Tristan Duhamel : un Déclic Ecologique au service du zéro déchet !

Entrepreneur aux multiples casquettes, Tristan Duhamel tient un fil conducteur dans ses différents projets : son engagement écologique. Administrateur à la Maison du Zéro déchet, bénévole auprès de Zéro Waste France et récemment Fondateur de Déclic Ecologique, le zéro déchet fait partie du quotidien de Tristan. 

Avec Déclic Ecologique et son approche des questions environnementales par l’intelligence collective, Tristan choisit un positionnement original sur le marché du consulting en RSE.

Retour sur le lancement d’une entreprise pleine d’enthousiasme ! 

 

1 – Directeur artistique, chef d’entreprise, militant écologiste, qui est Tristan Duhamel ?

déclic écologique tristan duhamel

Je suis Tristan Duhamel, parisien ou presque : je vis et travaille maintenant à Montreuil. J’ai aujourd’hui plusieurs casquettes.

Je suis directeur artistique et graphiste depuis plus de 20 ans. J’aime faire de l’identité visuelle, c’est à dire le logo de structures, leur charte graphique et les supports de communication jusqu’à l’aspect visuel des sites web. L’affiche, la conception de livre ou de maquette de presse sont également mes domaines de prédilection.

J’ai une grande conscience écologique, c’est la raison pour laquelle je prône des outils de communication à l’empreinte écologique restreinte et il y a des tas de choses à faire dans ce domaine. Il y a toujours eu en moi, un attachement à la terre et l’idée que chacun peut agir.  

À titre personnel, je m’efforce de vivre au plus près de  principes de vie « écologiques » et zéro déchet. Depuis très longtemps, pendant mon temps libre, j’ai pris l’habitude de nettoyer les campagnes et les plages. C’est très satisfaisant car cela donne des résultats très concrets et cela permet de sensibiliser les gens qui me voient faire et/ou qui se joignent à moi. J’ai ainsi mobilisé 40 volontaires en seulement 3 jours pour un nettoyage d’envergure en Thailande. 

Après différents mouvements citoyens dont Villes en transition (écologique), j’ai rejoint l’association Zero Waste France (zéro déchet, zéro gaspillage) puis Zero Waste Paris (groupe local). L’approche environnementale à travers le déchet est éloquent et j’y ai retrouvé l’enthousiasme des Villes en transition, moteur incontournable pour moi. Je suis également au Conseil d’Administration de la Maison du Zéro Déchet à Paris (on y trouve des conférences, ateliers, une boutique d’objets durables). 

 Parallèlement à mes activités militantes et bénévoles, je développe depuis deux ans une activité de conseil en transition écologique pour les entreprises avec Rose Boursier-Wyler. Nous nous sommes rencontrés au sein de Zero Waste Paris et avons créé à 4 un groupe de travaille sur la réduction des déchets au bureau. Ce travail a nourri le guide sur ce sujet édité par Zero Waste France cette année.

L’envie de créer une activité professionnelle lié à l’environnement a germé il y a déjà longtemps. Je me suis aperçu que les entreprises étaient rassurées de s’adresser à une « boite » plutôt qu’à un freelance. J’ai donc fondé cette année Déclic Écologique, conseil enthousiasmant pour les entreprises ». Et Rose Boursier-Wyler fait partie de l’aventure. La connivence entre nous et notre expertise complémentaire  nous ont rapproché dans la volonté de travailler ensemble. 

2 – C’est quoi Déclic Écologique ?

déclic écologique

Aujourd’hui, les activités de bureau représentent 10 millions de tonnes de déchets par an, autant que les ménages ou l’industrie. Ce secteur est notre cœur de métier, nous le connaissons bien, mais nos méthodes s’adaptent à d’autres secteurs.

Déclic Écologique, propose aux entreprises d’envisager la transition écologique comme une force. Elle est pleine de vertus écologiques, bien sûr mais aussi humaines et financières.

Le but est d’accompagner les entreprises dans cette évolution, de réduire leur impact environnemental par le prisme des déchets mais également au delà en touchant des secteurs bien plus larges : informatique, énergie, déplacements, ménage, restaurant d’entreprise…

3 –  Dans le milieu très concurrentiel du conseil en RSE, quelle est la plus-value de Déclic Écologique ?

rse zero waste

Notre approche est participative. Nous proposons des ateliers avec les équipes puis un suivi opérationnel sur le moyen terme. Cette évolution doit être progressive pour s’ancrer.

Dans les ateliers, après un temps de sensibilisation, nous utilisons les méthodes d’intelligence collective. Les salariés de nos clients sont ainsi parties prenantes des solutions, cela développe la créativité, ils sont impliqués et sont donc motivés pour amorcer ces changements. L’enthousiasme prend place ici. De plus, quand on change un geste négatif par un geste vertueux, cela procure également de la satisfaction.

Par la suite, nous réalisons un diagnostic de l’entreprise et nous l’accompagnons pour mettre en œuvre les changements pas à pas.

4 – Quelle est la différence entre Déclic Ecologique et et ton engagement bénévole ?

 

zero waste zero déchet

Longtemps, je me suis dit, si je n’étais pas graphiste, je ferais quelque chose dans l’environnement. Je suis convaincu que nous avons tous du pouvoir. Je voulais développer mon engagement pour l’environnement, apporter une pierre plus grande à l’édifice, aller au delà de la façon dont je m’engageais associativement. J’ai ainsi créé cet activité professionnelle. Mes deux activités sont complémentaires et se nourrissent mutuellement. Les ponts sont notamment le principe des 3R (qui en compte autant que l’on veut) Repenser, Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer et enfin Recycler, auquel il faut ajouter la notion de compostage.

Mes actions avec Zero Waste Paris et la Maison du Zéro Déchet sont plus en lien avec le grand public. Chacun peut proposer une action, un groupe de travail afin que d’autres le joignent.

Je souhaite élargir l’activité de Déclic Écologique sur différents secteurs : accroitre sa part dans l’économie circulaire, c’est à dire trouver les nouveaux débouchés des déchets résiduels pour qu’ils deviennent la matière première secondaire pour d’autres.

Le développement à l’étranger, en particulier au Sénégal, est en cours. Je suis en rapprochement avec des acteurs locaux sur différentes problématiques, notamment sur la pollution par les plastiques.

5 –  Où peut-on te trouver ?

mundo m tristan duhamel

Nous travaillons au Mundo M à Montreuil et au Maif Start Up Club, dans le 2e arrondissement de Paris.

Appelez-nous, mailez-nous ou parlez de nous !

Tristan Duhamel : 06 76 81 36 72 : td@tristanduhamel.com

Si vous souhaitez joindre Tristan le graphiste, c’est ici !

Vous pouvez nous suivre sur notre page FB et sur notre page Linkedin 🙂

A bientôt !

Rudy Pignot-Malapert : l’adaptabilité au service du crowdfunding dans l’ESS

Rudy Pignot-Malapert est un communiquant avec une solide expérience de lEconomie Sociale et Solidaire. Au fil des années, il a développé des méthodes adaptées qui lui permettent d’accompagner les associations et entreprises sociales dans leur développement, notamment à travers leurs campagnes de financement participatif.

Il part également à la rencontre des acteurs de l’ESS pour mieux connaitre et valoriser cet écosystème. Car Rudy est également le créateur de Une minute 40 d’ESS, un podcast dans lequel il donne à entendre des porteurs de projets inspirants.

Retour sur le parcours d’un communicant agile. 

Qui est Rudy Pignot-Malapert ?

Je suis consultant en communication et crowdfunding dans l’économie sociale et solidaire. J’ai débuté ma carrière en tant que responsable communication de différentes structures dont la mission est de représenter des acteurs de de l’ESS auprès des décideurs. Au Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), au Labo de l’ESS ou encore au sein du Think Tank de la Mutuelle ChorumJ’ai dû apprendre à communiquer avec peu de moyens ; à trouver des outils efficaces et peu chers. Je sais maintenant, qu’avec peu, on peut faire beaucoup et que la communication peut nourrir l’innovation des organisations.

Pourquoi la communication est cruciale pour les acteurs de l’ESS ?

La communication est cruciale pour toute structure et particulièrement celles relevant de l’ESS. Elles répondent à des besoins sociaux ou environnementaux parfois non-solvables. Il faut convaincre un large panel de cibles (financeurs, parties prenantes, clients, …) que cette activité mérite d’être pérennisée. Longtemps, l’ESS n’a pas osé communiquer et les décideurs ou journalistes ne prenaient pas le sujet au sérieux. Ce n’était pas assez « spectaculaire » pour passer au JT. Mais aujourd’hui, une personne à la rue qui retrouve sa dignité, une collectivités zéro déchet ou la possibilité de faire un micro-don en caisse, c’est devenu une voie d’avenir dans un monde en transition. C’est un potentiel sur lequel les entreprises sociales et associations doivent savoir miser. Leur modèle économique est sensible et le contrôle de leur notoriété, primordial. Pour adresser efficacement des cibles avec peu de moyens, il vaut mieux optimiser sa communication pour mieux canaliser les énergies. Pour répondre à ces enjeux, j’accompagne les structures de l’ESS au travers de formations (communiquer sans budget notamment) et d’ateliers inspirés du Design thinking. Ils permettent aux membres d’une structure de partager une vision commune de ses enjeux de communication et de gagner en efficacité. La finance participative fait également parti des dispositifs de communication que je mets en place pour des projets solidaire.

