquérir de nouvelles et développer dans le même temps sa souplesse et son agilité mentales. On sait aujourd’hui que le cerveau est largement plastique et qu’il s’entraîne quasiment comme un muscle. Parce-qu’il s’adapte en permanence à son environnement, plus il est stimulé, et de différentes manières, plus il se développe.


5- Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

De vivre dans un monde respectueux de la nature ? Comme beaucoup de personnes, je me préoccupe de plus en plus de questions environnementales. J’y ai toujours été sensible car elevée par un papa bien écolo, mais je sens que mes actions quotidiennes, personnelles ne suffisent plus.

En général, je travaille sur plusieurs missions en même temps et j’oriente de plus en plus ma vie professionnelle vers des projets à impact positif. Ca passe par beaucoup de formation et quelques coups de pouce pour permettre aux porteurs de cette dynamique de mettre en valeur leur travail efficacement.

En parlant de formation, c’est quelque-chose qui me touche de plus en plus et j’ai prévu d’y accorder une part croissante de mon temps de travail. Une première expérience de mentoring prochainement serait top ! J’ai déjà beaucoup de plaisir à former, mais l’idée de pouvoir suivre et guider l’évolution de personnes ou d’équipes me plaît beaucoup.

Au programme sur des choses plus personnelles, l’idée de passer plus de temps en France qu’à l’étranger, d’expérimenter une vie entre ville et campagne et d’apprendre les bases du maraîchage “propre”, respectueux du vivant, tout en continuant mon activité sur le digital. Ca promet ..!

 

Regis Hounkpè – entrepreneur et géopolitologue panafricain

Régis est franco-béninois. Un pied en France, un pied en Afrique, et la tête ouverte au reste du monde. Géopolitologue, ancien attaché parlementaire d’un Ministre de l’intérieur français, il a multiplié les postes à responsabilité dans le secteur politique et institutionnel. Son regard sur le continent africain et sa fine connaissance des circuits décisionnels lui ont permis de créer InterGlobe Conseils, son entreprise de conseil en communication et stratégie tournée vers le continent africain. Et non, il ne faut pas être africain pour conseiller l’Afrique. 

 

1 – Qui est Régis Hounkpè ?

afrique

Je suis Béninois et Français, à la fois originaire d’Abomey-Calavi au Bénin qui est la ville la plus peuplée du pays, première ville universitaire et aussi de Bordeaux qui est ma ville de naissance où s’est établie ma famille au milieu des années 70.

Mais je ne me définis pas systématiquement par rapport à ces appartenances. Mon spectre est plus large : je me sens africain et panafricain et citoyen du monde.

Tout mon parcours, ma culture, mes amitiés et mes engagements répondent à cette ouverture vers l’ailleurs et le monde. Etudes de sciences politiques, de diplomatie et relations internationales, j’ai travaillé dans plusieurs pays africains et j’y ai gardé des liens forts et solides. Mes engagements actuels sont inextricablement liés à la connaissance de l’autre, au dialogue des cultures, à la solidarité et la coopération internationales.

Professionnellement, j’ai travaillé pour des associations d’éducation populaire ou environnementale à orientation internationale. J’ai été analyste géopolitique en Afrique Centrale, attaché parlementaire d’un ancien ministre de l’Intérieur français et je me suis occupé de relations institutionnelles d’entreprises françaises souhaitant investir ou travailler en Afrique de l’Ouest et au Maroc. J’ai également été intervenant en géopolitique dans un institut d’études supérieures parisien et je développe des modules de formation à destination de personnels diplomatiques ou internationaux.

Il m’arrive parfois de donner mon point de vue dans la presse spécialisée en France et en Afrique sur des sujets divers et variés : politique, économie, social, solidarité, mouvements politiques, société civile, genre et parité, etc… Je suis éditorialiste en charge de la politique internationale du magazine In Afrik depuis mai 2018. Mais surtout je continue d’apprendre, de me nourrir des autres, et de réparer mes erreurs à l’aune des expériences et des aléas de la vie.

 

 

2-  Pourquoi avoir fondé InterGlobe Conseils ?

 interglobe conseils

Cette idée est née d’un constat amer et d’échecs professionnels. Je souhaitais retrouver une capacité d’agir et d’impacter durablement sur des épiphénomènes ou des événements politiques. Je me suis donc inspiré de modèles anglo-saxons où le conseil privé en stratégie politique, diplomatie et communication est très développé. J’ai donc créé en 2010 InterGlobe Conseils après une discussion passionnée avec un cousin et en deux clics, j’avais créé un ersatz de cabinet-conseil qui au fil des années s’est fortifié et enrichi.

Au final, j’ai concentré au sein du cabinet une expertise dédiée au secteur privé, public, international et diplomatique des compétences en coopération décentralisée, en communication, affaires publiques et stratégie. Huit ans plus tard, nous sommes passés par toutes les phases mais je suis convaincu que les missions du cabinet et le tropisme clairement défini pour l’Afrique ont fait progresser les réflexions sur la place d’un continent souvent relégué bien bas. De ce point de vue, le cabinet est une valeur ajoutée disponible en termes de propositions de services et d’aboutissement de projets pour les administrations publiques locales ou nationales, les représentations diplomatiques, les institutions internationales, les particuliers.

 

3 -Qui fait appel à toi ( et pourquoi ) ?

C’est varié et souvent hétéroclite. Ce pourrait être une association qui souhaite du conseil stratégique sur son développement en Afrique ou une entreprise qui a besoin d’accompagnement administratif et institutionnel pour son déploiement sur le continent. Nous travaillons également avec des collectivités locales en France ( métropole comme Outre-Mer) et en Afrique sur des programmes de coopération décentralisée et internationale et sur des enjeux sociaux, solidaires, culturels et de développement économique.

Nous accompagnons aussi des personnalités politiques pour leur communication et stratégie politique. Campagnes électorales, relations publiques, lobbying et construction de réseaux sont autant de secteurs sur lesquels nous exerçons notre maitrise des contextes politiques et des usages de la politique.

4 – Faut-il être africain pour conseiller l’Afrique ?

 regis hounkpe

Absolument pas. Il faut juste comprendre ce continent dans ses spécificités, priorités et urgences.

Le conseil en Afrique n’a pas beaucoup de sens. C’est une donnée suffisamment abstraite pour se prévaloir d’être expert incontournable de l’Afrique. 54 Etats, 54 situations complexes, 54 appréhensions, 54 solutions et une multitude de problèmes conséquents en fonction des sujets et secteurs visés.

Etre Africain pourrait apparaître comme un bonus quand on se lance dans le conseil en Afrique mais c’est illusoire de croire que c’est suffisant. La sociologie du conseil varie en fonction des blocs géopolitiques : Afrique noire et Maghreb, Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est et Afrique Australe, Afrique francophone et Afrique anglophone…

Quand je vais sur un marché ou un secteur, j’y vais avec tact et surtout avec des ressources humaines locales afin de maîtriser les circuits décisionnels informels et officiels. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas des cabinets de stratégie ou de communication occidentaux qui y vont, à la faveur de leurs entregents acquis au sein des sphères politiques en Afrique, et qui écrasent la concurrence et généralement pour un travail tellement approximatif que cela en est risible et pathétique.

