Rebecca Sfedj : la multipotentialité au service de l’entrepreneuriat social

J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Rebecca Sfedj, une jeune entrepreneure slasheuse et multipotentielle.  Après s’être longtemps sentie handicapée de ne pas avoir trouvé sa voie, Rebecca a décidé d’être heureuse pour apprendre aux femmes et aux hommes à l’être à leur tour.  

Conférencière, formatrice, coach et co-fondatrice des associations NOISE et Coexister Paris-Nord, Rebecca se nourrit d’influences positives pour devenir à son tour leader d’opinion. La richesse de son parcours, ses engagements associatifs, sa rencontre avec l’entrepreneuriat social et sa foi en l’humanité sont des sujets sur lesquels nous avons échangé pendant près de deux heures de conversation téléphonique.

Cet interview est donc la retranscription d’un échange passionnant entre deux entrepreneuses du changement.

1- Coach, entrepreneure, conférencière, co-fondatrice de deux associations (Noise et Coexister Paris-Nord), comment te présenterais-tu?

Crédit photo : Neigel Marx Photography

Excellente question ! J’ai beaucoup de mal à me présenter et me définir par mon métier, parce que j’ai beaucoup de casquettes, qui ne sont pas forcement comprises de tous…et un jour j’ai trouvé un terme pour me définir qui est le terme de slasheuse !

Une slasheur c’est quoi ? Une personne qui concilie différents emplois. Dans mon cas, c’est par passion et envie d’avoir des identités multiples. Aujourd’hui je me retrouve beaucoup dans cette identité de slasheuse entrepreneuse, avec différentes casquettes :

  • Je suis coach en développement personnel et professionnel
  • Conférencière pour des sujets très divers, notamment liés à l’ESS, l’innovation sociale, l’entrepreneuriat, l’interreligieux et le vivre ensemble
  • Formatrice en intrapreneuriat

A coté de ces trois casquettes professionnelles, je me définis également comme une Project leader, en développant des projets et des communautés ;

Ma première communauté a été Cheer Up, une association inter-écoles qui accompagne des jeunes malades du cancer à réaliser des projets personnels. Mon rôle à Cheer Up a été d’aller voir ces jeunes malades et les aider à rester motivés et à se connecter à leurs envies pour pouvoir créer des projets de vie qui les gardent motivés dans la lutte contre la maladie . Déjà à l’époque, je coachais sans m’en rendre compte.

Après être restée quatre ans à Cheer Up, j’ai eu envie de créer ma propre fédération associative en gardant l’idée d’accompagner les jeunes dans leur développement personnel mais avec l’envie d’instaurer une gouvernance plus collaborative, et c’est dans ce cadre que j’ai cofondé l’association NOISE (Nouvel Observatoire de l’innovation Sociale et Environnementale), au sein mon école*. Le NOISE a pour but d’aider les jeunes à trouver leur voie et mobiliser leurs talents dans des projets sociaux et environnementaux. L’association existe depuis maintenant six ans grâce à mes co-fondateurs Maëva Tordo  et Pierre-Alexis L’Ecuyer, ainsi qu’aux 500 étudiants de nos huit écoles qui créent le Noise aujourd’hui.

Aujourd’hui, j’anime une autre grande communauté, Coexister, qui est un mouvement inter-convictionnel de jeunes croyants et non-croyants, pour le vivre ensemble. Nous oeuvrons à la cohésion sociale par le biais de trois piliers : le dialogue inter-convictionnel, les actions de solidarité, et les ateliers de sensibilisation en milieu scolaire pour déconstruire les préjugés identitaires et sensibiliser à la laïcité dans le contexte français.

 

2- En tant que coach, comment accompagnes-tu les individus dans la conduite du changement ?

Séance de coaching collectif avec Rebecca – Poser ses intentions en 2018

 

Aujourd’hui, je me forme au coaching par les neurosciences, et parallèlement, je coach en individuel sur des thématiques de développement personnel et professionnel en aidant les personnes à trouver leur vocation et construire une voie tout au long de leur vie. Pour cela, j’utilise les canaux de l’estime de soi, du leadership entrepreneurial, de l’orientation, de l’équilibre de vie et de l’excellence relationnelle.

J’aime beaucoup coacher des personnalités shasheuses comme moi et arriver à les aider à concilier plusieurs casquettes. J’aime aussi coacher des profils entrepreneuriaux et qui prennent des initiatives, et enfin des personnes engagées à œuvrer pour un monde meilleur.

« Mon axe directeur c’est d’apprendre à m’aimer et à me réaliser pour aider les autres à en faire de même »

 

Je propose aussi du coaching collectif en participation consciente pour permettre à tout le monde de participer. Pour cela, je guide les participants dans leur introspection grâce à la force de l’intelligence collective. Cette méthode leur permet de poser des intentions claires sur leur avenir et les traduire en action à mettre en œuvre eux-même pour mener une vie qui leur correspond et les inspire. L’idée c’est de leur permettre d’être proactifs dans le pilotage d’une vie qui leur correspond ! Mon axe directeur c’est d’apprendre à m’aimer et à me réaliser pour aider les autres à en faire de même.

3 – Comment en es-tu venue à travailler dans l’ESS ? Quelle a été ta formation initiale ?

 

Animation par Rebecca Sfedj de la conférence « L’art de la communication pour mieux vivre ensemble » (2016) organisée par l’Association des Etudiants Musulmans de Dauphine

J’ai longtemps été perturbée par le fait de ne pas savoir ce que je voulais faire dans la vie. Je le vivais comme un handicap. C’est pourquoi j’ai essayé de m’ouvrir le plus de portes possibles pour ne pas avoir à choisir. Au lycée, j’ai donc choisi de faire un BAC S pour poursuivre une licence d’économie et de gestion à Paris Dauphine, une filière très généraliste ou je touchais à tout (maths, sociaux, économie, gestion et langues…)…et pourtant  j’ai eu du mal à trouver du sens au début de mes études qui manquaient d’humain, d’action et d’impact.


« Je suis tout de même reconnaissante au système éducatif français qui est certes, défaillant, mais qui a le mérite d’être abordable et créateur d’opportunités et de liens sociaux à qui se responsabilise dans son parcours »

 

Par ailleurs, j’ai trouvé beaucoup de ressources dans le paysage associatif qui m’a ouvert les portes de l’Economie Sociale et Solidaire, sans pour autant penser à en faire un métier.

Mais en Master, j’ai découvert l’entrepreneuriat social, qui m’a permis d’associer mes compétences en gestion à mon intérêt pour l’impact social. Et à ce moment là, je me suis dit « attends c’est possible de concilier les deux et personne n’est au courant dans mon école et personne ne nous l’apprend ! »

C’est à ce moment que j’ai crée le NOISE, une école de l’innovation sociale pour être un intermédiaire de qualité entre le monde de l’ESS et l’Ecole.

En parallèle de la création du NOISE, j’ai fait une année de césure pour tester de nouvelles expériences et savoir quoi faire dans ma vie tout en restant très ouverte au domaine de l’éducation et de la formation. J’ai donc entrepris une expérience dans le conseil dans l’Enseignement Supérieur en France, puis une autre expérience dans une ONG spécialisée dans l’empowerment pour l’égalité Homme/Femme en Israël, une mission à l’Ambassade de France aux Etats-Unis sur la coopération Franco-Américaine et une expérience de bras droit d’entrepreneur dans la startup sociale On Purpose qui accompagne les reconversions de carrières dans l’économie positive.