Aujourd’hui, beaucoup de porteurs de projets aimeraient se lancer dans le crowdfunding mais tous ne sont pas préparés : quels conseils leur donnerais-tu pour se lancer ?

 

Le crowdfunding peut être un formidable outil pour les porteurs de projets solidaires et les collectivités. Il permet de communiquer, tester son projet ou bien sur de récolter des fonds. Mais attention, une campagne réussie demande de la préparation en amont. Tout d’abord bien circonscrire son besoin pour choisir sa plateforme. En fonction du type de financement – don, prêt ou investissement – les modalités ne sont pas les mêmes. Les campagnes de don que l’on réalise sur les plateformes comme Ulule ou KissKissBankBank portent sur des plus petits montants et sur une plus courte période qu’une levée de fonds sur Lita ou Lumo. Dans tous les cas, la communication jouera un rôle déterminante et il vaut mieux anticiper les différentes phases de la campagne (une sorte de U avec un début en fanfare, une période de creux et un sprint final), dérouler un storytelling, créer des supports de communication et pourquoi pas, approcher des communautés complémentaires ou sponsors. Pour accélérer ce processus, j’aide les porteurs de projets à cadrer leurs campagnes via des ateliers de formation/action où je les aide à mettre en place une méthode. C’est intense et on en sort avec toutes les clefs pour lancer une campagne sur de bons rails (mindmapping, axes de communication, fichiers, etc.). Ainsi, crowdfunding et communication sont intimement liés. La spécificité des projets solidaires demande une approche sensible pour que les campagnes de dons puissent être bien menées et perçues positivement. 

Tu as récemment lancé un nouveau podcast : 1 minute 40 pour l’ESS. Qu’apprend-t-on des acteurs de l’économie sociale et solidaire en moins de deux minutes ?

 

Oui, c’est une démarche assez instinctive. Les acteurs que je rencontre au quotidien m’inspirent. C’est très instinctif et brut, dès que je rencontre une personnalité qui me semble pouvoir dire beaucoup en peu de mots dans le micro de mon iPhone.C’est dans l’ADN d’un communicant de transmettre. J’aime à penser que chacun de ces podcasts est comme une photographie où l’on peut percevoir beaucoup en un regard. C’est pareil pour 1 minute 40 d’ESS  où l’on peut trouver de quoi s’inspirer, s’engager, partager. Qui sait, peut-être qu’un de tes lecteurs figurera dans ce podcast bientôt ?

 

Où peut-on te trouver ?

A la Ruche, jamais loin du Rootop, ou au  Bar Commun, ou je suis bénévole
Je suis également très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur LinkedIn  ou Twitter ! 🙂

Sébastien Magnan : la force d’un réseau spécialisé pour un consultant RSE indépendant !

Sébastien est un consultant RSE indépendant. Décidant de quitter Paris et l’univers des grands cabinets de conseil, il se lance dans le consulting en freelance..à La Ciotat ! Pour démarcher ses clients, il s’appuie sur un réseau de consultants indépendants spécialisés dans la RSE. Le parcours et l’expérience de Sébastien est une source d’inspiration pour tout consultant souhaitant bénéficier d’un cadre de vie qualitatif tout en développant son réseau.

1 – Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Régino Ile de France

Je m’appelle Sébastien, j’ai 31 ans, je suis marié et j’habite à La Ciotat près de Marseille. Originaire de Digne les Bains, une petite ville entre les Alpes et la Provence, j’ai toujours aimé le contact avec la nature, les découvertes et la liberté du voyage. Cette curiosité m’a emmené à beaucoup bouger pour mes études : classe prépa à Cannes, école d’ingénieur à Biarritz avec des échanges en Angleterre et en Espagne, puis école de commerce à Chicago! Mais j’ai fini par poser mes valises à Paris avec ma femme, où j’ai travaillé pendant 4 ans.
D’abord auditeur puis consultant en RSE dans des grands cabinets, j’ai eu l’occasion de travailler sur des missions très variées auprès d’entreprises de toutes tailles et tous secteurs. Deux expériences vraiment intéressantes ! Mais la qualité de vie du sud nous faisant de l’oeil, on s’est décidés à repartir dans notre région d’origine. Et c’est après quelques mois de réflexion et de rencontres décisives que je me suis décidé à me lancer à mon compte.

2- Quel est ton métier ?

Crédit photo : Athélia Entreprendre

J’ai fait le choix de de rejoindre l’écosystème RSE Développement qui regroupe des indépendants experts de la RSE et dédié à la performance responsable des PME et ETI. En région PACA, mes clients sont des entreprises de taille moyenne ou intermédiaire, que j’accompagne sur l’intégration de la RSE au coeur de leur métier, pour en faire un levier de performance. Concrètement, ça passe par un diagnostic que je fais en rencontrant les fonctions clés de l’entreprise et en étudiant leur documentation interne et externe, pour évaluer leurs points forts et leurs ponts de progrès.

Ensuite, une stratégie est définie avec les dirigeants pour travailler sur les grands axes de la RSE en lien avec les attentes du marché, les actions des concurrents et les ambitions de l’entreprise. C’est alors qu’un accompagnement plus opérationnel peut commencer. C’est une relation de proximité dans la durée et de confiance qui se crée avec mes clients et qui doit aboutir sur l’installation durable de la RSE au coeur de l’entreprise. C’est là que l’on arrive à créer le plus de valeur ensemble.

3- Comment évalues-tu la démarche RSE des PME?

 


Les PME se sentent souvent éloignées de la RSE qu’elles voient comme une contrainte, alors qu’en réalité c’est un levier de performance sous-exploité. La plupart des PME ont déjà développé, consciemment ou pas, des actions qui s’inscrivent dans une démarche RSE. Cette démarche est rarement complète, mais des éléments existent. Mon travaille consiste à regrouper les bonnes pratiques existantes, capitaliser dessus et développer les axes inexistants. A moyen terme, une démarche RSE centrée sur les enjeux principaux amènera de la performance et pourra se valoriser auprès des parties prenantes. Les PME investies dans la PME parviennent à améliorer leurs opérations dans tous les métiers de l’entreprise, et au final gagnent en performance.

4- Quelle est ta plus-value en tant que freelance ?

Je dirais que le fait d’être passé par des grands cabinets à Paris m’a apporté une expérience et une autonomie qui me permettent aujourd’hui de travailler dans de nombreux secteurs, sur des problématiques très diverses. Le fait d’avoir acquis des méthodes et d’utiliser des outils éprouvés m’apporte l’efficacité et le pragmatisme que cherchent les dirigeants de PME.
Ensuite, le fait de faire partie d’un réseau me place dans une situation différente d’un freelance isolé. Via RSE Développement, j’ai accès à des compétences complémentaires aux miennes, à une visibilité et un légitimité accrues et à des outils partagés: site web, outils d’analyse, etc. En échangeant régulièrement avec d’autres indépendants du réseau, on s’enrichit mutuellement, on partage des éléments de veille ou des bonnes pratiques de nos clients et je ne me retrouve donc jamais seul face à un problème insoluble. C’est un vrai plus pour moi et surtout pour mes clients !

5 – Où peut-on te trouver ?

Sur le site web www.rse-developpement.com pour mieux découvrir mon activité, sur mon blog,  sinon en m’écrivant par mail (smagnan@rse-developpement.com) 🙂 . Je suis en région PACA mais aussi régulièrement à Paris, toujours disponible pour échanger sur la RSE !

Marie Vabre : journaliste engagée et électron libre de l’ESS

Marie Vabre est une journaliste spécialisée en Développement durable, RSE et ESS. Revendiquant sa liberté d’entrepreneur, elle choisit ses sujets à l’aune de ses aspirations.

Animée par les valeurs de l’Economie Sociale et Solidaire, Marie a quitté sa Coopérative (CAE) et lui préfère un statut de micro-entreprise, plus adaptée à son activité. Retour sur le parcours de cette freelance de sens !

1- Qui est Marie Vabre ?

Une journaliste (rédactrice / réalisatrice) et communicante spécialisée en DD – RSE – ESS, et surtout une maman écocitoyenne, soucieuse de la planète, que ce soit sur le plan de la solidarité et du lien social, sur le plan écologique / de la santé environnementale, ou sur la plan économique pour imaginer des modèles plus vertueux, plus équitables. De toutes façons, tout est lié ! Je suis également intervenante à Dauphine et à L’ISARA Lyon, et j’anime des tables rondes. En bref, une « freelance de sens » qui revendique sa liberté 😉 J’ai opéré une réorientation après une dizaine d’années en tant que réalisatrice de reportages pour la télé, grâce à une formation continue : le Master 2 Développement Durable & Organisations, à Dauphine, deux ans passionnants!