 

5 -Que peut-on te souhaiter pour les mois à venir ?

 yeza interglobe conseils

Depuis quelques mois, j’ai regroupé une équipe au Bénin et en France de jeunes talents qui m’accompagnent dans mes missions. J’apprends beaucoup d’eux et ils renovent constamment mon logiciel de pensée sur les tendances du monde et l’univers du conseil. Sinon, je souhaite voir aboutir un programme tripartite de coopération Afrique-Caraibes sur lequel nous avons travaillé pendant un an et qui promet énormément en termes de retrouvailles historiques entre communautés afrodescendantes et d’actions concrètes sur le développement économique, la place des femmes, la protection de l’environnement, le développement durable.

En définitive, progresser, continuer à apprendre, à transmettre et à agir sont mes boussoles.

Axelle Roi : fundraiser, elle a construit son projet autour de deux aspirations contradictoires

Axelle est fundraiseur dans l’ESS. Et ce n’est pas une mauvaise situation ! Axelle est rapidement confrontée à des influences bien divergentes :  après avoir vécu huit ans à l’étranger, elle prend conscience de la rareté des ressources naturelles. Parallèlement, ses  études en école de commerce lui donnent l’envie d’entreprendre et de conquérir le monde. Le métier de fundraiser est alors apparu comme la synthèse de ces deux aspirations contradictoires. C’est de cette synthèse que sont nées les trois valeurs fondatrices du projet d’Axelle.

1 – Qui est Axelle Roi ?

fundraiser

 

Oula ! C’est un sujet de Bac de philo à part entière ça… 😉

Pour aller au plus court : Axelle, 27 ans, rédactrice et fundraiser freelance depuis plus de deux ans. Je suis née à Paris et j’y habite, mais je suis profondément attachée à la ville dans laquelle j’ai fait mes études : Toulouse. Je suis une insatiable curieuse, voyageuse et surtout une grande rêveuse ! Créative et synesthète, je me suis essayée à des tas de disciplines artistiques (le dessin, la musique, le théâtre, etc.). Aujourd’hui j’exprime surtout ma créativité à travers la danse et l’écriture : je fais partie de plusieurs projets chorégraphiques amateurs et j’ai créé récemment mon blog, Les Parenthèses d’Axelle.

La création est quelque chose de fondamental pour moi, c’est pour ça que je suis particulièrement attachée au monde des arts et de la culture. J’ai eu aussi la chance étant plus jeune de passer huit ans de ma vie à l’étranger : trois ans en Argentine, trois ans en Indonésie et deux ans aux Emirats Arabes Unis. J’ai très tôt développé une conscience globale du monde et une compréhension de la diversité des cultures. J’ai surtout appris à communiquer et dialoguer avec d’autres cultures, à parler d’autres langues pour me faire comprendre. Mais j’ai surtout compris, en voyageant, qu’on n’a qu’une planète et qu’elle est précieuse. Tu comprends donc qu’avec ces trois valeurs fondamentales (créativité, communication, engagement) et mon mindset d’école de commerce, je ne pouvais que choisir un secteur d’intérêt général et un métier de contact, d’engagement et d’impact. C’est comme ça que le métier de fundraiser dans l’ESS s’est naturellement imposé à moi.

2 – C’est une bonne situation ça, fundraiser dans l’ESS ?

ess fundraiser

Mais tu sais, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises situations…

Après mon stage de fin d’études, j’ai eu l’opportunité de me mettre à mon compte. Je ne l’avais pas du tout prémédité. J’avais vaguement envisagé de tenter l’aventure du freelancing un jour, mais plutôt au bout de 10 ou 15 ans d’expérience professionnelle. Et c’est en fait grâce à mon mentor, Philippe Doazan, que j’ai pris mon courage à deux mains et que je me suis lancée.

Alors au début, bien sûr, c’est difficile. J’ai connu des échecs cuisants avec des clients ou des prospects pas toujours bienveillants. Le métier n’aide pas trop à ce niveau-là puisque comme tu es censé « rapporter de l’argent au client », tu peux te retrouver dans des situations où le client n’a pas de budget, exige de te rémunérer à la commission et te fixe des objectifs mirobolants (1 million d’€ en 1 an ça se fait les doigts dans le nez, non ?). Heureusement, j’ai croisé le chemin d’autres indépendants qui m’ont tendu la main, m’ont permis de me former et d’y croire.

Je parle du métier de fundraiser dans le prochain article de mon blog, tant c’est un sujet qui me passionne. Mais pour répondre à ta question : je dirais que c’est plutôt une bonne situation, d’autant plus que c’est un métier qui est appelé à se développer dans les prochaines années. Les côtés négatifs sont assez communs à d’autres métiers exerçables en freelance. A ceci près que pour l’instant, même si l’ESS prend de plus en plus conscience de l’utilité du fundraiser, tous les décideurs associatifs ne sont pas complètement au fait de ce qu’implique ce métier. Il y a encore de la sensibilisation à faire pour que les fundraisers entendent moins de la part de leur gouvernance « alors vous allez nous coûter tant, donc il faut que vous nous rapportiez dix fois ça d’ici la fin de l’année ».

3 – Tu as récemment lancé un blog, Les Parenthèses d’Axelle : du développement personnel aux articles d’expertise à quatre mains, sa ligne éditoriale couvrira divers sujets. Quel est ton public ?

fundraising

Très honnêtement, je n’y ai pas réfléchi quand j’ai décidé de créer ce blog. Je voulais déjà un endroit sur les internets pour partager les mille et unes réflexions qui me traversent l’esprit au quotidien. Sur mon métier principalement, et sur l’univers de l’intérêt général et de l’engagement sociétal. L’ESS est vraiment un secteur qui me fascine, parce qu’il apporte des réponses concrètes aux défis de société auxquels nous sommes confrontés. En parallèle, on voit bien que la sphère privée s’empare de plus en plus des questions de responsabilité sociétale et d’engagement. Le projet de loi PACTE montre que l’on avance vers davantage d’engagement des entreprises dans la société (quoi que l’on en pense !). Et puis comme je suis un peu consultante sur les bords et que je ne peux pas m’empêcher de conseiller à tout va, je voulais aussi un endroit où je pouvais diffuser quelques tips méthodo et de développement personnel. Je trouvais qu’un blog était le bon média pour poster mes réflexions, diffuser mes idées et les confronter à d’autres.

On verra dans quelques mois qui viendra dessus. Je pense que vu les sujets traités, ce seront surtout d’autres fundraisers qui constitueront mon public. J’attends également des visiteurs plus occasionnels :  amis proches et curieux ….et je l’espère aussi des décideurs de l’ESS ou de la RSE. Mais donnons-nous rendez-vous dans six mois pour analyser mon audience 😊

4 – Tu as vécu à  l’étranger pendant 8 ans et tu dis aspirer à y retourner : ton métier te permet-il de devenir une digital nomad ?

 

J’ai effectivement vécu à l’étranger mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’y travailler. Je n’ai  pas encore eu cette opportunité. Mais au vu mon parcours je sais que j’y viendrai un jour, parce que je suis tout simplement cortiquée comme ça. Je pense aussi que le fundraising prend une toute autre dimension quand on passe à une échelle internationale. Quoi de plus motivant que de fédérer des donateurs autour d’un projet, malgré la barrière de la langue et les différences culturelles et géographiques ? Je suis particulièrement convaincue du rôle des projets culturels, universitaires et sociaux dans la construction de l’Europe politique. Je me laisserais en tout cas volontiers séduire par ce type de projet.