Toutes ces différentes expériences m’ont fait comprendre que ce j’ai préféré, c’était de créer mon association (le NOISE) et rassembler des citoyens autour d’une vision commune et de mettre en place un environnement dans lequel ils prennent plaisir à se développer, à développer leurs projets et à devenir la meilleure version d’eux-mêmes.

« Pour avoir plus d’impact et de plaisir, je m’entoure moi-même de gens meilleurs que moi dans leur domaine et c’est ce qui rend les projets sur lesquels on oeuvre ensemble extraordinaires ! »

 

Forte de ces expériences , j’ai choisi de poursuivre mes études avec un Master 2 en entrepreneuriat à Dauphine (Oui oui j’ai fini par réussir par être passionnée par mes études !!) et un stage de fin d’études chez Ticket for Change. J’ai trouvé l’expérience dans cette jeune startup très inspirante, et j’ai appris énormément aux côtés de l’équipe.

4 – Et après les études, l’entrepreneuriat ?

Rebecca – responsable de l’entrepreneuriat étudiant à ESCP Europe (Juin 2017) – Crédit photo : © Rolex – Thomas Campion 

Après deux ans de poste, je décide de devenir à mon tour entrepreneure du changement ! Et même si j’ai accompagné tous ces entrepreneurs depuis le début de mon cursus, me lancer à mon tour était une chose qui me faisait peur !

Pour finir mon cursus très porté sur l’éducation, je trouve mon premier poste dans une école en devenant responsable de l’entrepreneuriat étudiant à ESCP Europe, qui m’a également permis d’accompagner les acteurs du changement.

« Pendant longtemps je n’ai pas osé me lancer parce que j’étais amoureuse d’initiatives comme So Many Ways ou Switch Collective ».

 

Et c’est en recevant de plus en plus de demandes par messages et par mail, que j’ai compris qu’il y avait un besoin en accompagnement, et qu’il était temps pour moi de proposer une solution à ma façon.

A l’aide de mes différentes casquettes de coach/conférencière/formatrice, j’ai le projet de vouloir créer un incubateur de talents pour aider les jeunes à construire leur vocation tout au long de leur vie en étant accompagnés par une communauté d’entraide de coachs, formateurs, mentors et conférenciers. Cette équipe d’accompagnateurs permettra aux jeunes talents de baigner dans le bon écosystème pour se réaliser. L’idée est de leur permettre de créer un lien entre le développement de leur talents et les besoins du monde.

5- Aujourd’hui, après 5 années d’études, on a l’impression de ne toujours pas savoir ce qu’on veut faire de sa vie et de ne pas avoir exploité son potentiel.

On se retrouve finalement à faire un job qui ne nous plait pas ou de faire un travail d’introspection professionnel. Pourquoi est-on si mal orientés en 2018 ?

Formation des jeunes cadres d’EDF : « Développer sa Carrière en fonction de ses Aspirations Personnelles et de ses Talents ». 

J’ai longtemps été très en colère contre l’éducation française. Et cette colère m’a fait du bien. Travailler dans une école m’a permis de prendre du recul par rapport à cette colère, en voyant comment fonctionnait réellement le système de l’intérieur : des contraintes quotidiennes financières, politiques et managériales peuvent freiner les meilleures intentions tout comme l’expertise, la réputation et le réseau peuvent accélérer les ambitions et l’impact.


« J’ai longtemps été très en colère contre l’éducation française »

 

Mais le problème de l’école c’est qu’elle ne nous apprend pas à être heureux, ni à comprendre les mécanismes du cerveau et des neurosciences qui sont responsables de notre bonheur. On n’apprend pas non plus à communiquer, à collaborer et à vivre ensemble…il y a tellement de choses essentielles à transmettre que tout ne peut pas reposer sur le système éducatif dans l’immédiat .

Je ne veux pas déresponsabiliser l’école, mais plutôt que de se focaliser sur la colère, je pense qu’il vaut mieux dépenser son énergie à des choses plus constructives comme chercher des réponses à ses questionnements et aller vers les structures qui peuvent nous y aider. C’est pour ça que je crée mon nouveau projet d’incubateur de talents que je vois comme un complément nécessaire à l’école traditionnelle.

6 – Dans une conférence TEDx en 2015, tu disais que tu n’avais pas trouvé ta voie, aujourd’hui à 26 ans, est-ce le cas ?

© Etienne Boulanger Photography

Oui et non. Je suis très alignée avec moi même avec mon métier de coach, en étant capable d’aider les gens à prendre confiance en eux et à atteindre leurs objectifs. Je considère ça comme un véritable pouvoir magique !

Mais ma vocation sera probablement amenée à évoluer car j’aurais sûrement envie de développer mes connaissances et compétences. Par ailleurs, étant très active, je me pose des questions par rapport à mon rythme : est-ce que je ne fais pas trop de choses ? Quand et à quoi renoncer ? 

Aujourd’hui mon job, c’est d’être heureuse pour apprendre aux autres à être heureux. L’objectif de mes journées c’est d’apprendre comment le cerveau fonctionne, apprendre les mécanismes du bonheur et les transmettre. Pour moi être coach fait complètement sens.

Je n’aime pas l’idée de comparer la vocation à un pseudo bonheur fantasmé. Le bonheur, c’est la bonne heure. C’est à dire, que c’est un état de quiétude à un moment donné. A trop se projeter, on risque de passer à côté du moment présent. Ce qui compte, c’est le moment présent car le passé n’existe plus, le futur est virtuel.

Pour moi, la vocation n’est pas une destination mais un chemin qui me permet de me rapprocher pas à pas de ma juste place : devenir toujours plus qui je suis vraiment et contribuer à ma façon, là où j’ai le plus de plaisir et d’impact.

Pitch de Rebecca à TEDx EM Lyon (décembre 2015)

7 – Quelles sont tes inspirations et sources d’énergie pour mener tous ces projets de front ?

Rebecca à la rencontre d’une de ses sources d’inspiration Sheryl Sandberg, numéro 2 de Facebook et défenseuse du leadership féminin chez Lean in (janvier 2018)

Très honnêtement ma première source d’inspiration ce sont mes proches. J’ai une motivation sociale et c’est d’ailleurs pour cela que je veux créer une communauté.

Il paraît que notre monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur, donc plus je suis alignée avec moi-même et plus j’attire des gens inspirants et plus je deviens à mon tour inspirante. C’est un cercle vertueux ! J’organise ma vie pour que tout devienne une source d’inspiration.

Ayant un emploi du temps extrêmes organisé (à trois mois), je planifie mes plaisirs (voir mes proches, faire de la danse) et j’essaye de conserver des moments plus spontanés pour improviser ma vie. J’ai également un rituel de méditation chaque matin pour me connecter à de la reconnaissance. Je fais de plus en plus attention à mon rythme de sommeil.

Les entrepreneurs en général sont très à l’écoute de leurs besoins, mais quand on est slasheur entrepreneur, on gagne à être encore plus organisé dans l’écoute de ses besoins !