 

2 – Journaliste spécialisée dans le développement durable, tes clients sont notamment des structures de l’ESS. Comment choisis-tu les sujets de tes reportages ?

Reportage sur une initiation à l’apiculture avec CityBzz à la Recyclerie, Paris 18ème (pour ID)/Crédit photo : Marie Vabre

Je travaille pour des médias spécialisés comme L’infodurable (ID), Say Yess, Consoglobe, Médiatico, Oui! Le magazine de la Ruche qui dit oui… Je propose des sujets sur des acteurs du développement durable que j’ai plaisir à mettre en avant, des plus petits souvent dans l’ESS, aux plus grands comme des entreprises classiques. Quand on traite de RSE, rien n’est parfait, mais il s’agit de souligner les avancées, les efforts, tout en évitant le greenwashing et le socialwashing. Je collabore aussi avec des structures comme l’Avise, agence d’ingénierie et d’accompagnement de projets ESS et le Labo de l’ESS, dont je suis membre. C’est un think tank qui défend l’économie sociale et solidaire. Son mode de fonctionnement : être en lien avec les initiatives des territoires qui fonctionnent et les valoriser ; coordonner des groupes de travail collaboratif avec d’autres acteurs (une forme de R&D) ; faire du plaidoyer auprès des pouvoirs publics et des propositions concrètes pour changer d’échelle (par exemple, la loi ESS ou le label PTCE).

3 – Aujourd’hui, la presse en ligne remplace une grande partie des journaux papiers (surtout dans l’ESS). Finalement, journalisme et blogging, ce sont deux métiers différents ?

Reportage sur des visites green et solidaires à Paris, avec PariSolidari-Thé (pour ID)/ Crédit photo : Marie Vabre

Sur ces sujets, il existe de nombreux titres de presse avec un ton et un traitement différent : Socialter, Kaizen, We Demain, UP le mag… Certains disparaissent malheureusement, comme TerraEco qui n’a pas survécu. Et il y a une offre digitale de plus en plus importante maintenant. ID sortira en version papier dans quelques mois, donc ils ont commencé par Internet. Sincèrement, je trouve qu’il y a des blogs très qualitatifs (cf mon article « Je blogue donc je suis (green)« ), mais cela reste différent du travail journalistique. On est le plus souvent dans des récits de vécus au quotidien (comment faire sa transition), avec beaucoup de partages de trucs et astuces, de marques / produits, d’expériences, de do it yourself (DIY). Le journaliste va avoir une vision plus transversale des enjeux sociaux, des acteurs en place, du marché, du contexte législatif, ce qui va permettre un décryptage, une analyse, une critique. Il se doit de recouper ses sources, de faire un travail de recherche, de veille permanent. Ces pratiques ne sont pas incompatibles bien sûr.

4 – D’une coopérative de l’ESS, tu as fais le choix de la micro-entreprise, pourquoi ?

Séminaire R&D au sein des PTCE organisé par Le Labo de l’ESS (novembre 2017) avec Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’ESS et à l’Innovation sociale auprès du ministre  Nicolas Hulot (en bas à gauche) et Hugues Sibille, Président du Labo de l’ESS, Président de la Fondation du Crédit Coopératif (en bas à droite) / Crédit photo : Marie Vabre

 

J’ai tenté l’aventure en CAE, coopérative d’activités et d’emploi pendant 10 mois. Attention, ce que je vais dire ici n’est pas politiquement correct dans le milieu et pourrait hérisser le poil de nombreux défenseurs de l’ESS, dont je fais pourtant partie. Pour être honnête, je n’ai pas trouvé en CAE l’esprit collectif et la mutualisation des savoir-faire que j’attendais, donc j’ai été déçue. Cela ne signifie pas que c’est partout pareil. Ensuite, financièrement, la CAE ne convient pas à tous les types d’activités car les charges sont extrêmement lourdes à assumer (environ 52%, dont 11% à 12% pour les charges coopératives et le reste en charges salariales / patronales). Si on construit un vrai projet d’entreprise avec une offre assortie et des rentrées de trésorerie conséquentes, pourquoi pas. Cela permet de tester son activité, de se lisser un salaire, d’avoir les avantages du CDI et de se décharger de l’administratif. Si on facture des compétences en tant que freelance, ce n’est pas adapté, mais ça reste mon avis ! Grâce à l’ACCRE, en tant que micro-entrepreneur, j’ai des charges bien moindres et le côté administratif est assez léger. C’est une solution provisoire et imparfaite qui me convient à cet instant T de mon activité. Une alternative me semble intéressante : SMart qui n’est pas une CAE mais une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif). Contrairement à la CAE, elle permet de cumuler les statuts (intermittent, pigiste, auto-entrepreneur ou autres). On ne transforme pas toute sa trésorerie en CDI, mais la part que l’on souhaite en CDDU (d’usage), ce qui est plus souple.

5 – Où peut-on te trouver ?

Bien sûr, sur le groupe Facebook des freelances ESS qui est une très belle initiative, bravo! Mais j’avoue être beaucoup plus présente sur Linkedin et Twitter. Ma page de blog est plutôt un portfolio.

Marie-Lou Deschamps : l’ESS lui a permis de se dépasser le plan professionnel et humain

Marie-Lou Deschamps a trois moteurs dans sa vie : le besoin de se rendre utile, l’événementiel au service de projets valorisant l’Humain et la stimulation intellectuelle liée à ses missions de freelance. Avec son engagement dans l’ESS, elle a réussi à coordonner ses trois aspirations.

Aujourd’hui communicante en communication, elle a su mobiliser son intérêt pour l’humain et sa maîtrise des réseaux sociaux au service d’un message de tolérance dans sa vie personnelle : son mariage. Avec la création du concept « Afrikasia », Marie-Lou a fait du vivre ensemble un crédo qui lui a permis de faire financer son mariage interethnique et interreligieux.

Retour sur le parcours de cette communicante hors pair.

1 – Peux-tu te présenter ?

Marie-Lou en haut du grand mât sur le Belem,

Je m’appelle Marie-Lou, j’ai 28 ans et je suis l’heureuse maman de Saïan, mon fils de 9 mois.

Sur le plan professionnel, je me présentais encore comme cheffe de projet évènementiel il y a quelques temps.

Aujourd’hui, je m’affirme comme consultante en communication, principalement pour des projets ayant un impact positif sur l’Homme.

Si aujourd’hui je sais ce qui m’anime, mon parcours n’a pas été linéaire pour autant :

Après des études en Histoire de l’Art à la Sorbonne, je me professionnalise avec un Master 2 spécialisé dans la communication. Mais suite à un accident physique personnel qui m’a privé de mes capacités cérébrales pendant deux mois, j’ai eu un soudain déclic sur une profonde volonté de me rendre utile. C’est dans ce contexte que je m’intéresse à l’ESS.

J’ai par la suite travaillé quatre ans à la Fondation Belem qui s’occupe de préserver le plus ancien trois-mâts encore en navigation, et travaillé comme bénévole au sein d’une association humanitaire sur des champs d’actions divers (distribution de colis alimentaires à la frontière Syrienne, maraudes hivernales). Ces différentes expériences m’ ont donné l’envie de placer l’humain au cœur de tous mes projets professionnels.

Mon crédo aujourd’hui « tomber peut-être plusieurs fois mais se relever à chaque fois » .

2- Communicante dans l’ESS, tu dois travailler avec des structures à petit budget. Quel est le bon deal à adopter pour lier projets éthiques et freelancing ?

Immortaliser pour communiquer – Cité radieuse de Marseille

J’ai d’abord été salariée, ce qui me permettait de m’investir bénévolement auprès d’Ummanité, une association venant en aide au plus démunis, notamment à travers l’approvisionnement d’eau en Afrique et la distribution de vivres aux sans-abri sur Paris.

J’ai souhaité devenir freelance pour m’investir davantage dans cette association, et travailler sur des projets répondant à mon besoin de me sentir utile et d’agir pour la cause humaine et environnementale.

Pour continuer à m’investir bénévolement auprès d’Ummanité, j’ai dû trouver des clients à gros budget. J’ai eu la chance de faire fonctionner mon réseau pour décrocher de gros contrats : des missions dans le marketing ou l’évènementiel qui me permettent aujourd’hui de continuer ce que j’aime. C’était un bon deal pour moi.

Pour travailler dans l’ESS, il est nécessaire d’être autonome et créatif. Autonome, pour apprendre par soi-même. Créatif, pour faire du problème une opportunité.