Quant à la faisabilité de travailler en digital nomad, j’ai envie de te répondre oui ET non. Oui parce qu’aujourd’hui tout métier peut s’exercer à distance, et je le fais d’ailleurs en France. J’ai déjà travaillé depuis Paris sur des projets à Toulouse, Nantes ou Lyon. Mais il vient un moment où tu dois te poser et t’immerger dans le contexte territorial de ton projet, ne serait-ce que pour parler le même langage que tes équipes, tes donateurs, tisser une relation avec eux, et connaître tes alliés sur un territoire donné. Le fundraiser est avant tout quelqu’un qui travaille intelligemment ses réseaux, et c’est très compliqué à faire si tu n’es sur place que deux fois par an.

5 – Que peut-on te souhaiter dans les mois qui viennent ?

axelle roi fundraising

Si le génie de la lampe me donne trois souhaits, je voudrais sur la fin de 2018 :

  • Réussir à bien développer mon blog et ma newsletter
  • Décrocher des dons pour le théâtre que j’accompagne en ce moment, en binôme avec une autre fundraiser (Mathilde Salvaire)
  • Trouver un projet culturel à dimension européenne pour l’année prochaine

 

 

Wael Boubaker : résilient, il entreprend avec opportunisme et culot

Wael est un entrepreneur qui s’ignore. Bouillant d’énergie, il utilise sa détermination et son refus du conformisme pour obtenir les choses dont il rêve. Cofondateur (avec son frère) des Woraces, espace culturel alternatif lyonnais, Wael entreprend également sur un autre projet familial entre « ESS et capitalisme libéral ». Sa plus grande force est sa capacité de résilience : résilience à l’échec, résilience à la peur, résilience à l’instabilité, résilience qui lui a déjà permis d’obtenir ce qu’il voulait grâce au culot : le numéro personnel d’un ministre mais également un entretien d’embauche en se faisant passer pour Bob l’Eponge. Mais qui est donc cet énigmatique entrepreneur ?

1  – Qui est Wael Boubaker ?

Fils d’Ali et Najah Boubaker. Naquit en l’an 1988 à Le Pont de Beauvoisin (isère) durant l’âge des machines électroniques et digitales. Intéressé par les sports, l’exploration humaine (notamment sciences spatiales ces derniers temps) et tout ce qui ne rentre pas bien dans un cadre trop défini…

En sortant de mes études d’urbanisme, je décide de travailler 6 mois dans des jobs alimentaires pour briser le rythme que j’avais toujours connu jusqu’ici (année scolaire/vacances/rentrée). Mon deuxième objectif était d’économiser pour préparer un tour du monde. Je deviens donc :

  • Ouvrier dans l’automobile (les 3/8, l’abrutissement et un renvoi pour lecture d’un roman d’un certain Azouz Begag pendant mes heures de travail) /
  • Prof de math STMG à la frontière suisse pour un élève hors système qui obtiendra son bac avec un 11/12 en Maths /
  • Vendeur de produits sportifs à Genève (renvoyé la semaine dernière en raison de l’absence d’activités pour m' »occuper ») /
  • Pion en collège à Corbas /
  • Distributeur de flyers pour Paper Boys Lyon /

Un slasheur sans le savoir !

Après cette période de petits boulots, je m’offre un an de tour du monde où j’ai risqué ma vie plusieurs fois : dans le cadre de séances de plongée en apnée en Colombie et aux Philippines  (une bonne façon de me sentir vivant..défier ma propre existence en recherchant la sécrétion d’adrénaline). J’ai participé (et gagné) un pari de combats de coq en Indonésie, mais aussi assisté au Carnaval de Salvador de Bahia (Brésil), réputé pour la dangerosité de ses rues.

De retour en France, je deviens Chef de secteur (ou plutôt justicier commercial) pour Reebok / Techsell) en Bourgogne de juin à octobre 2015.

La plongée, pratique au coeur du tour du monde de Wael

 

Rentrée 2016, je me retrouve au RSA avec 50€ de budget par semaine à Lyon. C’était compliqué. Je n’ai jamais été aussi “pauvre” mais c’est à ce moment que j’ai fait les meilleures rencontres (notamment de mes amis chômeurs débordants d’idées et de bons gâteaux à partager).

« Je n’ai jamais été aussi “pauvre” »

 

2016-2017 : Je me reprends et décide de débuter mon insertion professionnelle dans le secteur de l’urbanisme. Sans être passionné par le sujet, j’abandonne rapidement l’idée.

Je me relance donc dans une nouvelle période de petits boulots :

  • Manutention en intérim /
  • Accueil commercial en salle de fitness/
  • Sauveteur aquatique de nouveau/
  • Gestionnaire Airbnb /

OPE : objectif pour l’emploi – association ou j’ai rencontré Wael en janvier 2016

« Et noooon, je ne pouvais me contenter d’une seule activité, évidemment. »

 

Nous fondons la PAC (Politique Airbnb Commune) avec mon frère et un ami, je ne paye pas de loyer pendant un an. Je bosse également les samedis à Genève (en prenant le train de 6h36 et revenant avec le train de 20h30 à Lyon). Je me mets à gagner des sommes considérables (entre 2 et 3k €/mois) au prix d’une hyper activité professionnelle peu réjouissante combinant petits boulots et incertitude de rentrer chez moi chaque soir (précarité liée à la location Airbnb de mon appartement).

Je me fais recruter en CDI en gestionnaire d’agence intérim (là où j’étais Manut’) → je rétrogade à niveau BAC +2. J’essaie de bien me comporter en me disant que c’est une bonne situation, que la boite est bien, horizontale, qu’elle a des valeurs, qu’une évolution est possible, que j’ai des primes stimulantes, et que je dispose d’autres avantages matériels comme la proximité géographique (à 3 min en scooter de chez moi) ainsi que les fameux tickets restau…

…mais je me fais virer au bout de 3 semaines pour de bonnes et mauvaises raisons. Mon patron me dira quand même : “je pense te rendre service en te licenciant, t’aurais fini par te faire chier chez nous…”. Hypocrisie professionnelle pour atténuer le sale boulot ou sincérité humaine ? A vous de juger. Moi je me suis fait mon idée.

Mon patron me dira quand même : “je pense te rendre service en te licenciant » 

 

Je retombe sur mes pattes en devenant coach fitness aquatique . Grosse demande, patron sérieux, compréhensif, bon gars. Il m‘arrive encore aujourd’hui de bosser pour lui le dimanche. Paradoxalement c’est une des choses que je déteste le plus faire, et pourtant ça fait un an et demi que je tiens…et plus je lui refuse de travailler, plus il m’augmente ! Allez comprendre…

Fin 2017 : je me vois offrir une nouvelle opportunité de CDI, commercial et consultant pour les Comités d’Entreprise, super milieu, intéressant, qui touche au monde du travail, droit, politique, bien être et loisirs des salariés. Boite de type startup, fun, composée de personnalités intéressantes. Une possibilité pour moi de devenir chef d’agence se dessine. Au bout du compte, je tiens 8 mois.

Me voilà donc aujourd’hui, mardi 4 septembre 2018 dans la situation suivante :

Le lundi et mardi, je travaille à l’extérieur : déménagement, intérim et coaching fitness-aquagym. Du mercredi au dimanche, je fais partie de l’équipe des Woraces, où je deviens bricoleur, barmaid, livreur, commercial, encadrant de stagiaire, et propriétaire (je détiens une partie du lieu). Je cumule l’exploitation et la propriété. Et la saison promet, la motivation est bien là. L’agenda est déjà prometteur.