J’ai également pris la décision de m’entourer de mentors et appris à demander de l’aide, ce qui m’apporte un soutien énorme au quotidien. Je m’inspire aussi beaucoup de Role Models, des personnes auxquelles je m’identifie et que j’admire pour leurs valeurs, leurs personnalités, leurs parcours et leurs projets. Les grandes personnalités qui oeuvrent pour des changements systémiques pour la paix et la liberté telles que Gandhi ou Martin Luther King sont inspirantes. Cela dit, ça me paraît trop lointain, trop ambitieux. Plus récemment, mes coups de coeur vont vers Sheryl Sandberg et Simone Veil qui m’impressionnent de leur courage et de leur engagement. Cela dit, ce sont des célébrités qui ont un niveau d’impact et d’ambition auquel je ne peux pas encore aspirer dans l’immédiat.

En ce sens, je valorise énormément les « Role Models du quotidien ». Ceux qui ont quelques chapitres de plus que moi et dont je peux apprendre pour grandir. Je pense aux leaders avec lesquels j’ai (eu) le plaisir de collaborer comme Joséphine Bouchez et Matthieu Dardaillon de Ticket for Change, Maëva Tordo du NOISE, Samuel Grzybowski et Radia Bakkouche de Coexister, Insaff El Hassini de Lean In France ou encore de belles rencontres comme Nathanaël Molle de Singa ou Sarah Zouak de Lallab.

 

« Ils m’aident chacun à leur façon à faire les petits pas pour poursuivre une ambition modérée plutôt que d’être découragée et immobilisée par une ambition démesurée et inadaptée « 

 

 Vous remarquerez que ce sont tous des jeunes, et en majorité des femmes. Je suis convaincue qu’on a besoin de plus de Role Models de jeunes femmes pour permettre à plus d’entre elles de croire en leur potentiel et en leur avenir.

Tout comme je reçois beaucoup de mes Role Models et de mes mentors, j’aspire à redistribuer modestement mes inspirations et apprentissages à mes communautés pour leur permettre à leur tour d’inspirer d’autres à leur façon.

8 – Des projets à venir ?

Construction d’un nouveau projet entrepreneurial (juillet 2017)

J’ai une opportunité de développer une nouvelle forme de journalisme, en tant que responsable de la rubrique Entrepreneuriat Social d’un nouveau magazine d’entrepreneuriat « Terra Incognita », porté par un initiateur avec qui j’accroche beaucoup.

On m’a également proposée d’intervenir dans une radio juive pour porter des sujets de développement personnel et d’innovation sociale.

Le journalisme est vraiment un sujet qui m’intéresse, notamment par le biais d’un format vidéo.

J’ai d’ailleurs commencé à réaliser des vidéos du style « marcher-parler » que je poste sur les réseaux sociaux  et sur lesquelles je partage mes apprentissages de vie : le lâcher prise, la vulnérabilité … ces vidéos ont énormément d’impact sur la vie des gens et c’est grâce à elles que j’ai réalisé que je pouvais apporter une valeur ajoutée et des compétences en matière de coaching, notamment grâce au grand nombre de sollicitations et demandes qu’elles ont générées. Une chaine Youtube est dans les tuyaux !

9 – Un conseil pour des futurs entrepreneurs sociaux ?

Conférence du NOISE, association étudiante co-fondée par Rébecca (mai 2015)

 

Si je devais donner un seul conseil ce serait : prendre soin de soi pour prendre soin des autres.

Quand on est un entrepreneur social, qu’on veut changer le monde et aider les autres, on a tendance à vouloir donner énormément, mais à s’oublier. Or, c’est vraiment en prenant soin de soi, en se faisant plaisir qu’on peut ensuite trouver l’énergie et la générosité dans ses actions pour les autres.

 

«  Soyez égoïste »

 

Alors soyez égoïstes (et non égocentrique). Pensez à vous ! Pour avoir une bonne estime de soi, il faut respecter ses besoins. C’est en vous respectant et en étant égoïste que vous arriverez à être altruiste et à aider d’autant plus de personnes. Et ça c’est souvent contre intuitif et on l’oublie beaucoup !

Si vous n’y arrivez pas, faites vous coacher ! Il faut savoir que 80 % de nos pensées d’aujourd’hui sont les mêmes qu’hier et 80% des pensées de demain sont les mêmes qu’aujourd’hui. C’est pourquoi un coach peut vous poser des questions qui vont vous permettre de penser autrement et de renouveler vos pensées !

Pour ma part, je vous souhaite de construire une vie en accord avec vos aspirations personnelles et les besoins du monde. Au plaisir d’y contribuer à mon échelle 🙂

10- Où peut-on te trouver ?

Stay focus, stay tuned – Crédit photo : The Family

 

Pour du coaching collectif ou des conférences, vous pouvez voir mes dates d’intervention ou m’en proposer de nouvelles sur ma page Facebook Rebecca Sfedj – coach et conférencière (première fois que je la communique depuis sa création ! ). Vous êtes les bienvenus sur ma chaine Youtube ou je charge les vidéos de mes conférences. Je suis également présente sur Linkedin, Instagram et Twitter !

Je suis peu disponible mais très accessible ! Et je réponds plus facilement si vous précisez l’objet de votre demande dans vos messages…alors à bientôt 🙂 Très belle continuation à tous !

 

 

 

Christine Laugier : elle met sa maîtrise des mots au service de projets à impact positif !

Grande amoureuse des mots, Christine Laugier met l’écriture au service de projets à impact positif en leur donnant une visibilité sur le web et sur le papier. Il y a 10 ans, elle quittait la fonction publique pour sauter le pas de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, son entreprise Proverbis fête ses 10 ans et s’est diversifiée. C’est l’occasion de découvrir sa fondatrice !

1- Qui est Christine Laugier ?

Crédit photo : Marc Da Cunha Lopez.

Je suis traductrice et rédactrice depuis 10 ans maintenant ! Les mots sont donc au cœur de mon quotidien. Un vrai régal pour moi qui adore écrire, trouver le mot juste, la tournure qui va bien.

Depuis un an, j’ai installé mon bureau à La Ruche-Denfert, un espace de coworking collaboratif dédié à l’ESS. J’y côtoie des entrepreneurs engagés dans une démarche solidaire, sociale et écologique. Économie circulaire, circuits courts, réduction des déchets, compostage, valorisation des productions locales, agriculture urbaine, tourisme durable telles sont les thématiques qui m’intéressent plus particulièrement.

Par la mise en place d’une stratégie de contenu, j’accompagne mes clients dans la valorisation de leur activité (articles blog, livres blancs, ouvrages thématiques, guides pratiques…), avec une sensibilité plus particulière pour les projets locaux à impact social et environnemental.

Je propose aussi un service de coaching en rédaction destiné aux entrepreneurs. Le but ? Les aider à promouvoir leur activité par la production de contenus écrits de qualité. Comment ? En leur permettant de s’approprier les outils et les bonnes pratiques de la rédaction devenue, aujourd’hui, essentielle à une stratégie de communication digitale efficace et percutante.

Dans le cadre de mes services de traduction (ANG, IT > FR), je collabore avec plusieurs maisons d’édition françaises. Je traduis des ouvrages pour leurs collections « beaux-livres » ou « guides pratiques » sur des thématiques variées. Je collabore aussi avec des entités et organismes soucieux de faire évoluer les problématiques écologiques et sociales, notamment dans le domaine de la gestion durable des grands fleuves, du tourisme responsable..