La pression, les grandes responsabilités qu’on me donnait pour répondre à des objectifs parfois démesurés, ainsi que des deadlines souvent trop courts, sont des éléments extrêmement stressant mais au combien stimulants. J’apprends énormément en travaillant dans l’ESS.

3- Quel est ton rôle au sein d’Ummanité ?

Maraude avec Ummanité

Quand j’ai commencé à travailler avec Ummanité, je m’occupais essentiellement des évènements de l’association : présence sur des salons et Gala caritatif. Mais ayant une formation dans la gestion des organisations et souhaitant mettre à profit mon expérience, j’ai fini par apporter mon aide sur la collecte de fonds, la gestion administrative, les dossiers de subventions et la communication. Ummanité est une association familiale, les membres fondateurs sont des amis d’enfance. Ils sont généreux, pro-actifs et plein de bonnes idées. Je leur apporte mon expertise pour leur permettre de se développer.

4- En tant que bonne communicante, tu as, avec ton mari, construit une communication sur la tolérance autour de votre mariage sur la thématique « Afrikasia ». Comment as-tu réussi à faire financer ton mariage grâce aux réseaux sociaux ?

Afrikasia, le message de tolérance de Marie-Lou et Slimane / Crédit photo :  The Great Day, Pierre Henri Berthezène et David Arraez.

C’était entre 2013 et 2015, en même temps de que la fin de mes études… en communication événementielle ! Slimane et moi souhaitions quelque chose de beau, de grand, et surtout à notre image. L’union d’un malien musulman et d’une franco-thaï catholique c’est une sacrée organisation. Pour notre jour J, nous souhaitions représenter et célébrer nos différences de cultures, de religions et de traditions.

Faute d’argent à la hauteur de nos ambitions, j’ai eu l’idée de le faire financer gratuitement par des prestataires en échange de visibilité. J’ai alors mobilisé une communauté sur les réseaux sociaux autour des mariages mixtes et de la diversité, crée un site comme vitrine des préparatifs, du mariage et de nos partenaires.

Ce fut un réel succès, plus de 2 000 personnes ont suivi notre aventure sur les réseaux sociaux et une douzaine de partenaires ont assurés le mariage de nos rêves.

5- Où peut-on te trouver ?

9 mois de coworking

Entre mon bureau et mon bébé 😉

J’ai fais le choix de garder mon fils avec moi pour sa première année. Communicante plaçant l’Humain au cœur de mes projets, je me voyais mal confier Saïan toute la journée à quelque d’autre et m’occuper des autres. Ça n’aurait pas été cohérent.

Travailler avec bébé c’est de l’organisation, j’ai l’impression de mener plusieurs vies en 24h et c’est ce que j’aime.

Vous pouvez en savoir plus sur mon travail via Linkedin et vous pouvez m’écrire sur deschamps.marielou@gmail.com

A bientôt et encore merci Yéza pour tout ce temps et cette énergie que tu nous donnes !

 

Mila Colas : une digital nomad « condamnée » à entreprendre !

Mila Colas est une Digital Nomad partie à la découverte de la planète. Quittant son poste de salariée, elle décide de faire le tour du monde de l’entrepreneuriat social avant de réaliser que le véritable sens de son projet est devenu son voyage en vélo. Avec son compagnon Denni, Mila part à la conquête du monde, vivant du freelancing et du blogging. Avec ce nouveau mode de vie, Mila a réussi à trouver un équilibre de vie, alignée avec ses projets et surtout avec elle même ! Retour sur l’expérience de cette digital nomad, depuis l’Italie.

1 –  Qui est Mila Colas ?

Mila à Belgrade / Crédit photo : Entreprendre le Monde

Avant de prendre mon envol pour une nouvelle vie, j’étais une webmarketeuse dans le domaine de l’économie collaborative. J’avais lancé ma carrière en créant une plateforme de financement participatif en 2011, Octopousse. Une belle aventure, car en moins de 2 ans, avec mon associé, on a levé 400 000 € et financé plus de 200 projets. Après avoir rapproché notre site avec celui d’Ulule, je me suis retrouvée sous le statut de salariée cadre, à Paris.

C’est un statut qui ne me convient pas très bien. Je suis trop autonome, indépendante et j’aime beaucoup trop travailler de mon côté. Peut-être que j’évoluerai sur cet aspect un jour, mais pour l’instant, je pars du principe que je suis « condamnée » à être entrepreneuse toute ma vie ! Du coup, j’ai quitté cette vie pour partir en voyage !

2 – Tu t’es lancée dans un tour d’Europe à vélo avec Entreprendre le monde, quel était l’objectif de ce voyage ?

Montagnes de Croatie, région de Dubrovnik (après une montée à 12%) / Crédit photo : Entreprendre le monde

Au départ, je voulais suivre  la ligne directrice de ma carrière et je m’étais fixé comme objectif d’aller à la rencontre des porteurs de projets qui changent le monde. Mais, ça, c’était sans réaliser les contraintes. En effet, avant de partir, j’avais créé une liste de personnes à contacter et à rencontrer. Dans les faits, je me suis rendue compte que le projet était difficile à mener. Les porteurs de projet répondaient peu ou longtemps après. Au fur et à mesure de mon voyage, le vélo prenait beaucoup de place dans mon quotidien. Enfin, deux missions en freelance sont venues s’ajouter à mon programme.

Devenu une source de stress trop importante, j’ai peu à peu fait évoluer ce projet (même si j’interview encore des porteurs de projets de temps en temps sur la section « entrepreneurs » de mon blog). De l’autre côté, nos lecteurs, nous posaient de plus en plus de questions sur le vélo, ses aspects techniques, nos ressentis en route. Nous nous sommes donc un peu plus penchés sur cet aspect-là !

Sur un aspect personnel, l’objectif ici, c’était plutôt de revenir à une vie normale. Comme je le disais tout à l’heure, la vie de salariée ne me convenait pas. J’étais si stressée qu’il m’a fallu 4 mois pour me détendre un peu et recommencer à dormir normalement. Le voyage à vélo a cette faculté exceptionnelle de t’enfermer dans une bulle de détente absolue.

3 – Une telle aventure, ça se prépare comment ? et avec quel budget ?

Lever de soleil sur le lac d’Ohrid en Macédoine / Crédit photo : Entreprendre le Monde

Pour le voyage à vélo, tout ce qui compte, c’est le vélo en lui-même. Ça demande un petit budget au départ, mais ça n’a rien à voir avec ce que l’on dépense en transports dans un voyage traditionnel. Par exemple, mon vélo de voyage m’a coûté neuf et équipé environ 1000€ (sacoches incluses). J’aurais pu en prendre un d’occasion également et m’en sortir avec 300 ou 400€ comme Denni, mon partenaire, l’a fait. Et contrairement à un billet d’avion, rien n’est perdu dans cet investissement car on peut toujours revendre notre matériel !

Une fois le vélo, la tente, le réchaud achetés, il n’y a plus qu’à. On est totalement indépendant et si l’on souhaite dormir quelque part, on dort. Franchement, c’est rare que l’on vienne nous ennuyer. Toute la partie préparation concerne vraiment l’équipement. Rien ne sert de se prendre trop la tête sur le trajet, surtout si on prend des eurovélos (des pistes cyclables que l’on trouve partout en Europe). On ne sait jamais trop ce que le corps va nous dire, et si on pourra aller loin ou non aujourd’hui !

Concernant le budget, nous sommes partis avec environ 15 000€ de côté, mais avec mes missions de Freelance et la vie de cyclistes qui coûte peu chère (on dépensait parfois moins de 600€ à deux dans le mois !),  nous avons presque toujours le même montant de côté, un an plus tard !

4-  Où es-tu à l’heure actuelle et qu’y fais-tu ?

Dans les petites routes de montagne du Piémont, dans la région de Cuneo, Italie / Crédit photo : Entreprendre le monde

Actuellement, je suis en Italie, chez Denni. Je bosse à fond sur notre blog et j’essaie de rendre les derniers articles qui m’ont été commandés à côté. On rentre aussi tout juste de deux mois de voyage au Panama et Costa Rica où nous n’avions pas nos vélos. Nous avons trouvé qu’ils nous avaient manqué. C’est donc la dernière fois que l’on voyage en sac-à-dos et sans nos vélos !

5 – C’est quoi la prochaine étape ?

Sur le lac Shkodra en Albanie / Crédit photo : Entreprendre le Monde

Nous repartons sur nos vélos en avril, direction le salon des blogueurs de voyage, qui se tiendra à Millau du 22 au 25 avril. On travaille beaucoup sur notre blog et on commence à avoir des propositions intéressantes le concernant. Notre ambition est de pousser les gens à partir davantage à vélo ! 

On devrait par la suite repartir en direction de Brest, ma ville natale, pour se poser un ou deux mois avant de voyager à nouveau !