2 – Tu es le cofondateur des Woraces, un projet culturel lyonnais que tu montes avec ton frère. Pourquoi avoir monté ce projet ?

Les Woraces, lieu culturel lyonnais, s’agrandit !

Tout d’abord parce que c’est une vraie opportunité foncière et familiale qui repose sur de la chance, beaucoup de chance (localisation, superficie, qualité de base des espaces, marché de l’immobilier, moyens de départ, etc).

Mais surtout, Walid, mon frère architecte investisseur, a misé sur une collaboration avec les bons partenaires de départ car solvables.Les Woraces n’existeraient pas sans eux. J’en profite d’ailleurs pour les remercier : Marlon, Sophie et Arnaud.Ce sont ces conditions de départ qui ont été le terreau favorable à mon arrivée dans le projet. Il faut aussi en profiter pour souligner l’implication de Judith, la responsable événementiel des Woraces. Judith, sans qui ce lieu, n’aurait pas toute cette âme et ces idées originales

Je dirais donc que nous pratiquons une sorte d’ « EFF » (Economie Familiale Fraternelle) qui n’a rien de récent (et qui est même une pratique bourgeoise (cf les travaux des sociologues Pinçon -Charlot)) et qui est souvent critiquée dans nos réseaux « oui mais tu sais mélanger business et famille…, t’as pas peur ? bla-bla et blablabla ».

On pourrait ainsi nous situer quelque part entre entre l’ESS et le Capitalisme Libéral. Je dis souvent que les Woraces est une « MJC privée », mais en fait c’est un mutant et c’est plutôt chouette de diriger un mutant.

Enfin, à titre personnel, les Woraces réalise une forme de synthèse, voire miroir de mon parcours et aspirations. Beaucoup de métiers s’y retrouvent, des nouvelles compétences peuvent s’y développer, des idées insoupçonnées y prennent vie. C’est un outil fabuleux à la fois au service de la débrouillardise mais aussi servi par la débrouillardise. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’y investir mon temps et mon argent.

 

3 – Autodidacte, slasheur, tu as développé une expertise en gestion de projet événementiel en apprenant « sur le tas » : quels sont les éléments clefs à connaitre pour assurer la bonne organisation d’un événement ?

Evénement organisé aux Woraces

Je ne suis pas un vrai slasheur (au sens volontaire du terme). Je slash malgré moi. Je ne me dirais pas totalement autodidacte…simplement quelqu’un qui n’aime pas prendre une seule direction et qui a eu du mal avec le conformisme. Tous les maîtres que j’ai pu croiser sur mon chemin ont eu un impact sur mon parcours…peu importe la qualité et l’intensité de leur influence, elle existe réellement, et elle a beaucoup d’importance.

Je suis devenu pluriactif par effet de situation, et même par survie. M’étant souvent endormi, fait virer, avoir démissionné, être passé à autre chose…je réduisais ainsi mes choix vers des montages/bricolages plus personnels, inéluctablement.

 

Mais pour revenir à ta question, je dirais qu’organiser un bon événement, c’est :

1 – L’Avant : le Pré-brief.

Le pré-brief consiste à Anticiper, Communiquer, Outiller, Ressourcer

  • Anticiper : Le prévoir suffisamment à l’avance (idéalement 3 mois chez nous)
  • Communiquer : Bien communiquer dessus avec différentes relances
  • Outiller : Être équipé (outils de maintenance, d’urgence, mobilier)
  • Ressourcer : Être en forme et en équipe le jour J pour le staff des Woraces / Avoir un minimum d’interlocuteurs en face.

2.Le pendant : le Brief

Chacun(e) son poste, faire preuve de flexibilité, d’écoute et de générosité, réussir à créer l’atmosphère et l’expérience singulière.

3- L’après : le Débrief

Pour progresser et reprogrammer éventuellement.

4 – Entrepreneur, le salariat ne t’a jamais correspondu. Aujourd’hui, tu trouves des opportunités grâce à ton sens de la débrouille, une qualité peu mise en avant dans le monde du salariat. Comment l’as tu développé et que t’a t-elle permis d’obtenir ?

Liberté et Curiosité sont mes deux valeurs motrices. Et l’inconscience n’est jamais très loin. Je ne parle pas de folie meurtrière mais juste du retrait du filtre de la peur.

Grâce à cette inconscience, j’ai pu connaître quelques réussites personnelles :

 

 

  • J’ai réalisé une profondeur précoce en apnée


Je n’ai pas entendu l’ordinateur de plongée (car ma préparation était tellement bonne que j’ai réussi à faire abstraction de tout, y compris le VITAL !!!) donc mon profondimètre sonne à -38m (j’étais pas loin de ma profondeur max de 40 mètres que je n’avais toujours pas validé d’ailleurs …j’avais plutôt fait 3 syncopes et 1 accident rattrapé avant…). Je remonte, réussi le protocole de sortie et valide une profondeur surprenante de -49,80m. S’en suivra une mini narcose (le “shoot de profondeurs”) d’une dizaine de minutes environ.

 

  • J’ai obtenu un entretien d’embauche en me faisant passer pour …Bob l’Éponge.

 

 

5 – Où peut-on te trouver ?


Tout dépend du jour 🙂

Lundi, mardi sur des chantiers de déménagement ou bien au bord d’une piscine à jouer le coach fitness aquatique. Le reste de la semaine, et souvent jusqu’au dimanche, à la cave des Woraces à bricoler, fabriquer. Au bar des Woraces à servir, recevoir ou dans le staff/public pour accompagner un événement. En somme toujours dans un rayon de 20-30 min de Lyon 1er.

 

Antoine de Chambost : il dit adieu aux couches jetables grâce à ses couches lavables en location !

Antoine de Chambost est un entrepreneur révolutionnaire : papa de 5 enfants, il a mis en place un système de location de couches lavables unique en France avec Ma petite couche. Répondant à des besoins pratiques et écologiques, Ma petite couche est à l’instar de la cup chez les femmes, l’illustration d’un changement de société vers des produits d’hygiène plus réutilisables. En plus d’une mission environnementale, Ma petite couche connait un grand succès grâce à un service client exceptionnel liant humanité et proximité. Dans cette interview, Antoine nous dit tout sur cet ecosystème qui fera le bonheur des parents et des enfants !

1 – Qui est Antoine de Chambost ? 

ma petite couche

Antoine, cofondateur de Ma petite couche

Je m’appelle Antoine, j’ai 41 ans, je suis père de cinq enfants et j’habite depuis peu à Compiègne, dans l’Oise, à une heure de Paris.

J’aime me déplacer à pied, en vélo et en train. Je suis végétarien depuis deux ans. Je suis ingénieur chimiste de formation.

 

J’exerce deux activités professionnelles :

1) Co-fondateur de Ma petite couche, le service de location et lavage de couches textiles pour les bébés ;

2) Consultant en gestion des médias numériques chez la Coopérative d’Activités et d’Emploi (CAE) Coopaname, en tant qu’entrepreneur-salarié associé. Je suis également membre des collectifs d’indépendants du numérique Happy Dev et Numéricoop.