2- De professeure des Ecoles, tu t’es lancée dans l’entrepreneuriat : pourquoi avoir quitté la fonction publique pour le freelancing ?

Coworking à la Ruche Denfer – Crédit photo : Christine Laugier

Dans ma première vie professionnelle, j’ai effectivement occupé le poste de professeure des écoles. Pendant 15 ans, j’ai essentiellement exercé cette fonction en ZEP (zone d’éducation prioritaire). J’ai adoré accompagner les enfants de ces quartiers souvent défavorisés dans la construction de leur savoir. L’aspect social, le sentiment d’être utile, l’envie de transmettre et de contribuer à la réussite de chacun ont nourri ma passion pour ce métier. Ce qui m’a poussé à le quitter ? Le besoin de m’oxygéner à nouveau et d’échapper à un environnement professionnel (souvent) figé, le manque de reconnaissance (sociale et financière) des enseignants et le besoin au bout de 15 ans d’une plus grande stimulation intellectuelle dans ma vie professionnelle. C’est mon amour pour les langues et l’écriture qui m’a poussée à me former pour changer radicalement de vie professionnelle. En 2008, j’ai donc créé mon entreprise ProVerbis et découvert les joies et les galères de la vie de freelance. Au bout de 10 ans, je ne regrette pas ce choix

3 – Traductrice mais également rédactrice, tu es spécialisée dans le domaine du tourisme durable. Quels sont les enjeux de l’écriture pour le développement d’un tourisme plus responsable ?

 

Une entrepreneure qui cultive son jardin : crédit photo / Christine Laugier

En effet, le tourisme durable est l’un de mes domaines de travail. Pour moi, le tourisme se doit d’être un outil de développement responsable et durable, respectant les espaces naturels des territoires et leurs habitants. J’ai d’ailleurs écrit un guide de tourisme durable « le Guide tao du Pays basque, un voyage écolo et éthique » pour les éditions Viatao, publié en 2016. Je suis en outre membre de l’association des acteurs du tourisme durable (ATD)ce qui me permet de rencontrer de nombreux entrepreneurs de ce secteur, de mieux cerner leurs problématiques et donc de mieux les accompagner dans la rédaction de leurs contenus. L’adhésion à cette association est aussi pour moi l’occasion de m’inscrire dans une démarche collective destinée à promouvoir le tourisme durable.

Mais de façon plus large, je m’intéresse à toutes les initiatives locales engagées dans une démarche sociale et environnementale. Cette multitude d’acteurs qui, dans leur région et à leur échelle, tentent d’influer sur la marche d’un monde plus durable et plus responsable. Selon moi, l’enjeu lorsqu’on écrit pour ces entreprises est de leur donner de la visibilité et de promouvoir leurs engagements. Je pense que la mise en lumière de leurs valeurs est aussi l’occasion de faire œuvre de pédagogie auprès du grand public. Sans être moralisant ou culpabilisant, il faut trouver les mots justes pour faire passer un message positif et convaincant. Les gens adhèrent souvent bien volontiers aux initiatives généreuses et responsables, ils ont besoin de donner du sens à leurs achats, leurs loisirs. Il s’agit donc de créer pour ces entreprises, du moins au niveau de leurs contenus écrits, domaine sur lequel j’interviens, les conditions de leur réussite. Mon travail prend tout son sens lorsque je suis à même de participer à la diffusion de valeurs plus solidaires, écologiques et sociales qui permettront la construction d’un avenir meilleur.

4- Quelle est ta plus-value pour tes clients ?

Christine, concentrée !

Ma plus-value pour mes clients ?

Je dirais d’abord mes références dans le domaine de l’édition française (Gallimard, Glénat, Odile Jacob…), qui les rassurent. Ma capacité à augmenter le trafic de leur site Internet par la production et la publication de contenus à forte valeur ajoutée. En leur permettant d’être lu, je permets à mes clients de jouir d’une meilleure visibilité via la rédaction web.

Dans mes activités de coaching, je fais prendre conscience à mes clients que l’on n’écrit pas pour soi mais pour un lectorat. Par exemple, avec l’entreprise de création d’album en ligne avec laquelle je travaille, j’ai défini une ligne éditoriale en adéquation avec ses valeurs, ce qui leur a permis de construire une communauté de lecteurs qualifiés !

La forme compte autant que le fond, encore faut-il savoir valoriser son contenu par une forme percutante. Aujourd’hui la concurrence au niveau des contenus est énorme sur le web. Pour espérer être lu, il faut se démarquer en proposant des articles au beau packaging. Un contenu c’est comme un cadeau de Noël, on remarque le plus bel emballage en premier !

 

5- Où peut-on te trouver ?

Pour me trouver, venez me rendre visite dans l’espace de coworking collaboratif de la Ruche Denfert, dédié aux entreprises de l’ESS et du DD. Vous pouvez aussi consulter le site de ProVerbis ou me suivre sur Facebook et  Twitter  !

 

 

 

Fabrice Liut : designer systémique et constructeur d’une société « prospère »

Fabrice Liut est un designer lyonnais, qui a fait le choix de mobiliser ses compétences en design systémique au service d’une nouvelle société. Pour cela, il crée des éco-systèmes interconnectés permettant de sortir les hommes de leur posture individualiste pour collaborer. Fabrice fait le pari que ces nouvelles interactions humaines vont pouvoir construire une société plus prospère et soutenable. Retour sur le projet de ce bâtisseur des temps modernes.

1 – Peux-tu te présenter ?

Superposition – Workshop sur le festival Urban art jungle, réapropriation de la ville

Hello, je m’appelle Fabrice Liut, je suis Designer, improvisateur, grimpeur, yogiste 🙂
Je viens de Grenoble et je vis aujourd’hui à  Lyon.
J’ai travaillé quatre ans en SARL et je suis de retour dans le monde du freelancing pour deux raisons majeures : la mobilité et la liberté d’interaction. Je peux ainsi travailler avec d’autres indépendants comme rejoindre une équipe interne d’un grand groupe.

Je m’occupe également de développer et structurer plusieurs communautés, ainsi qu’interconnecter les communautés locales de la métropole entre-elles pour favoriser les synergies.

2- Design sprint, design systémique, qu’est ce qui se cache derrière ces termes ? 

Séance brainstorming

Le Design sprint est un cadre pour propulser le travail collaboratif et favoriser l’intelligence de groupe. Le design systémique est une manière repenser nos systèmes complexes, de restructurer notre société pour installer de nouvelles bases résilientes et prospères.
En effet, la plupart du temps, “les problèmes” relevés par les structures ne sont que les effets d’autres causes plus profondes qu’il faut détecter grâce à une analyse de leurs systèmes complexes. Après détection des priorités et urgences d’action, on peut traiter le problème avec un groupe de travail transdisciplinaire. Voilà le lien entre Design systémique et Design sprint.

Si vous voulez une analogie, prenons le travail d’un médecin généraliste ; il détecte les frictions dans le corps humain et vous renvoie vers des spécialistes. Là, l’idée est d’avoir directement les experts autour de la table, parce que la collaboration est plus efficiente qu’un processus linéaire…

3- Pourquoi les entreprises font-elles appel à ton expertise ?