6 – Des projets entrepreneuriaux en rentrant en France ?

arrivée à la mer noire à Constanta en Roumanie, après avoir parcouru 4000km/ Crédit photo : Entreprendre le Monde

Je ne compte pas rentrer vivre en France avant un moment. J’ai décidé de mener une vie de « digital nomad ». On verra combien de temps cette vie sera envisageable, mais pour l’instant, ça me plait !

En revanche, j’ai effectivement un gros projet entrepreneurial avec Denni qui concerne évidemment le voyage à vélo. Pour l’instant, je ne peux pas trop préciser ce que l’on a en tête, mais d’ici quelques temps, vous devriez le voir apparaitre en ligne. La seule chose, c’est qu’en étant itinérants, nous mettons bien plus de temps que prévu à nous lancer ! Pour moi, c’est bien, car même si je travaille beaucoup, le voyage m’impose de prendre du temps pour moi. Ce que je ne faisais pas du temps d’Octopousse. Et c’est salvateur !

 

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Marie Bellenger : l’authenticité et l’adaptabilité au service d’une communication responsable

Marie Bellenger est une communicante de l’ESS. En 2014, au même moment que la naissance de la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire, elle fonde Rhizcom, son agence de communication responsable. Quatre ans plus tard, Rhizcom est en plein essor et se régionalise. Les clefs d’un tel succès ? Une véritable connaissance du secteur de l’ESS et une authenticité de l’agence par le travail de sa fondatrice, Marie. 

1 – Peux-tu te présenter ?

Crédit Photo : Marie Bellenger

Et bien bonjour, moi c’est Marie 🙂

Je suis creusoise d’origine, et citoyenne du monde. J’ai co-fondé Rhizcom, l’agence de conseil communication de l’innovation sociale en en 2014.

Après des études qui m’ont notamment amenée à vivre 3 ans à l’international, un MBA en Communication en poche, et avoir fait mes armes dans une agence digitale je me suis tournée assez naturellement vers l’entrepreneuriat.

Avec le combo d’un parcours “très classique” et les valeurs humanistes dans lesquelles j’ai grandi, lorsque j’ai découvert l’économie sociale et solidaire, c’était comme une évidence  : j’ai toujours voulu entreprendre mais je n’avais LA grande idée dans laquelle je pouvais me lancer.  J’ai fini par trouver mon idée pour changer le monde à mon échelle en mettant à profit mon expertise en communication pour soutenir des projets qui veulent changer le monde, tout en pratiquant la communication à ma façon, plus responsable, en cohérence avec mes valeurs.  L’idée clairement est de pouvoir démocratiser l’innovation sociale, l’ESS, l’entrepreneuriat social et tout ce nouveau monde demain auquel je crois !

 

2 – Tu es la fondatrice de Rhizcom, agence de com responsable, comment définirais-tu l’éthique de l’agence ?

 

Je ne sais pas si l’on peut parler d’éthique, néanmoins Rhizcom est une agence qui a un socle de valeurs fortes, basées sur nos valeurs personnelles. Nous mettons notre expertise en communication à contribution, en ayant à coeur de diffuser des pratiques plus vertueuses et durables de ce qu’il peut se faire actuellement. La communication a de belles qualités quand elle est responsable !

Nous nous adaptons continuellement à nos clients pour pouvoir répondre à leur demande en fonction de leur budget mobilisable. D’une solution clé en main à un accompagnement mensuel, voire la proposition d’atelier de transfert de compétences, chacun peut y trouver son compte pour pouvoir structurer, optimiser sa communication et entrer en affinité avec son audience.

Ainsi, nous souhaitons démocratiser l’innovation sociale, en soutenant toutes les organisations qui souhaitent évoluer vers des pratiques plus responsables, pérennes et durables, qu’il s’agisse d’une petite association à une entreprise “traditionnel”.

 

3 –  Comment expliques-tu le succès de Rhizcom, dans un secteur aussi fragile que l’ESS ?

De gauche à droite : Céline Helias coordinatrice du Mouves IDF, Alice Barbe directrice de Singa France et Marie Bellenger

Je crois que cela vient de 2 facteurs : l’authenticité de notre démarche, et notre adaptabilité.

Tout le monde à besoin de communiquer pour se faire connaître et toucher son public. Néanmoins les structures de l’ESS ont relativement peu de fonds à allouer à leur communication, et ont d’autant plus besoin d’allouer leurs ressources de manière judicieuse. Avec Rhizcom, je cherche à donner à toutes ces structures les moyens de structurer leur communication et de s’autonomiser sur ces sujets. Contrairement à certaines agences qui pourraient refuser des clients en dessous d’un certain budget disponible, nous innovons et essayons toujours de trouver une solution pour répondre au besoin de nos clients, sans pour autant faire du bénévolat. Si les budgets alloués à la com’ sont peu élevés, je peux proposer un accompagnement pour que les équipes terrain des différentes structures puissent construire une stratégie et un plan de communication, et nous le construisons ensemble. Je propose aussi des formations en présentiel pour inculquer les bases de la communication.

Je peux même endosser la casquette de Directrice de la Communication pour piloter des chargés de communication et / ou stagiaire pour des structures au quotidien. Je pense que cette adaptabilité est une force qui plait beaucoup, surtout dans l’ESS !

Pour le côté authentique, c’est ce qui me caractérise ! Finalement, je m’applique les principes de la communication responsable ! Je suis vraie, notre démarche est vraie et sincère, basée sur la confiance. Et à partir de là le bouche à oreille se fait 🙂

 

4 – Marketing et ESS, ce sont deux termes antinomiques ?

CES 2018 à Las Vegas en janvier, avec Armony Altinier directrice de Koena, sur le stand de la French Tech

Effectivement, au début on peut se poser la question, et c’est souvent l’idée qui prédomine. L’image du marketing et de la communication a été salie par de mauvaises utilisation dans la société de consommation classique, simplement là pour créer des désirs et survendre des produits et services en trahissant la confiance des consommateurs.

Cependant, il faut prendre le marketing pour ce qu’il est : simplement un ensemble d’outils. Et comme tout outil, à chacun d’en faire un usage responsable ou non. Je suis plus que convaincue que l’on peut faire un usage responsable des différents leviers marketing : on ne survend pas un message, on essaye d’être le moins intrusif possible et surtout, on propose du contenu avec une réelle valeur ajoutée. Répondre à un besoin de la cible et non créer un désir. Considérer les personnes à qui on s’adresse et ne pas leur mentir pour vendre quelque chose, ne pas trahir la confiance qu’ils nous ont donné. Communiquer responsable tant sur le fond que sur la forme, c’est revenir à des principes simples et finalement plein de bon sens : sincérité, confiance transparence et cohérence.

 

5 –  Aujourd’hui, Rhizcom est une référence dans la communication responsable, comment vois-tu évoluer l’agence dans les prochains mois ?

Vincent Lhullier, rejoint Rhizcom en novembre 2017 / Crédit photo : Stella Peschel

Tout d’abord merci pour ce super compliment ! Pour la petite histoire, nous avons créé l’agence la même année que la structuration du secteur de l’ESS en 2014. Et tout comme pour le secteur de l’ESS, 2018 est une année charnière pour Rhizcom ! Je nous souhaite la même évolution, la même structuration.

Les équipes s’agrandissent petit à petit au sein de l’agence, avec notamment l’arrivée de Vincent pour mon plus grand plaisir, qui est un peu comme mon bras droit au sein de l’agence. En plus de nos bureaux à Paris, nous avons maintenant également des bureaux à Bordeaux depuis Juillet 2017. L’enjeu est de pouvoir continuer à pérenniser notre activité et continuer à démocratiser ce nouveau monde auquel on croit !  

 

Jacques-Antoine DELEVAUX : photographier la planète sans retouche

Jacques-Antoine Delevaux est un photographe engagé. Breton d’origine, il dénonce depuis 15 ans la pollution marine grâce à ses photographies prises en mer et sous-marines. Dans cette interview, il revient sur son parcours et sa collaboration avec de grands noms, son engagement environnemental et social et adresse ses conseils avisés aux jeunes photographes lancés dans ce métier passionnant mais néanmoins difficile !

 

1 – Qui est Jacques-Antoine DELEVAUX ?

Autoportrait de Jacques-Antoine DELEVAUX

Un homme qui est arrivé en 2003 à Paris pour faire de la photographie après avoir tout lâché (vie professionnelle comme ma vie personnelle). J’ai commencé comme assistant photographe, ce qui m’a rapidement fait voyager auprès de grands photographes. Au cours de ces douze années en tant qu’assistant photographe, je me suis spécialisé dans la lumière, qui est aujourd’hui ma valeur ajoutée.

Cette spécialisation m’a permis d’ouvrir mon horizon professionnel et de décrocher des contrats avec des agences de presse, mais également des personnalités. La première personne qui m’a fait confiance est Chantal Thomass, une grande référence dans la lingerie féminine avec qui j’ai collaboré pendant sept ans.