Pour exercer ces activités, je travaille soit dans les bureaux de Ma petite couche à Issy (92), soit chez Casaco à Malakoff (92), soit à l’espace de coworking insolite La plage à Compiègne (60), quand je ne suis pas dans mon bureau à la maison.

Bref, je suis un travailleur nomade, sans bureau fixe 😉

2 – C’est quoi Ma petite couche ?

Ma petite couche est le service de location et lavage de couches textiles pour les bébés.

Le principe de Ma petite couche est de proposer la couche lavable en tant que service. Son modèle économique est l’abonnement. Ma petite couche est une actrice de l’économie circulaire et plus précisément de l’économie de la fonctionnalité.

Ma petite couche est une entreprise de l’ESS, une SAS créée avec mon associé Philippe Gaillard en avril 2017 avec des statuts lui permettant d’obtenir l’agrément ESUS : limitation des écarts de salaires, répartition des bénéfices encadrée, gouvernance démocratique avec les parties prenantes, mission sociale et environnementale…

 

Concrètement, Ma petite couche, comment ça marche ?


Guillaume, papa d’un petit Henry de 9 mois, visite notre site web  après avoir vu un de nos posts sur Facebook. Il décide de s’abonner à l’offre location + lavage car il habite à Issy-les-Moulineaux, commune desservie par nos livreurs, et qu’il ne veut pas laver les couches de son fils lui-même 😉
Guillaume choisit pour Henry, grâce à un tableau des tailles, des couches de taille M et le nombre de couches dont il a besoin, 16 par semaine. Lors de la souscription de son abonnement, il choisit 2 passages par semaine à son domicile. Tous les lundis et jeudis à 19h, Jeff, notre livreur à vélo passe faire un échange de sac de couches utilisées contre un sac de couches propres. Ce sac est complètement étanche, il est sans fuite et sans odeur. Jeff dépose à la fin de sa tournée les sacs à l’ESAT. Emmanuel sera en charge de les nettoyer.
Guillaume peut arrêter à tout moment son abonnement s’il n’est pas satisfait… mais surtout quand Henry est devenu propre !

Jeff, livreur de Ma petite couche

La pérennité économique de Ma petite couche repose sur deux piliers : 

-Le premier pilier est la qualité du service rendu grâce à un service client avant, pendant et après la location et une logistique performante.

-Le second pilier est notre capacité à économiser les ressources tout au long de la chaîne opérationnelle :

  • couche textile réutilisable environ 800 fois avant réparation ;
  • réutilisation de cartons pour expédier nos colis de couches ;
  • lavage utilisant le minimum d’eau, de détergent et d’électricité ;
  • tournée à vélo pour échanger les sacs de couches utilisées avec les sacs de couches propres.

couches lavables

Ma petite couche s’est aussi donnée une ambition sociale en confiant son activité de blanchisserie à des ESAT, insérant des personnes porteuses de handicaps physiques et/ou moteurs.

J’aurais aimé créer directement Ma petite couche en coopérative SCIC mais le financement aurait été sans doute plus complexe.

On ne peut pas mener la guerre sur tous les fronts 😉

Enfin, Ma petite couche s’appuie sur des partenaires solides pour développer son activité :

  • Antropia ESSEC, accélérateur d’entreprises sociales à fort impact social et/ou environnemental de l’ESSEC ;
  • Hauts-de-Seine Initiative (HDSI), association d’aide à la création d’entreprises, membre des réseaux France Active ;
  • Ville d’Issy-les-Moulineaux,
  • Hamac, fabricant des couches textiles, n°1 en France
  • Kids&Co, réseau d’entrepreneurs de la petite enfance, de l’enfance et de la parentalité
  • La Nef, coopérative financière qui offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle.

3 – La spécificité de Ma petite couche, c’est la location de couches : les parents ne préfèrent-ils pas l’achat ?

ma petite couche

Récupération des couches lavables

Ma petite couche propose 2 offres :

  • la location simple, déjà disponible sur toute la France ;
  • la location et le lavage, déjà disponible dans les Hauts-de-Seine et dans plusieurs arrondissements parisiens en septembre 2018, très bientôt en régions…

Ces offres permettent aux parents de franchir le pas vers la couche lavable car elles sont sans engagement de durée. Ainsi après 4 semaines, un client peut très bien nous racheter les couches louées.

Actuellement, la très grande majorité de nos clients prolonge la location plutôt que d’acheter.

Mais dans tous les cas, achat ou location, la mission environnementale de Ma petite couche, convertir les Françaises et les Français à la couche lavable, est remplie !

4 – De même que la cup chez les femmes, assiste-t-on à un changement durable avec la couche lavable en matière de protection infantile ?

Philippe et Antoine – cofondateurs de Ma petite couche

Il y a un intérêt croissant pour l’écologie chez les générations en âge d’avoir des enfants.

Ma petite couche répond à deux préoccupations :

– les perturbateurs endocriniens pouvant être au contact 24/7/365 pendant 3 ans de la peau des bébés avec des couches jetables ;

la réduction des déchets “couches” et donc la préservation des ressources.

Il ne s’agit pas de faire moins de bébés pour préserver notre environnement mais que chaque bébé ait une empreinte carbone plus légère.

Après, il y a aussi des pics de commandes sur notre site lorsque paraît un dossier de 60 millions de consommateurs sur la toxicité des couches jetables à usage unique.

Nous ressentons un vrai engouement pour les produits d’hygiène réutilisables comme la cup, la serviette textile ou la couche lavable. Le zéro déchet est une tendance de fond, il suffit de voir l’énorme succès de l’association Zero Waste France et de son festival cette année.

L’avenir n’appartient pas aux solutions du passé comme les produits jetables à usage unique importés depuis l’autre bout du monde.

L’avenir appartient à l’économie locale et circulaire, où les travailleurs sont au centre des décisions, aux produits basés sur une gestion responsable et durable des ressources de notre planète.

5 – Comment peut-on louer les couches de Ma petite couche ?

Pour commander des couches à louer, vous avez plusieurs solutions :

Notre téléphone : 01 84 19 61 84

Notre boutique en ligne : www.mapetitecouche.fr

Notre adresse électronique : contact@mapetitecouche.fr

Notre page Facebook : https://www.facebook.com/MaPetiteCouche/

 

Nous sommes à votre disposition pour des explications sur le fonctionnement du service ou des couches lavables, n’hésitez pas : Appelez nous, écrivez nous, allez sur notre site !

Isis Latorre : libérée de toute contrainte, elle devient Digital nomad

 

Isis a fait du voyage un projet de vie. Elle est l’ex-cofondatrice de Pack Your Skills, une startup permettant les échanges de compétences de travailleurs contre un hébergement dans un pays étranger. Aujourd’hui Digital Nomad, Isis est l’auteure des Nouveaux Travailleurs, un blog dans lequel elle s’est lancée à 100 % pour devenir blogueuse professionnelle. Sa philosophie ? Devenir totalement libre : libre de choisir son métier, libre de contraintes horaires, libre de faire du voyage son nouveau cadre de vie. Et ça marche. 

 

1 – Qui est Isis Latorre ?

digital nomade

Isis Latorre – Digital Nomad

 

Ma philosophie de vie est “Je veux vivre selon mes envies, pas mes contraintes.” Ca veut dire que je veux poursuivre mes désirs et mes rêves, et trouver des solutions pour que ça marche financièrement.