Interview au Digital Summer après la conférence sur le Design Sprint /

On m’appelle pour étudier et régler des problématiques d’organisations, propulser des projets et services avec des groupes de travail , pousser l’innovation, etc… Dès qu’un groupe humain détecte un point bloquant, ne sait pas par ou commencer, ne sait pas comment prendre un virage, gérer une transition, c’est alors le moment idéal pour placer des phases collaboratives sous forme de sprint projets et surtout d’utiliser des outils venant du Design pour collaborer autrement que par la discussion.

Je suis facilitateur de groupe mais aussi Designer, ce qui me permet d’accompagner les groupes de l’initiation de valeur à la stratégie globale d’un projet. Je fais en sorte de générer avec eux un “pourquoi” et “pour qui”, les deux entrées nécessaires. En effet, chercher une “valeur ajoutée”, cela ne veut rien dire. Il convient de définir avec précision l’objectif, de bien s’entourer et d’avancer concrètement.

4 –  Grâce à ta méthode, tu parviens à fédérer des communautés d’experts et rassembler des entrepreneurs isolés. La technologie va-t-elle renforcer le social en 2018 ?

Formation de 2h sur la “pensée Design”, pour un public sur un festival littéraire

 

La technologie est un support qui va devenir invisible, mais qui sera là pour supporter la complexité de nos éco-systèmes en collaboration constante. Des protocoles comme la blockchain et autres nouvelles technologies vont permettre de réviser l’échange de valeur, la notion de confiance, sortir de la croissance isolée et basculer sur un modèle sociétal de prospérité 🙂

Depuis l’ère de l’industrialisation, l’homme est une “ressource humaine” et sa sécurité est “isolée et personnelle”. Voilà pourquoi chacun cherche une croissance personnelle, paradigme qui n’est plus valide pourtant. En réalité, notre société à besoin d’avoir confiance en elle-même, chaque humain pouvant se reposer sur les autres. Voilà une vraie application de la “fraternité”…

5 – Comment ton rôle de facilitateur permet-il d’accompagner des projets à impact positif ?

Creative Mornings à Sofffa

Mon rôle de Designer inclut une posture éthique. En facilitation, j’apporte les outils et méthodes nécessaires pour réviser les visions, les valeurs, remettre l’humain au centre et centrer les priorités sur les usages plutôt que les bénéfiques financiers comme seule finalité. Je ne m’engage jamais sur des projets qui ont pour objectif le gain isolé passant par des leviers de manipulations, etc… Ce n’est pas évident de dire non, mais dire oui, sur une vision long terme, ce serait me tirer une balle dans le pied.

6 – Tu as un projet de design systémique appliqué à la société, et plus précisément à la Ville de Lyon. Pourrais-tu résumer les grandes lignes de ce projet et ce que tu en attends ?

Creative Mornings à Sofffa

C’est un projet difficile à résumer, mais plus simplement, l’idée est de comprendre notre système de société complexe. Pour ce faire, il faut interconnecter et faire collaborer des communautés complémentaires. Lorsque l’on comprend le système, alors on peut définir des priorités d’action et agir pour régler les problématiques. Cela se fait également en groupes projets. La vision profonde est d’installer notre système dans une base de prospérité, sortir de l’individualisme conduit par le paradigme de croissance personnelle venant de l’ère de l’industrialisation, époque révolue. Les détails du projet et l’explication de l’intégralité de ma démarche sont à retrouver ici.

7 – Où peut-on te trouver ?

Formation Sketch app, sur LinkedIn / Crédit photo : Fabrice Liut

Sur Lyon, souvent à SOFFFA 🙂 Sinon sur le net, www.liut.me, toute ma vie, toutes mes activités 🙂 Que vous vouliez parler Design, prospérité, société, blockchain, improvisation ou grimper en salle, n’hésitez pas à me contacter !

Alexandre Duarte : la gamification au service du développement durable !

Alexandre Duarte, passionné de jeux vidéos et soucieux de l’impact environnemental de l’activité humaine, a réussi à faire de sa passion son métier.  A 25 ans, il devient consultant en gamification au service de projets de développement durable.  Avec Alexandre, l’expérience utilisateur est un plaisir et la sensibilisation aux enjeux environnementaux, un réel succès ! 

1 – Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Julia Sacher

 

Je m’appelle Alexandre Duarte, j’ai 25 ans et je vis à Lille depuis un peu plus d’un an. Je suis passionné de jeux vidéo et d’heroic fantasy.  Je dévore les bouquins, les séries, les mangas qui me passent sous la main. J’espère qu’ils ne sont pas en voie de disparition…

Je suis très intéressé par tout ce qui touche au développement durable et à l’innovation (deux mots « valises » qui renferment plusieurs facettes !).

2 – Quel est ton métier?

Je crois que j’ai réussi à trouver le métier qui arrive à mixer un peu toutes mes passions : je suis consultant en gamification, pour des projets en lien avec le développement durable.
Dans les grandes lignes, je propose à mes clients une expérience utilisateur de qualité, ludique, personnalisée et qui sert leurs objectifs (formation, fidélisation, sensibilisation, etc.)
Les projets peuvent être numériques ou non : j’accompagne par exemple Mobi-lise, une startup dans la mobilité, pour engager plus durablement leurs utilisateurs via des mécanismes de gamification. Je devrais prochainement travailler sur un escape game mettant en avant les atouts de l’éco-construction.
Je développe également quelques projets en nom propre :

– Un jeu de cartes qui permet aux entreprises de construire leur stratégie en développement durable (en collaboration avec Benoît Guyot, consultant en stratégie du développement durable).

– Une application gamifiée qui explique le concept de gamification.

3 -Tu as recours à une démarche comportementale pour accompagner tes clients vers la conduite du changement, peux-tu expliquer en quoi elle consiste ?

Présentation d’un serious game à DRIM’In Saclay 2016  /Crédit photo : Julia Sacher

 

Effectivement la gamification se définit comme l’application des mécanismes du jeu à d’autres domaines. Cela repose donc sur l’étude du comportement des utilisateurs et de la mise en place de mécanismes appropriés.
Je commence généralement par analyser le projet (à quel besoin répond-il ? qui sont les utilisateurs ? quels sont les mécanismes déjà mis en place et ceux manquants ?) et fixer avec mon client l’objectif qu’il se fixe grâce à la gamification. C’est vraiment une étape primordiale car il n’est pas possible de gamifier de la même façon une application utilisée par des commerciaux ou un site web qui s’adresse majoritairement à des 15-18 ans. De la même façon, les mécanismes ne sont pas les mêmes si l’objectif est de faire grossir la population d’une application ou augmenter le panier moyen d’une market place de produits bio.
Je propose ensuite une première version d’un parcours gamifié (en prenant en compte les différentes étapes d’utilisation du service/produit) que je complète/corrige dans la durée, selon les retours des utilisateurs et l’évaluation des indicateurs choisis en amont.
J’essaye aussi souvent que possible d’inclure dans la conception, différents collaborateurs de mon client ainsi que des utilisateurs, afin d’être le plus pertinent possible dans ma proposition.

 

4 – Tu es également co-fondateur de Circular Effect, une association qui a pour but premier de promouvoir l’économie circulaire. Ton activité associative est-elle un tremplin pour ton activité de freelance ?