J’ai ensuite travaillé avec des réalisateurs au cinéma, en tant que photographe de plateau. Aujourd’hui, je me fais connaître en réalisant des portraits de personnalités (Chantal THOMASS, Pierre MENES, Mathieu DELARIVE, Darren TULETT, Jean-Marie BIGARD et dernièrement Paul WATSON).

Portraits de personnalités réalisés par Jacques-Antoine DELEVAUX

Aujourd’hui, j’aime travailler autour de l’humain, de ses valeurs, de sa singularité et de la mise en avant de la valeur ajoutée d’une personne. Pour cela, j’aime m’entourer d’une équipe de professionnels de l’image (assistant, maquilleur/coiffeur, styliste, etc.).

2 – En parlant de célébrité, comment développe-t-on sa notoriété en tant que photographe ?

 

Portrait de Chantal THOMASS

C’est d’abord le réseau et les rencontres qui créent des opportunités professionnelles dans l’univers de la photographie. J’ai en effet pu réaliser mes premiers portraits de personnalités parce qu’une porte s’était ouverte à moi en allant à la rencontre de nouvelles personnes. C’est notamment le cas de Chantal Thomass.

Pour me faire connaître, je me rends régulièrement à des événements où mes prospects se rendent. Dans un milieu très concurrentiel, si on est pas actif, on ne travaille pas. Quand on travaille dans le milieu de l’image, il faut être un bon communiquant pour être en adéquation avec ce que l’on vend. Plus généralement, en tant qu’entrepreneur, il faut communiquer pour se faire connaître. C’est pourquoi, il est impératif d’interagir avec son milieu.

J’engage également des démarches personnelles pour contacter mes prospects, notamment pour couvrir des événements. Il arrive également que des agences de people me contactent pour des missions dans un nouvel univers. Si on est proactif, on rentre dans un cercle vertueux !

 

3 – Comment affirmes-tu sa singularité dans ton travail ?

Portrait de Paul WATSON, militant écologiste pour la protection des océans

J’ai un regard assez singulier sur les portraits : j’aime le noir et blanc et j’ai longtemps travaillé sur de la Scala 200 de chez Agfa (qui a disparue) mais j’aimais particulièrement le grain et la matière de cette pellicule. C’est pourquoi, j’ai travaillé pendant plusieurs mois pour retrouver le même effet en support numérique. Grâce au numérique, j’ai réussi à la transformer et à m’approcher du résultat qu’elle donnait.

Ce que j’aime avec le portrait, c’est que j’arrive à capter un regard, un instant T et même des émotions dont les modèles ne sont pas conscients ! Dans les portraits, je ne retouche aucune photo. C’est important pour mon sujet qu’il puisse se regarder tel qu’il est dans le portrait que je lui rends. Retoucher c’est mentir à soi-même. Je peux certes effacer un petit défaut de temps à autre, mais retoucher comme j’ai pu le faire en tant qu’opérateur numérique ou retoucheur quand je travaillais pour de grands photographes par le passé, je ne souhaite plus le faire.

La singularité des rides chez une personne âgée, par exemple, c’est beau. Dans ce cadre, j’ai photographié l’un des plus vieux marathoniens français, sans artifice aucun.

Portrait de Pierre SABLE, marathonien de 81 ans

4- A côté de ta collaboration avec des grandes marques, tu as également un engagement environnemental pour la protection de la planète qui se traduit à travers tes photos. D’où vient cet engagement environnemental ? Et comment se traduit-il dans ta photographie ?

Le reflex du gaspillage alimentaire qui est fait par les Hommes sur la faune marine. « 

Ma sensibilité pour l’environnement vient d’abord du fait que je suis Breton d’origine, et que j’ai grandi au bord de la mer. je suis sensible à la question de la pollution des mers et des océans. C’est le cas dans l’ostréiculture que je connais bien car j’y ai travaillé et j’ai vu les dégâts causés par les parcs ostréicoles (envasements sur la zone d’exploitation et les alentours des parcs voir dans des baies entières, appauvrissement des sols et de la faune et de la flore) et des conséquences dramatiques de l’abandon des filets et des casiers des pêcheurs.

Je suis également plongeur, j’ai navigué en bateau mais je suis également allé sous l’eau et c’est là que j’ai pu constater les dégâts de l’humanité sur son environnement au quotidien : de la canette de Coca à la bouteille en verre en passant par l’industriel qui jette ses produits.

Depuis plusieurs années, nous avons récolté des tonnes de déchets dans les fonds marins dans le club de plongée où je suis encadrant-instructeur pour les formations N1 et baptême de plongée et initiateur à la biodiversité marine. Nous partons avec plusieurs bateaux, des sacs et plongeons sur des sites pour nettoyer certaines zones de déchets sous marins (bouteilles en verre, morceaux de filets de pêche, casiers de pêche, moteur de bateaux, etc.).

En travaillant autour des produits de la mer avec un poissonnier, j’ai vu ce qu’il restait des poissons après le prélèvement des filets. Ces prélèvements montrent ce qui a été rejeté en mer ou dans des circuits de collectes d’ordures ménagères. Dénoncer le gâchis alimentaire et la sur-pêche est mon acte militant pour essayer de préserver une région que j’aime, la Bretagne mais aussi l’océan et la mer qui bordent celle-ci. C’est à nous d’agir pour notre planète !

« J’ai voulu travailler sur le sujet du gaspillage alimentaire et de la sur-pêche à travers une série de nature mortes mettant en valeur les déchets de poissons que nous trouvons dans nos étales de poissonnerie. » 

 

Les particuliers comme les professionnels ont leur part de responsabilité dans les déchets marins. A Paris, je constate le même problème dans mon quotidien sur le plan fluvial avec la montée des crus de la Seine qui a révélé deux mètres de hauteur de plastique. Ceci est la partie visible de l’Iceberg pour cette pollution fluviale. Le gros problème reste aujourd’hui que les citoyens ne  ne prennent pas conscience du fait qu’ils polluent leur environnement au quotidien.

Mon engagement s’est construit au fur et à mesure des années et des déchets : je réalise depuis maintenant quinze ans des photos sous-marines et je travaille avec des professionnels engagés dans l’environnement.

Depuis quinze ans, j’ai vu des milieux se transformer : J’ai découvert par le passé des sites vierges et voir leurs changements cinq années plus tard en les retrouvant totalement dévastés, victime d’un envasement (une pollution avérée).

Aucune taxe n’est fait pour ces professionnels qui se font de l’argent.

Aujourd’hui je réalise principalement des photos de déchets marins pour sensibiliser le grand public à cette cause environnementale. La transparence fait partie de ma touche personnelle pour dénoncer ces comportements humains.

Je travaille avec des organisations environnementale pour permettre aux citoyens de prendre conscience de notre impact sur la planète. C’est pourquoi, je veux montrer ce qu’on pourrait faire pour changer l’environnement au quotidien : la consigne de verre est un très bel exemple !

5 –  Tu as également un engagement pour soutenir le handicap, peux-tu en parler ?

Journée: « Je suis Sur Mesure « 
Stade Louis Lumière, 30 Rue Louis Lumière, 75020 Paris

J’ai eu un accident en 2005 qui m’a coûté plusieurs semaines en fauteuil roulant et des mois de rééducation. C’est à ce moment que j’ai réalisé que l’accessibilité n’est pas pour tous et en tout lieu. J’ai voulu le démontrer en photo et dans des actions avec des amis handicapés.

Suite à cela, un projet a mûri et je souhaite réaliser documentaire et une exposition sur le regard sur le handicap. Plusieurs personnes ont répondu présentes pour le projet et maintenant il me faut trouver les financements pour pouvoir le réaliser.

Je me fixe comme objectif de le présenter  pour Paris 2024, car je compte mettre en avant la dimension sportive du handicap.

Dans ce cadre, je travaille avec des associations et sportifs comme Michael JÉRÉMIASZ mais aussi Ryadh SALLEM, Ismaël GUILLIORIT et Jean-Baptiste ALAIZE.

Avant cela, j’aimerais communiquer avant auprès des écoles, et surtout des enfants pour faire changer les mentalités et les regards à partir de 2020.

 

6 – Des conseils pour les jeunes photographes qui débutent ?

Commande Artistique sur les fruits et légumes Choux Romanesco et la framboise – Ardoise – Saison – Styliste: Marion MINET Photographe: Jacques-Antoine DELEVAUX Copyright: © Jacques-Antoine DELEVAUX Photographe All Rights Reserved 2017 

L’âge d’or de la photographie avec l’argentique s’est terminé dans les années 90-2000. Le numérique a pris sa place majoritairement à partir de 2005. La photographie est un art qui a toujours été abandonné des pouvoirs publics : il n’y a aucune réglementation sur les tarifs, et nous sommes en concurrence avec des startups qui cassent les prix pour fait du chiffre mais sans soucis de produire un travail qualitatif. Ces circonstances dévalorisent le métier de photographe. Tous les jours, de nombreux photographes mettent la clef sur la porte.