 

Entre 2016 et aujourd’hui, j’ai plusieurs envies qui se sont développées :

(1) Je veux être libre géographiquement pour pouvoir voyager la majeure partie de l’année

(2) Je veux passer la majorité de mon temps à écrire

(3) Je veux pouvoir organiser mon travail comme je veux pour le rendre le plus efficace et productif possible : choisir mes horaires, mon organisation de travail, comment je gère les choses, mon lieu de travail (notamment pouvoir travailler depuis des cafés ou une maison sympa au bord de la plage), et pouvoir changer ces lieux quand j’ai envie

(4) Je veux que mon travail ait une contribution positive sur le monde, que ce que je fais serve vraiment à quelqu’un.

En janvier 2018, je me suis lancée à 100% sur mon blog LesNouveauxTravailleurs. Devenir Blogueuse Professionnelle, c’est pour moi obtenir toute l’autonomie dont j’ai besoin (3). Je peux travailler d’où je veux, au rythme que je veux. Et c’est un métier qui implique beaucoup d’écriture (2).

J’ai choisi de bloguer sur l’épanouissement au travail et les nouveaux modes de travail. Ca m’énerve d’entendre tout un tas de personnes se plaindre de leur boulot sans rien faire pour que ça change. Donc je veux leur proposer une des solutions à leurs problèmes : changer d’environnement de travail, en transitionnant vers un mode de travail différent qui répondra à certains besoins d’autonomie, de voyage, de polyvalence, de plus d’humain…(4)

En juin 2018, j’ai ajouté la partie voyage en devenant Digital Nomad internationale (quelqu’un qui voyage et travaille en même temps) (1). J’ai quitté la France pour voyager en Amérique Latine. Chaque mois, je change de pays.

2 –  De Pack Your Skills à Les Nouveaux Travailleurs : comment s’est opéré le switch ?

Maxime et Isis, les Cofondateurs de Pack Your Skills – Photo by Kay Morisada Salera

J’ai commencé ces deux projets à peu près en même temps, à l’été 2016. Je les ai menés en parallèle jusqu’à l’automne 2017. En novembre, avec Pack Your Skills, on était dans une de nos périodes plus calmes car la vague de novembre venait de se terminer. Après trois mois à la préparer, on soufflait un peu et on prenait du recul sur ce qui s’était passé.

Pendant cette réflexion, j’ai senti un appel vers autre chose. Mon rêve de devenir Digital Nomad et de partir voyager en Amérique Latine revenait au galop. Et mon goût pour l’écriture s’était exacerbé, donc je ressentais un fort attrait pour le métier de blogueur.

Le projet LesNouveauxTravailleurs m’attirait de plus en plus car ses caractéristiques répondaient davantage à mes désirs du moment. J’ai fait le choix le plus difficile de ma vie : j’ai décidé d’arrêter de travailler sur Pack Your Skills pour ne me consacrer qu’à Les Nouveaux Travailleurs.

A partir du moment où c’était acté que j’arrêtais Pack Your Skills, le switch s’est fait rapidement et de façon assez fluide. Max (mon associé sur Pack Your Skills) a repris la main sur l’ensemble du projet et on a arrêté de se retrouver pour travailler côte-à-côte. De mon côté, j’ai créé mon auto-entreprise et je me suis réorganisée pour utiliser tout mon temps sur LesNouveauxTravailleurs.

 

3 – Qui sont les “Nouveaux Travailleurs” dont tu parles ?

digital nomad

Une après-midi au coffeeshop Colab

Les “Nouveaux Travailleurs” dont je parle sur le blog, ce sont :

  • Les travailleurs Remote (en télétravail à 100%) ;
  • Les Digital Nomads (qui voyagent et emportent leur activité dans leur ordi) ;
  • Les Slasheurs (qui mènent plusieurs activités de front) ;
  • Les Salariés et Créateurs d’Entreprise Libérée (une philosophie d’entreprise où l’on remet l’humain au centre et où on aligne les besoins de chacun avec la vision de l’entreprise).

Mais, pour moi, les “Nouveaux Travailleurs”, ce sont avant tout des personnes qui décident de se bouger pour leur propre épanouissement professionnel. C’est le point commun entre ces différentes catégories que j’ai citées : ces travailleurs cherchent à améliorer leur vie professionnelle via plus de liberté, d’autonomie, de voyage, le développement de plusieurs centres d’intérêts, le retour vers quelque chose de plus humain…

 

4 – Comment les accompagnes-tu ?

nouveaux travailleurs

Il y a trois niveaux d’accompagnement :

  • Les articles du blog : j’écris des articles pour faire découvrir les nouveaux modes de travail, comprendre leurs enjeux (notamment via des interviews de nouveaux travailleurs), et faire la transition si on est intéressé ;
  • La newsletter : chaque mardi matin, j’envoie du contenu exclusif à ceux qui s’inscrivent à la newsletter :
    • Le résumé des articles de la semaine
    • 1 conseil pour mieux travailler
    • 1 contenu inspirant venant d’ailleurs sur le net
    • 1 question à se poser pour avancer vers plus d’épanouissement professionnel
    • Mes aventures et mésaventures de Digital Nomad
  • La formation payante : elle va sortir d’ici la fin de l’année pour accompagner ceux qui sont vraiment motivés

5- A quoi doit-on penser avant de partir en Digital Nomad ?

Photo by Genna Contento

Difficile de répondre simplement en 2 phrases ! Il faut selon moi bien comprendre les enjeux de ce mode de vie pour ne pas avoir de mauvaise surprise quand on commence. C’est pour ça que je publie des interviews de Digital Nomads sur mon blog.

Mais, pour résumer :

  • Trouver une activité qui peut s’exercer à distance, et potentiellement avec du décalage horaire. J’ai listé 81 métiers qui peuvent permettre de devenir Digital Nomad. Selon moi, il vaut mieux commencer son activité quelques mois avant de partir, car c’est difficile de gérer deux choses nouvelles (nouvelle activité + nouveau mode de vie).

 

  • Tester le nomadisme localement avant de partir le faire internationalement : si on a l’intention de travailler dans des espaces de coworking à l’étranger, aller y travailler pendant quelques temps en France d’abord, pour voir comment on se sent, les difficultés qu’on rencontre. Si on compte travailler dans des cafés, le tester d’abord en France. Si on compte travailler depuis son Airbnb, travailler depuis son appart en France d’abord. Tout est plus facile quand on est en France donc il vaut mieux se rendre compte des soucis que peut poser ce mode de travail quand on est encore ici.

 

  • Réfléchir au type de voyage que l’on veut faire : est-ce qu’on veut changer d’endroit chaque mois ou chaque six mois ? Est-ce qu’on veut être en ville ou dans un endroit plus reculé ? Est-ce qu’on veut voyager en Airbnb ou hôtel ? Est-ce qu’on veut voyager seul ou à plusieurs ? Plus on bouge, moins on a de temps pour travailler, car il faut s’occuper de l’organisation des transports, trouver un nouvel endroit où dormir, et passer du temps dans les transports.