Je pense que j’ai toujours été fan de projets en tout genre. J’ai co-créé Circular Effect avec des amis pendant mes études en master Sciences de l’Environnement. Nous venions d’organiser avec la promotion un événement sur l’upcycling et l’économie circulaire (qui était beaucoup moins connue à l’époque) était un domaine qui nous paraissait génial et qui méritait d’être plus connu. Nous avons développé de nouveaux projets mais tous les membres sont désormais éparpillés dans la France et avons tous notre activité… celle de l’association s’en retrouve très ralentie (mais nous avons quelques idées pour 2018 !).

5 –  Où peut-on te trouver ?

Démonstration du R3 Game au Festival Cheers / Crédit photo : R3 Game.

 

Vous pouvez me trouver à la Grappe (un espace de coworking convivial à Lille) ou dans un café un peu partout en France selon mes vadrouilles. En bon lillois, je ne refuse pas de rencontres networking autour d’une bonne bière ! Au plaisir d’échanger avec vous.
Sinon, peut me retrouver sur mon site web et je suis présent sur LinkedIn et Facebook 

Michael Zimmermann : à 19 ans, il devient consultant Open Source pour les structures de l’ESS

Michael Zimmermann est un vrai prodige. A 19 ans, il a su lier ses compétences en informatique avec ses convictions profondes en devenant consultant open source pour des structures de l’ESS. Tout en vivant de son activité, il a fait le choix de poursuivre ses études pour continuer à se former. Aujourd’hui, il nous explique les enjeux éthiques et environnementaux de la transition vers l’open source pour l’écosystème de l’ESS. 

 

1 – Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Association Raffut

Je m’appelle Michaël Zimmermann, j’ai 19 ans, et je vis à Bordeaux. Je me présente généralement comme quelqu’un de très curieux et touche-à-tout. J’ai toujours été intéressé par les nouvelles technologies. J’ai ainsi très vite appris à en utiliser quelques-unes, notamment en créant un premier site web très jeune (11 ans), puis à 14 ans, un serveur d’un jeu vidéo (basé sur le jeu Minecraft) qui a totalisé près de 300 000 inscrits.
J’ai choisi d’effectuer des études pluridisciplinaires avec la licence AES de l’Université de Bordeaux, qui comprend de l’économie, du droit et de la sociologie
Par ailleurs, j’ai toujours été touché par un certain nombre de causes sociales et environnementales. Je suis donc assez engagé dans le milieu associatif (et donc de près ou de loin engagé en politique), ce qui influe actuellement sur mon travail.

2 – Quel est ton métier ?

Michael pitch aux Entrepreneurs d’Avenir, le 8 décembre 2016 – Crédit photo : Entrepreneurs d’Avenir

Je suis entrepreneur en informatique, spécialisé dans les solutions libres et open source.
J’ai ainsi lancé sur un projet de cloud collaboratif, SimpleCloud (https://simplecloud.one), qui a vocation à protéger la confidentialité des données des utilisateurs, en se basant sur une solution open source. Cette solution a par ailleurs l’avantage de consommer moins d’énergie que les solutions les plus utilisées par le grand public, puisque le stockage est mutualisé au maximum.
L’avantage pour les structures qui font appel à moi, c’est qu’elles n’ont pas à s’occuper de l’infogérance du serveur stockant les données, et que la solution est clé en main, entre un Dropbox et un Google Drive.

J’effectue également du consulting dans le choix d’outils open source pour les structures de l’ESS, car c’est vraiment un aspect peu connu et mal maîtrisé  par ces structures aujourd’hui, alors que les potentialités sont gigantesques et les avantages indéniables.

3 – Quels sont les enjeux de la transition vers l’open source pour les structures de l’ESS ?

Page d’accueil de Simple Cloud, le site internet de Michael

Aujourd’hui, il y a aujourd’hui beaucoup de très beaux projets dans l’ESS. Avec des missions, des valeurs inspirantes et nobles. Pour fonctionner, la plupart de ces projets utilisent l’informatique (directement dans le cas de plates-formes web, ou indirectement pour faciliter le travail collaboratif interne, etc.).
Le problème, c’est que la plupart des projets en ESS utilisent des outils numériques propriétaires, comme Google, Microsoft & co, qui polluent énormément et ne protègent pas la confidentialité des données. Et ça pose un vrai problème de sens, puisque ces gros acteurs ne sont pas du tout dans une démarche sociale et écologiquement responsable !

J’estime donc que oui, des outils numériques doivent être utilisés dans les structures de l’ESS, notamment pour faciliter le travail d’équipe, et permettre aux structures d’être plus efficaces dans la réalisation de leurs missions. Mais pour être dans une démarche éthique et cohérente, il est nécessaire de privilégier des alternatives libres, open source, au maximum auto-hébergées et en se basant sur du matériel reconditionné lorsque c’est possible.
L’intérêt, c’est de réduire l’impact carbone des structures, et de protéger la confidentialité des données. Et un autre avantage non-négligeable, c’est que les solutions open sources permettent souvent de réaliser des économies importantes.

4 – Sur le plan personnel, tu es cofondateur de Misango, association qui accompagne les citoyens à un mode de vie plus sobre. Misango a-t-elle une vocation à accompagner la transition écologique des entreprises ?

Michael pitch à la Ruche (Bordeaux) le 14 mars 2017 – Crédit photo : la Ruche

Le but en créant Misango est d’accompagner les personnes qui le souhaitent à réduire leur impact sur la planète, et donc permettre aux générations futures à vivre dans de bonnes conditions.

Pour le moment, nous nous sommes davantage positionnés dans l’accompagnement des particuliers que des entreprises. Déjà parce que la plupart des entreprises sont difficilement touchés par ces thématiques selon moi : oui, dans les entreprises il y a des politiques RSE, mais la plupart du temps cela s’arrête au tri des déchets ou à encourager le personnel à éteindre la lumière en sortant d’une pièce… C’est encore très limité et très fermé ! Ensuite, nous nous sommes dit qu’en sensibilisant et accompagnant des citoyens, cela influerait nécessairement sur leur comportement dans leur travail. En quelques sortes, c’est un moyen détourné d’atteindre les entreprises.

5 –  Où peut-on te trouver ?

Parlement des Entrepreneurs d’avenir, le 8 décembre 2016 – Crédit photo : Entrepreneurs d’Avenir

On peut me retrouver de préférence sur Linkedin ou par email .
J’ai également un site internet vitrine pour présenter ma solution cloud. Sinon je tweet occasionnellement sur l’actualité.

Au plaisir d’échanger !

Aurélie Gastineau : la communication digitale au service de l’engagement environnemental

Aurélie Gastineau est une Social Média Manager expérimentée. Comme beaucoup de professionnels de la communication digitale, elle est tombée dans la marmite des réseaux sociaux par hasard. Engagée pour la protection de la planète, elle a géré de grands comptes comme Yann Arthus Bertrand, et gère aujourd’hui Human. Toujours en quête de nouveaux challenges, elle fait du changement de son mode de vie, un défi. Rencontre avec cette communicante engagée.

 

1 –  Qui est Aurélie Gastineau ?

Crédit photo : Aurélie Gastineau

Une ex-étudiante en langues étrangères qui rêvait de voyager pour découvrir le monde, tombée dans le community management sans le savoir en animant des échanges sur des chatrooms puis un réseau d’anciens élèves d’une grande école de commerce…la communication digitale est devenue une seconde nature, comme la capacité à fédérer autour d’intérêts et de projets.