Les jeunes photographes arrivent avec une connaissance de la nouvelle technologie, ce qui est un avantage par rapport à leurs ainés. Et paradoxalement, je pense que tout jeune photographe doit commencer par apprendre les techniques de l’argentique pour comprendre son métier.

N’oublions pas non plus que nous sommes à l’ère du numérique « gratuit ». Les photographes sont en concurrence avec les smartphones et les publications instantanées sur les réseaux sociaux. Il faut donc savoir s’adapter pour survivre. Mais à quel prix !! 

Le problème majeur aujourd’hui est que les jeunes photographes se vendent au rabais pour décrocher leur premier contrat. Les clients s’habituent donc à des tarifs très bas.  Pour se respecter en tant que photographe et respecter la photographie, il faut refuser de se brader !

En 2018, c’est compliqué de dire à un jeune photographe « tu peux en vivre ». Pour en vivre, il faut trouver sa niche avoir une spécialisation très forte avant tout, et surtout savoir vendre sa touche personnelle.

Pour finir, je dirais que c’est à nous, photographes de défendre notre métier en étant solidaire. Or aujourd’hui notre problème est que nous ne savons pas nous mobiliser pour sauver notre métier.

7- Où peut-on te trouver ?

On peut me retrouver sur mon site internet , mon compte Instagram et ma page Facebook.

Vous pouvez aussi m’appeler pour prendre rendez-vous ou pour une prise de vue, j’en serai ravi !

Je vends des tirages d’art numérotés et signés (paysages, portraits, ambiances, nature morte) mais aussi et surtout les portraits que je réalise.

Par ailleurs, je cherche un lieu d’exposition pour une prochaine exposition sur le handicap, et je suis ouvert à toutes proposition !

 

 

Candice Capelle : l’entrepreneuriat au service de l’intrapreneuriat

Candice Capelle fait partie de cette catégorie de personnes inclassables qu’on appelle slasheurs. Démissionnaire d’un CDI à 23 ans en gardant le sentiment d’être inadaptée à l’entreprise, elle décide de mener de front ses différents projets à fort impact social avec une énergie étonnante : organisatrice de Startup weekends, Ambassadrice à la Fabrique Aviva pour Makesense et cofondatrice de startups. Là où certains prônent l’entrepreneuriat, Candice se bat pour que les salariés puissent eux aussi trouver leur place dans l’entreprise. Echange avec cette jeune multipotentielle engagée.

1-  Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Candice Capelle

 

Je m’appelle Candice Capelle, j’ai 25 ans, et je suis co-fondatrice de WeShape_lab, le 1er Open Lab dédié à l’empowerment des salariés en entreprise !

J’ai un parcours assez classique : BAC S, classe préparatoire ECS, Grande Ecole de Commerce (Skema Business School) puis Master Entrepreneurship & Innovation.

J’ai fait beaucoup de jobs étudiants pendant mes études (McDonald’s, Subway, Carrefour City, cours particuliers…) et de nombreux stages (communication, community management, événementiel, gestion de boutique…), puis en sortant d’école, j’ai trouvé un CDI en tant que consultante en systèmes d’information (gestion de projets informatiques) dans un grand groupe.

Malheureusement, je n’ai pas trouvé ma place à ce poste : manque de sens, de créativité, d’autonomie… Tout cela était bien loin de ce que j’avais appris en Master Entrepreneuriat ! Je suis partie très vite, avec un sentiment d’inadaptation à l’entreprise…

2- Organisatrice de Startup Weekends, Ambassadrice à La Fabrique Aviva pour Makesense, cofondatrice de startups, te qualifierais-tu de Social Slasheuse ?

 

Crédit photo : Startups Weekend

Je me reconnais tout à fait dans le terme de « slasheuse », puisque je cumule plusieurs activités en parallèle : entrepreneure, freelance, bénévole. C’est pour pouvoir être sur plusieurs fronts et être indépendante dans mes projets que je ne suis pas restée salariée d’une entreprise.

Quant au terme « social slasheuse », je n’y avais pas réfléchi, mais c’est vrai que le fil conducteur de mes différents projets est le sens et l’impact social ! La Fabrique Aviva et les Startup Weekend pour aider les entrepreneurs sociaux à éclore, et mes projets entrepreneuriaux pour faire bouger les lignes en entreprise et améliorer la vie des salariés !

3- Tu as cofondé WeShape_lab, une association qui a pour but de sensibiliser aux différentes formes d’empowerment des salariés en entreprise. Quelle est votre approche ?

Notre objectif avec WeShape_lab, c’est que chaque salarié en entreprise puisse trouver sa place et la prendre.

La France est le pire pays en Europe en matière d’engagement des salariés : 65% des salariés ne sont pas engagés et 26% sont activement désengagés. Si l’entreprise était une barque avec 10 personnes à l’intérieur, 1 personne ramerait dans le bon sens, 3 ne rameraient pas et 6 rameraient dans le mauvais sens…

« La moitié des Français n’est pas satisfaite de son travail ! »

Imaginez les effets négatifs en termes de performance économique des entreprises et du pays, d’innovation, mais surtout en termes de bonheur !

L’équipe de WeShape_lab est composée en grande partie d’anciens salariés devenus entrepreneurs parce qu’ils ne trouvaient pas leur place en entreprise. Nous sommes partis du postulat que tout le monde ne peut/veut pas devenir entrepreneur, et nous avons décidé d’aider tous ces gens à trouver leur place en entreprise et à la prendre !

Nous nous sommes intéressés à ceux qui avaient réussi à le faire ; non pas les parcours classiques d’évolution interne, mais plutôt les profils un peu atypiques qui avaient eu accès à un parcours particulier, comme par exemple un parcours intrapreneur (c’est-à-dire devenu entrepreneur au sein de son entreprise).

Lorsque nous en parlions autour de nous pour redonner espoir à ceux qui se disaient bloqués à leur poste, nous nous sommes rendu compte que les gens ne savaient pas que ce type de parcours existait ou alors qu’ils ne savaient pas comment y accéder.

C’est pourquoi nous avons décidé de créer un média pour sensibiliser les salariés aux différentes formes d’empowerment qui existent : développement professionnel, corporate hacking (l’art de contourner les règles de l’entreprise sans les enfreindre) et intrapreneuriat.

Nous réalisons des interviews sous format podcast d’intrapreneurs, de corporate hackers et de salariés avec un parcours atypique, afin de faire bénéficier notre communauté de leurs retours d’expérience. Notre objectif est que chacun puisse recevoir leurs conseils opérationnels et les adapter à leur situation pour monter en puissance dans son entreprise.

Nous proposons également des événements (workshops, conférences, formations) au grand public et aux entreprises, pour avancer sur le sujet, grâce à nos intervenants.

Nous voulons vulgariser au maximum les différents sujets et les rendre accessibles au plus grand nombre. Nous souhaitons enfin initier des collaborations entre les salariés via notre communauté et entre les structures qui œuvrent pour le bien-être au travail ou les nouveaux modes de management via la création d’un écosystème.

4- Tu viens d’écrire un article « Multipotentiels : sommes-nous condamnés à entreprendre ? » publié sur Medium dont le titre éveille la curiosité. L’entrepreneuriat, c’est le choix par défaut de ceux qui n’arrivent pas à rentrer dans l’éco-système du salariat ?

Couverture de l’article de Candice sur Medium

Ce titre est en effet très évocateur du mal-être des multi-potentiels et à leur difficulté à trouver leur place dans les entreprises classiques.

Pour expliquer brièvement le terme multi-potentiel qui est un peu un fourre-tout, il désigne les personnes qui excellent dans de nombreux domaines sans lien apparent entre eux (la politique, la cuisine et l’écriture par exemple). Les multi-potentiels sont curieux, efficaces, s’ennuient vite…Difficile de caser ce genre de personnalité dans une entreprise, et en particulier en sortie d’études !

« Quand on est capable de faire de la gestion de projet, de la communication, de l’événementiel, d’écrire et de travailler sur la stratégie, l’innovation, ou des sujets techniques, c’est compliqué de trouver un emploi où l’on puisse s’épanouir ! »

Je différencie l’entrepreneuriat du verbe entreprendre qui pour moi peut désigner plusieurs réalités : lancer de nouveaux projets dans son entreprise, faire du bénévolat dans une association, ouvrir une chaine Youtube ou un blog, devenir freelance ou monter sa boîte.

Je pense en effet que sans un cadre adapté à ce type de personnalités dans l’entreprise, les multipotentiels sont condamnés à monter leur propre structure. J’ai écrit l’article pour mon copain qui s’est vu refuser un poste auquel il convenait parfaitement car les employeurs avaient peur « qu’il s’ennuie ». Ca arrive assez fréquemment pour ce type de profil, car les entreprises ne sont pas capables de manager ces profils atypiques.  

5 –   Où peut-on te trouver ?