 

  • Se renseigner sur l’administratif à faire avant de partir : vaccins, Visas, Passeport, Assurance Voyage, boîte aux lettres pour continuer de recevoir ses courriers, choisir une carte bancaire avec peu de frais de retrait et paiements à l’étranger, etc

Pour plus de conseils sur comment devenir Digital Nomad, je t’invite à t’inscrire à la newsletter LesNouveauxTravailleurs. 😉

 

6 – Où te trouves-tu à l’heure actuelle ?

nouveaux travailleurs

 

Je suis actuellement à Buenos Aires, en Argentine, pour tout le mois de septembre. En août j’étais à Rio de Janeiro, au Brésil. Et en juin/juillet, j’étais à La Paz en Bolivie. Je change de pays chaque mois. Pour simplifier la logistique et pour me faire des nouveaux copains, j’ai choisi de voyager avec la communauté WifiTribe. Après l’Argentine, je vais au Mexique, et il se peut que je reste là-bas jusqu’à la fin de l’année, pour me concentrer sur la préparation de la formation.

Raphael Marin : de projets en projets, l’échec est sa plus grande réussite

Raphael Marin est un slasheur : entrepreneur depuis ses 16 ans, l’expérimentation est devenu son crédo. Aujourd’hui salarié, il travaille en parallèle sur trois autres projets : une startup, une société de commerce de luxe, et un bar à vin. Pourquoi ? Parce que la diversité de ses projets lui procure un épanouissement professionnel et personnel. Dans cette interview, Raphael nous livre ses meilleurs conseils pour slasher sans s’éparpiller.

1 – Qui est Raphael Marin ?

Un mec souriant, sympathique et dynamique, toujours prêt à faire découvrir de nouveaux endroits et élargir son cercle ! Les relations humaines sont essentielles dans mon fonctionnement aujourd’hui.
Parisien depuis toujours, j’ai eu la chance de grandir dans le tumulte d’une ville qui bouillonne d’idée et d’innovation, ce qui m’a depuis longtemps incité à agir et à entreprendre des projets. J’ai toujours eu du mal à tenir en place et à me tenir à une seule chose à la fois. Je suis salarié dans le marketing financier /écologique et je suis à l’origine de plusieurs entreprises aujourd’hui, touche à tout, je suis très curieux du fonctionnement des choses et à l’écoute des expériences des autres.

La recherche du bonheur est une pierre angulaire de mon engagement, apporter du bonheur à ceux qui m’entourent, travailler pour le donner aux autres, le vivre le plus possible dans mon quotidien.

C’est avec Colas Dupas, un de mes associés chez Sparkin, que nous avons pu d’ailleurs formaliser cette valeur, grâce à un travail adapté du Why de Simon Sinek. Ma motivation profonde, que j’essaie désormais d’appliquer dans tous mes projets, est de mettre en place un cadre permettant à chacun de donner le meilleur d’eux même. M’engager pour que tout le monde puisse réussir et gagner ensemble, voilà mon crédo.

2 – Aujourd’hui chef marketing B2B dans le groupe BNP Paribas, tu es parallèlement l’un des co-fondateurs de Sparkin, startup spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants par l’intelligence collective mais aussi cofondateur de MRT Paris, une société de commerce de luxe de seconde main. Le slashing fait-il partie de ton ADN ?

 


J’ai démarré mes premiers projets entrepreneuriaux à 16 ans, ce qui m’a permis d’échouer sur pas mal de projet et c’est top, ça m’a énormément appris et surtout m’a motivé pour explorer de nombreuses pistes d’activité.

J’ai découvert ce qu’était un slasheur cette année, grâce aux trends Twitter ! Ce n’est pas une nouveauté entrepreneuriale mais ces dernières années ce type de comportement s’est développé très fortement, la génération Y à intégrer les codes du Slasheur à ses nouveaux modes de comportement, ce qui marque une rupture assez forte au monde du travail traditionnel.
Le slashing pour moi, c’est une des briques me permettant un épanouissement professionnel et donc personnel, en mélangeant dans mon activité de nouvelles choses, des mélanges incroyable mais qui répondent à mes aspirations, à mes envies de découvertes, de dépassement, d’innovation.
Je suis également très curieux de nature, dans mes projets, en plus des structures que tu évoques, j’accompagne la création d’un bar à vin en ce moment et j’ai essayé de lancer des installations de permaculture dans Paris l’année dernière sans succès, le slashing me permet d’explorer des mondes différents et d’apporter mon expérience aux porteurs de projets avec qui je travaille.
Etre slasheur pour moi, c’est de permettre par l’intelligence collective d’aller plus loin.

3 – Justement, le codéveloppement c’est un effet de mode ou une réelle tendance de société ?

 


Tout dépend de ce que l’on entend par codéveloppement. Cela traduit avant tout une idée que par le groupe, on peut faire émerger de nouvelles solutions innovantes. Chez Sparkin par exemple, nous nous sommes inspirés de cette méthode pour créer notre méthodologie et ainsi créer des groupes de réflexion sur mesure permettant aux dirigeants de PME de trouver des alternatives et de bénéficier de l’expérience de leurs pairs.
Les méthodes qu’utilisent aujourd’hui les startups digitales, le design thinking ou le lean par exemple, rejoignent pour moi cette même idée qu’ensemble on réussit mieux que seul.

Une grande partie des nouvelles générations d’entrepreneurs actuels, ont bien conscience de l’importance du partage et de l’échange dans la création de valeur, c’est moins le cas chez les dirigeants actuels des PME, d’après la BNI, près de la moitié d’entre eux se sentent isolés dans leurs décisions.

Les outils d’intelligence collective sont un signe d’évolution des entreprises, du regard qu’on porte à l’autre et à sa connaissance, c’est un signe d’ouverture très positif.

4 –  Quels conseils donnerais-tu à des personnes qui souhaitent mener plusieurs activités professionnelles de front ?


Il n’y a pas de secret, la meilleure façon de faire est de se lancer et de s’adapter ensuite. Chaque parcours est différent en fonction des contraintes de chacun et si le projet échoue c’est presque mieux, ça veut dire qu’on aura énormément appris pour la prochaine fois.
Le plus important est pour moi de savoir pourquoi on fait les choses, choisir de s’investir sur des projets qui correspondent à ses valeurs, qui me rendront heureux. Le travail qui a du sens est le seul sur la durée qui donne véritablement du plaisir.

S’entourer de personnes partageant des valeurs similaires dans les projets menés est essentiel, quand on même plusieurs activités en parallèle, on doit pouvoir compter sur son équipe et s’appuyer sur eux sereinement.

Ne pas hésiter à expérimenter, le régime de micro entrepreneur permet justement de tester son idée rapidement sur le marché et c’est généralement bien accepté par son employeur.

Bien compartimenter est fondamental, quand on travaille sur 3 ou 4 activités très différentes, c’est important d’organiser son temps et son agenda sur ses différentes activités, afin de ne pas se faire dépasser par le travail à réaliser.

Savoir déconnecter, comme pour tout porteur de projet, il faut savoir mettre tout sur pause par moment et se recentrer sur soit même.

 

5 – Que peut-on te souhaiter pour les prochains mois ?

De nouvelles rencontres et de faire de mes projets en cours des réussites.
Si vous souhaitez en parler ensemble n’hésitez pas à m’envoyer un message sur LinkedIn, et pour en savoir plus sur Sparkin, venez faire un tour sur notre site ou sur notre page LinkedIn.