2 – Quel est ton métier ?

Intervention sur le Networking et le Community Management/ Crédit photo : Aurélie Gastineau

Je suis Social Media Manager plutôt spécialisée sur des thématiques de l’entrepreneuriat, l’environnement et plus généralement les projets engagés.

3 – Tu gères aujourd’hui les comptes de grands noms liées à la protection de la planète comme HUMAN. Comment un community manager peut-il inspirer la confiance de ces géants ?

On fait ses preuves grâce à des expériences, et des références et des personnes qui nous recommandent. Entretenir son réseau, ne pas hésiter à rendre service sans chercher un retour immédiat, partager ses contacts, tenir un blog, s’exprimer sur les thématiques dans lesquelles on souhaite travailler...crédibilisent aussi son image professionnelle.

4 – Tu dis rechercher de nouveaux challenges, quels sont-ils aujourd’hui ?

Crédit photo : Aurélie Gastineau

Revenir au réel et mettre en musique mes valeurs et engagements avec la réalité du terrain. Plutôt que communiquer pour dire quoi faire, j’ai maintenant envie de faire tout court : j’ai un projet personnel orienté vers le tourisme (mes premières amours en quelque sorte) et un projet professionnel lié à l’environnement et la solidarité dans lequel le community management ne sera plus mon activité principale.

Et mon plus beau challenge, c’est celui que je me suis donné avec mon compagnon : aller vers l’autosuffisance – alimentaire notamment – pour être moins dépendant du système, et monter un projet en lien avec l’agriculture. On passe beaucoup trop de temps à parler des problèmes de ce monde, et finalement pas assez à trouver et mettre en pratique des solutions concrètes qui sont à notre portée, si l’on veut bien s’en donner la peine.
En résumé : travailler moins pour vivre plus !

5 – Tu es freelance depuis 2007. Etre freelance en 2017, c’est plus simple ?

Work session / Crédit photo : Aurélie Gastineau

Il est plus simple de trouver des missions en tant que personne expérimentée, et cette expérience permet aussi d’être bien identifiée sur certaines thématiques.
Mais le contexte économique s’est durci et les freelances sont bien souvent la variable d’ajustement qui permet aux annonceurs d’employer une main d’œuvre à bas prix (moins cher en charges sociales qu’un salarié, et moins onéreux qu’une agence). Comme certains freelances bradent leurs tarifs pour être sûrs de remporter une mission, le risque est grand de voir la concurrence se niveler par le bas. Et les coups de pouce du gouvernement envers les auto-entrepreneurs favorisent la précarisation, car ceux-ci n’ont pas accès aux mêmes garanties qu’un salarié.

6 – Tu vis aujourd’hui à Dieppe. Trouver des clients en province, c’est difficile ?

Crédit photo : Aurélie Gastineau

Je suis installée depuis seulement six mois, donc je continue à travailler pour mes clients parisiens ou bretons que je rencontre en moyenne deux fois par mois, ce qui est très gérable. J’ai la chance de faire un métier que je peux exercer de n’importe où. Pour l’anecdote, je suis partie en vacances une fois aux Antilles et mes clients ne se sont pas aperçus du décalage horaire…ça m’a juste valu de me lever une nuit à 4h pour retweeter quelques photos d’un événement de dernière minute 😉
Mais si on veut travailler avec des clients sur place, il faut procéder comme dans n’importe quel autre job : aller à la rencontre du marché et adapter ses missions aux secteurs d’activité qui sont susceptibles de faire appel à des freelances. L’avantage est qu’il y a potentiellement moins de concurrence qu’à Paris !

7 –  Où peut-on te trouver ?

Crédit photo : Aurélie Gastineau

A Dieppe ou à Quiberville sur mon terrain, perchée en haut de la falaise à regarder la mer 😊
Sinon, je suis encore sur les réseaux sociaux (pour le moment 😉 ) notamment sur LinkedInFacebook et Twitter 

Vincent Laurent : un community manager itinérant qui réinvente le travail autrement !

Avant de me lancer en Freelance, j’ai rencontré Vincent, Community Manager et consultant RP qui a sauté le pas du freelancing quelques années plus tôt. Spécialisé dans l’expérimentation de nouvelles formes de travail, Vincent a choisi de devenir un salarié-entrepreneur dans une Coopérative d’Activité et d’Emploi. Retour sur le projet d’un community manager itinérant, qui pense le travail autrement !

1 – Peux-tu te présenter ?

Crédit photo : Grégoire Lepigeon

​Je m’appelle Vincent Laurent, je suis de Paris et j’ai 31 ans. Je suis freelance dans la communication digitale influence c’est-à-dire que je fais autant de l’animation des réseaux sociaux que des relations presse ou des relations publiques. Il y a 4 ans, j’étais salarié dans une association et en mars 2015, après un an de chômage, j’ai décidé de lancer mon activité professionnelle en freelance. Depuis, je suis freelance « salarié entrepreneur » au sein d’une coopérative d’activité et d’emploi « Coopaname ». Je travaille surtout avec des organisations de l’ESS ou de l’économie collaborative ainsi qu’avec des collectivités locales ou des ONG. J’ai notamment travaillé avec une agence pour le compte du Secours Catholique comme Community Manager et avec deux collectivités locales rurales autour des nouvelles formes de travail et de la médiation numérique. Aujourd’hui, je m’occupe de la communication digitale et influence du Lab Ouishare & Chronos depuis février.

2 – Tu te dis Community Manager itinérant, pourquoi cela ?

Crédit photo : Marie Mathématique

​Je travaille autant à Paris avec des clients fixes (aujourd’hui le Lab Ouishare & Chronos) et ponctuellement auprès d’organisations ou de collectivités locales rurales dans le Cantal ou la Lozère par exemple. J’aime changer de lieu de travail autant à Paris en télétravaillant ou en passant du temps dans un espace de coworking (au Square, Paris 11e) qu’en ruralité où le cadre de travail est plus adapté pour moi car calme, apaisant, moins bruyant et plus convivial. Sortir de l’ambiance parfois angoissante ou stressante des grandes villes est essentiel pour mon bien-être au travail. Par ailleurs, je souhaite apporter mes compétences à des collectivités locales rurales qui n’ont parfois pas les compétences en interne et pour participer au développement d’un territoire rural.

3 – Une vie de Freelance, c’est le rêve ?

Crédit Photo : Anthony Micallef

​Au départ, quand j’ai commencé à réfléchir à me mettre en freelance, je ne savais pas vraiment trop à quoi m’attendre. De ce que j’entendais c’était surtout compliqué notamment avec le statut d’auto-entrepreneur. Mais lorsque j’ai découvert d’autres manière d’être freelance notamment à travers les coopératives d’activité et d’emploi (CAE), je me suis rendu compte qu’on peut être freelance et garder certains avantages du salariat classique. Par ailleurs, lorsque j’ai débuté mon activité, j’ai aussi découvert des communautés où la collaboration, le partage sont des valeurs essentielles comme dans certains espaces de coworking ou avec le coworking à domicile (Cohome par exemple). Pas simple de travailler de chez soi au départ mais petit à petit je me suis rendu compte que je pouvais véritablement choisir mes conditions de travail et choisir mes moments de travail. Terminé le fait de prendre les transports au même moment que tout le monde ou de subir un manager ! Je peux enfin choisir mon mode de travail  que je peux tout à fait adapter selon les missions. C’est une vraie libération d’une forme de souffrance au travail que je vivais où je regardais ma montre à la moitié de la journée me demandant ce que je faisais dans ce bureau. En étant freelance, j’ai retrouvé du sens dans le travail et c’est devenu bien plus plaisant de travailler aujourd’hui que lorsque j’ai commencé.