Crédit photo : FabTour

 

On peut me trouver sur Linkedin sur la page WeShape_lab mais également dans le 1er podcast de WeShape_lab :  et enfin en tant que mentor au Startup Weekend IoT Paris du 16 au 18 février.

 

Maxime de Beauchesne : Le prix libre comme outil de mesure d’impact !

Maxime est un humaniste. Il croit qu’en se reconnectant avec leurs convictions et valeurs, les Hommes seront amenés à mener des projets à impact positif. Fort de cette croyance, il pratique le prix libre pour ses prestations. Maxime fait le pari qu’en laissant un libre choix à ses clients, ils pourront l’évaluer à sa juste valeur. Et c’est d’ailleurs sur la question des valeurs que Maxime a construit son offre mais également ses projets entrepreneuriaux. Cofondateur de Pack Your Skills, il nous expliquera comment la définition de valeurs communes a été le pilier fondateur de son association.

1 –  Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Pack Your Skills

Je m’appelle Maxime et je suis avant tout Humaniste, c’est à dire que je crois que l’Homme est bon par nature (et j’essaye de vivre de cette conviction) !  Cette conviction est au coeur de ma philosophie de vie :  si chacun se reconnecte et s’aligne avec ses convictions, envies et valeurs profondes, alors il fera des choses positives.

En tant que slasheur, j’ai plusieurs activités bien distinctes, mais toutes ont pour fil conducteur ces convictions qui m’animent profondément.

« Pour changer le monde, je pense qu’il faut amener les individus à se réaligner »

Par ailleurs, le travail peut permettre de lier talents et aspirations, ce qui en fait une activité particulièrement pertinente pour s’aligner, s’engager et maximiser son impact. Dans tout ce que je fais, je cherche donc à aider chaque personne à aligner qui elle est et ce qu’elle fait dans son travail.

Concrètement j’accompagne des équipes (surtout startups) pour créer un environnement qui permettra à chacun de se sentir pleinement en phrase dans un projet. Je travaille également avec des individus (indépendants, intrapreneurs) pour les aider à savoir ce qu’ils veulent incarner ou avec des cofondateurs pour poser des bases solides. Mes accompagnements sont assez divers mais mes deux portes d’entrées sont souvent les mêmes : la raison d’être du projet et les valeurs de l’équipe. 
De plus, pour sensibiliser un maximum de personnes, j’interviens en tant que conférencier et donne des cours en écoles et universités.
Enfin, j’ai co-fondé une association qui propose une offre de volontariat et qui porte la même ambition : Pack Your Skills.

En dehors du travail, je suis aussi plein d’enthousiasme et résolument optimiste, (je rêve de changer le monde), je suis un bobo écolo parisien : j’aime les lieux alternatifs et je participe dès que je peux à des évènements autour de l’entrepreneuriat social. Quand il s’agit de lâcher prise, on me trouvera autour d’une bonne bière, dans une salle de concert ou en haut d’une montagne !

2 – En tant qu’indépendant, tu travailles sur les valeurs et la raison d’être des individus et entreprises : pourquoi est-ce important de les définir ?

Crédit photo : ©Kay Salera Photography

La raison d’être c’est le sens, la vision, l’ambition d’un projet ou d’une activité. Elle donne de la cohérence dans l’action et permet de motiver l’ensemble des parties prenantes (salariés, bénévoles, clients, partenaires, etc.). Partir de la raison d’être permet aussi de se détacher de ce qu’on fait concrètement en se concentrant sur ce à quoi on veut servir. L’offre n’est donc plus vue comme une finalité mais comme un moyen. Ça aide bien souvent à être plus innovant et à faire des choix stratégiques.

« La raison d’être permet aussi de se détacher de ce qu’on fait concrètement en se concentrant sur ce à quoi on veut servir »

 

Les valeurs quant à elles sont un levier de cohérence dans les relations humaines. Au quotidien, nos valeurs nous servent lorsque l’on doit prendre des décisions et savoir quel comportement adopter. Construire une relation basée sur les valeurs (en équipe ou avec des parties prenantes extérieures) permet de faciliter les interactions et de garantir une cohérence naturelle.

Les valeurs sans une raison d’être partagée sont comme un groupe d’amis qui ne partage pas de motivation forte. A l’inverse une équipe qui porte une même raison d’être, mais ne partage pas de valeurs est une équipe dans laquelle on risque de créer du conflit et/ou du mal-être.

Ces deux composantes sont inséparables et sont particulièrement pertinents pour construire une fondation solide.

3 -Freelance, tu pratiques le prix libre : pourquoi ce choix (et est-il rentable)?

Crédit photo : ©Kay Salera Photography

L’approche sur les valeurs que nous avions en interne chez Pack Your Skills a attisé la curiosité d’entreprises qui sont venues me voir pour savoir comment la mettre en place chez eux. Je leur ai proposé d’animer une journée de séminaire en interne, mais je n’avais pas véritablement imaginé cela comme une prestation jusqu’à ce qu’ils me demandent mon tarif.  Ma réponse spontanée a été de leur dire que je faisais ça pour les aider et que s’ils souhaitent me payer, ils pouvaient donner ce qu’ils souhaitaient.

Ayant vraiment aimé ces animations, je me suis mis à l’envisager comme une offre de prestation. Mais très vite le syndrome de l’imposteur a fait surface. Pour y remédier, j’ai proposé mes offres autour de moi en offrant la possibilité de choisir le tarif à la fin. C’était une manière de dire « je viens avec l’intention de vous aider, mais c’est vous qui valoriserez cet accompagnement en choisissant le prix ». Dans un premier temps ça m’a donc permis de construire mon sentiment de légitimité et de me créer des références. Aujourd’hui j’ai décidé de garder ce fonctionnement car je le trouve très puissant (et que même si j’ai moins de visibilité, ça marche).

 

«Je viens avec l’intention de vous aider, mais c’est vous qui valoriserez cet accompagnement en choisissant le prix»

 

Tout d’abord, c’est un levier d’impact pour toucher tous ceux qui voient un intérêt dans mes services (tout budgets confondus). Je touche donc plus de personnes et surtout des projets de nature et maturité différentes.

Ensuite, c’est un levier d’innovation. Si j’avais fixé un prix, il aurait fallu que je définisse mon offre pour exprimer à quoi correspondait ce prix. A l’inverse, aujourd’hui je communique sur mes convictions, mes intentions et la philosophie derrière mes accompagnements. Certaines offres commencent à revenir régulièrement comme les séminaires d’une demi-journée sur les valeurs ou sur la raison d’être. Cependant, de nombreux prospects perçoivent un intérêt et me demandent si je pourrai intervenir dans tel ou tel contexte. C’est notamment comme ça que j’ai commencé à travailler avec une grande banque sur une dynamique intraprenariale (avec qui je pratique aussi le prix libre).

 

« Je pratique le prix libre dans mes prestations avec un banque »

 

Enfin, c’est particulièrement cohérent avec mes valeurs. Deux des valeurs que je mobilise très souvent sont la confiance et l’honnêteté intellectuelle. Or, je pense que la puissance de mon accompagnement dépend aussi des personnes qui sont face à moi. L’éthique est la mise en pratique des valeurs, ce qui fait qu’elle est donc très personnelle et qu’elle se traduit différemment pour chaque personne. Chez moi, une des mises en pratique de l’honnêteté intellectuelle se traduit par la possibilité laissée aux participants de pouvoir exprimer à combien elles valorisent mon travail. La seule indication que je donne toujours est le temps que me prend la préparation de mes animations (je l’exprime d’ailleurs dans les devis et factures). C’est aussi pour moi aussi une bonne base pour une relation professionnelle de confiance.

Finalement, j’aime l’idée que tout ce que je fais va dans une direction en corrélation avec mes valeurs. Les seuls critères que j’applique vraiment pour savoir si j’accepte ou non une mission sont « est-ce que j’ai envie de la faire » et  « est-ce que j’ai le temps et l’énergie pour bien la faire ». Bref, le prix libre m’a aidé à construire la confiance que j’avais dans mes accompagnements et de créer mes premières références. Aujourd’hui, il me permet de toucher plus de monde et de créer des nouveaux accompagnements, c’est un combo gagnant !

 

4 – Que peut-on te souhaiter pour les mois à venir ?

Crédit photo : Pack Your Skills

Un des membres de la dernière équipe que j’ai accompagnée m’a dit que je  » réenchantais les projets et que ça devait être hyper gratifiant « . Ça l’est, c’est évident. Aujourd’hui je m’éclate en faisant ces accompagnements dans beaucoup de projets différents. Je rencontre, dans une certaine intimité, des fondateurs et des équipes que j’admire et qui m’inspire. Du coup, j’ai très envie que cette dynamique continue. L’enjeu pour pouvoir continuer à le faire complètement en prix libre, c’est de le faire pour un maximum de projets, alors je veux bien qu’on me souhaite un maximum de missions 🙂 !

Vous pouvez contacter Maxime par mail, Linkedin et Facebook 🙂