 

Entrepreneurs du quotidien : des interviews qui montre la diversité des entrepreneurs d‘aujourd’hui

Anthony Kemet : Développer sa marque personnelle pour faire évoluer son projet entrepreneurial facilement

 

Anthony Kemet est artiste plasticien installé depuis 3 ans dans la Drome. Quelques années plus tôt, il était gérant d’un des bars les plus populaires du centre de Lyon, le Terrier du Lapin Blanc. Entrepreneur dans l’âme, il n’hésite pas à changer de vie pour développer sa créativité. Et pourtant, on retrouve sa patte sur l’ensemble de ses projets entrepreneuriaux. C’est d’ailleurs sa marque personnelle et son authenticité qui lui ont permis le succès de tous ses projets. Retour sur le parcours de cet artiste des villes et des champs.

1 – Qui est Anthony Kemet ?

 

Anthony Kemet

 

Je m’appelle Anthony Kemet, je suis artiste plasticien et céramiste dans la Drôme des collines, plus exactement à Lens-Lestang où j’ai installé mon atelier il y a presque trois ans.
Je crée des objets d’art en porcelaine, des « tableaux céramiques » inspirés par la culture pop, les contes, les légendes et l’alchimie. 
Je travaille aussi les encres sur papier et la peinture.
Je suis arrivé à Lyon en 99, j’avais 16 ans et j’étais déjà passionné de dessin et de peinture. Pour moi c’était soit les beaux arts soit le théatre. C’est le théatre qui finalement a eu le dessus et pendant cinq ans, j’ai étudié dans deux grandes écoles d’acteur, à Lyon et à Paris ensuite. C’est la que je suis devenu comédien et j’ai eu la chance énorme de pouvoir vivre de mon métier pendant plusieurs années.
En 2008, changement de cap, nous décidons avec mon ex femme de créer un lieu d’accueil et de promotion artistique sous la forme d’une « taverne contemporaine » haute en couleurs, c’est le début de l’aventure du Terrier du Lapin Blanc. Pendant 8 ans nous avons pris soin de ce lieu que nous aimions tant et qui a vu passer des centaines d’artistes de talent (dont entre autres Christine &the Queens qui y a fait tous ses premiers concerts).
Malgré ce parcours atypique et quelque peu dépareillé le besoin de créer ne m’a jamais quitté et j’ai continué parallèlement mon métier de plasticien. En 2015, je découvre le monde de la céramique et tombe amoureux de la terre. Je décide alors de faire un apprentissage au près d’une potière en Haute Savoie. Ce fut une révélation. Sans hésiter, je décide de créer l’Atelier Kemet et de quitter Lyon pour me donner pleinement à mon métier de plasticien et de céramiste. 

 

2 – C’est quoi Kemet Ceramics ?

marque personnelle

Kemet Ceramics c’est pour moi un laboratoire, un lieu de recherche et d’expérimentation autour de l’art et de la matière. C’est un lieu qui ne cesse de se transformer, étant moi même dans une perpétuelle transformation. C’est un espace de travail de 90m2 où je crée mes oeuvres en céramique de la préparation de la terre jusqu’à la cuisson à 1280°c ( en passant évidemment par de nombreuses autres étapes). Kemet Ceramics, c’est aussi un lieu d’exposition ouvert au public où il m’arrive parfois d’inviter d’autres artistes à exposer.  

Aujourd’hui j’ai le sentiment de m’être enfin trouvé et me sens prêt à promouvoir d’avantage mon travail !

 

3 – Ancien co-gérant du Terrier du Lapin Blanc (bar lyonnais), tu as su créer un univers autour d’un lieu unique à Lyon. Y a-t-il une touche Kemet ?

 

L’un des murs les plus emblématiques du Terrier du Lapin Blanc

La touche Kemet, c’est simplement une sensibilité aux symboles et à la culture pop. Quoi que je j’entreprenne et quelque soit le support, elle sera toujours présente. J’ai fondé le Terrier du Lapin blanc en 2008, et dès lors, je l’ai toujours envisagé comme un tableau vivant. Les gens passaient la porte souvent attirés par le décor coloré mais pour moi ce n’était pas une simple déco, c’était une oeuvre collective qui ne cessait d’évoluer avec le temps. Je ne suis pas un professionnel de la restauration et je ne l’ai jamais été.

Quand nous avons créé le Terrier, il n’y avait en nous aucune ambition commerciale ou de besoin de réussite, seulement l’envie de partager avec le public une aventure humaine et artistique. C’est je pense à ce détachement que nous devons notre succès. Je suis heureux aujourd’hui que nous ayons trouvé des repreneurs qui ont su garder l’esprit et le cachet des lieux.

 

4 – Du centre ville de Lyon au coeur de la Drôme, tu as radicalement changé de vie. Entreprendre à la campagne est-il plus difficile ?

personal branding yeza lucas

Céramique : Inspiration Alice au Pays des Merveilles

Je ne pense pas que ce soit plus compliqué à la campagne, mais il faut travailler sa communication d’une autre manière, être plus présent notamment sur les réseaux sociaux pour faire découvrir son travail. Il ne faut pas hésiter non plus à se déplacer, faire parfois beaucoup de route pour exposer. Quoi qu’il en soit, je n’aurais pas pu continuer de créer à Lyon bien que je porte cette ville dans mon cœur. Le fait d’être en pleine nature me rend plus créatif et plus serein.

Aujourd’hui, je travaille seul et la transition ne fut pas forcément simple car je suis passé d’une vie très sociale à une vie très solitaire. C’est parfois apaisant comme ça peut être également pesant de travailler seul 8h par jour dans un atelier.

La décision de tout quitter et d’aller vers cet inconnu s’est prise un peu toute seule. Je n’ai pas construit ce projet comme on crée une entreprise. J’ai simplement écouté mon désir profond de créer et de partager mes émotions via l’art. Le reste est venu naturellement.

 

5 – Comment ça se prépare un changement de vie?

Atelier d Anthony – Kemet Ceramics

Ça n’a pas été une mince affaire, car il a fallu déconstruire mon ancienne vie dans les règles. Il ne s’agissait pas de partir sans se retourner et surtout pas de claquer la porte derrière soit. Il était par exemple primordial pour moi de transmettre le Terrier aux bonnes personnes, par respect pour notre clientèle et cela a prit du temps.

Et puis nous sommes parti en famille, chacun avec son projet sous le bras alors il fallait impérativement trouver un lieu et un mode de vie qui conviennent à chacun.

6 – Une exposition bientôt ?

marque personnelle

Les portes de l’atelier d’Anthony – Kemet Ceramics

Oui, nous avons la chance de vivre dans une maison chargée d’histoire, un couvent du XIème siècle qui se prête merveilleusement à l’accueil et dans lequel nous organisons régulièrement des expositions. La maison étant classée par la fondation du patrimoine, nous ouvrons chaque année les portes de La Chapelle au public à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Les 15 et 16 septembre j’y présenterai donc ma toute dernière collection « les rêves lucides ». Nous ne sommes qu’à une petite heure de Lyon et les visiteurs font volontiers l’aller-retour dans la journée et en profitent pour visiter les alentours, notamment le Palais idéal du facteur Cheval qui est à 10 minutes et qui est un chef d’œuvre de l’art brut.

 

Pour découvrir les dernières créations de l’atelier Kemet, comprendre sa marque personnelle et passer commande (si vous êtes en région lyonnaise), c’est sur le site de l’Atelier Kemet, sinon vous pouvez découvrir les oeuvres d’Anthony sur Instagram !