4 – Que réponds-tu aux personnes qui te disent que ton statut est précaire ?

Séance brainstorming

​Etant salarié entrepreneur je ne peux pas vraiment me dire précaire. Après, la difficulté  – mais c’est aussi ça qui est stimulant – c’est que l’on doit souvent être pro-actif pour trouver de nouvelles missions. Rien ne nous arrive tout seul, on doit être en constante veille pour vivre de notre activité. On doit être attentif à nos moments de creux qui peuvent être parfois difficiles et trouver les ressources pour se challenger soi-même plus souvent afin de trouver des missions qui nous redonnent envie de nous réveiller le matin. La précarité c’est surtout celle de la non-permanence du travail mais c’est en même temps un atout car on est libre de faire évoluer notre projet professionnel. C’est en tout cas comme cela que je le vis. Alors je dirais à ceux qui pensent que les freelances sont forcément précaires : ne trouvez-vous pas chiant de devoir à chaque fois demander à votre boss l’autorisation de faire quelque chose et parfois d’attendre des plombes pour avancer dans votre vie professionnelle ? Lorsque vous êtes freelance, vous avez la possibilité de décider du timing et du rythme d’évolution de votre projet professionnel. C’est moins prise de tête pour moi.

5 – Un conseil pour quelqu’un qui aimerait se lancer en Free ?

Posez-vous les questions de ce que vous ne voulez plus faire ou vivre dans votre future de vie de freelance avant de décider quoique ce soit. Ce sera déjà une première sélection. Par la suite,  vous trouverez les bonnes réponses à vos question (le statut le plus adapté, les conditions de travail, le type d’activité, votre modèle économique, etc…). Demandez aussi autour de vous, à ceux qui ont fait le pas de devenir freelance, toutes les choses à éviter lorsque l’on débute, tous les écueils possibles. Au moins vous serez avertis 😉

Vous pouvez retrouver les derniers tweets de Vincent en suivant @GreenVincent

Annelise Meyer, chroniqueuse de l’innovation positive !

Annelise Meyer est une traductrice de formation, qui s’est rapidement engagée dans des projets liés à la transition écologique et urbaine. Aujourd’hui chroniqueuse, elle met sa plume au service de l’innovation positive et rend visible ce qui était alors méconnu. Rencontre avec cette magicienne de la transition urbaine !

1 – Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Annelise. Traductrice freelance (depuis l’allemand et l’anglais vers le français), (un peu) blogueuse, (grande) twitteuse, je suis membre d’un collectif du mouvement des Villes et territoires en transition et je m’intéresse de manière générale à tous les aspects de la transition vers une société plus écologique, démocratique et juste.

2 – C’est quoi AM Chronicle ?

AMChronicles, c’est mon pseudo en ligne (Twitter) et aussi le nom de mon blog : AM pour mes initiales, et « Chronicles » car l’objectif au moment de créer le blog et mon compte Twitter était de parler, documenter et chroniquer à mon échelle toutes les initiatives positives et inspirantes que j’estimais intéressant de diffuser.

3 – Traductrice germaniste en Freelance depuis maintenant 10 ans, comment concilies-tu ton activité avec tes aspirations à une société plus durable ?

Question difficile 🙂 Si ça n’a pas toujours été facile, j’arrive maintenant à m’orienter vers des domaines de travail qui sont plus proches de mes aspirations : je me suis formée « sur le tas », en participant à beaucoup d’événements sur l’environnement, le développement durable, la transition écologique… ce qui me permet de traduire dans ces domaines pour des entreprises dont l’éthique me correspond. Mais ce n’est pas toujours évident de trouver du travail rémunéré…

En dehors de cela, je contribue en tant que bénévole : pendant la COP21, je faisais partie des bénévoles de Place To B. Pendant les deux semaines qu’a duré l’événement, en parallèle de la COP21, et avant, j’ai aidé à la gestion de la traduction des contenus, traduit, écrit et révisé des articles sur le blogue et les réseaux sociaux, pour parler du climat autrement.

4- Tu te lances dans la création d’un tiers lieu dédié à l’innovation sociale en région parisienne. Quel sera l’objectif de ce projet ?

Ce Tiers-Lieu est la réponse que j’ai trouvé à toutes les problématiques sur lesquelles j’ai envie d’agir à mon niveau : outre du coworking (pour répondre aux besoins de freelances comme moi et de télétravailleurs qui n’ont aucun lieu pour travailler sur le territoire), nous aimerions avec mes partenaires organiser des activités de sensibilisation aux problématiques de transition et aussi et surtout proposer des services d’accompagnement à des porteurs de projets s’inscrivant dans la transition, que ces projets soient associatifs ou entrepreneuriaux. Coworkeuse depuis plusieurs années, « transitionneuse », je suis consciente de l’importance de se rassembler pour faire communauté : même si le virtuel permet beaucoup de choses, il est important de disposer d’un lieu physique pour faciliter les rencontres et renforcer les liens (du moins j’en suis convaincue :))

5 – Où peut-on te trouver ?

On peut me trouver un peu partout, car je me balade pas mal 🙂 Je suis très souvent sur Paris, dans un espace de coworking la journée ou à des événements le soir, mais sinon j‘habite dans le Val-de-Marne, c’est d’ailleurs là que je voudrais créer le futur Tiers-Lieux (dans un « carré » compris entre Fontenay-sous-Bois, Le Perreux sur Marne, Champigny-sur-Marne et Nogent-sur-Marne).

Je suis également joignable sur Twitter !

Elsie Pomier : elle met l’humain au centre de la communication non verbale !

Consultante en image et plus précisément, designer de l’individu, Elsie Pomier fait de l’humain son objet d’étude. L’écoute, l’empathie et le conseil lui permettent de métamorphoser une personne intérieurement grâce au pouvoir du vêtement. Rencontre avec cette magicienne des temps modernes.

1 – Qui est Elsie Pomier ?

© Elsie Pomier

Lyonnaise de coeur, c’est ma ville QG, ma ville ressource. C’est ici que j’ai découvert le vêtement comme mon support d’expression, à la manière d’une toile pour un peintre. Le vêtement est si complexe, riche, ses couleurs, ses matières, ses montages, son tombé … Et chaque voyage en France, en Angleterre, en Inde, en Chine … m’est une opportunité pour rencontrer les gens qui pensent et travaillent la mode autrement, comme un moyen pour aller plus loin qu’un joli vêtement.

L’humain est central pour moi. Le vêtement est un moyen. C’est mon moyen d’honorer celui qui se vêt, pour qu’il soit lui-même et découvre tout ce qu’on peut exprimer et faire ressentir avec !

2 –  C’est quoi un designer de l’individu ?

© Elsie Pomier

Designer de l’individu, c’est une synthèse de mon métier, de mes connaissances et compétences. Je suis styliste conseillère en image et communication personnelle.

Ma démarche est de penser à ce que le vêtement et toutes ses caractéristiques valorisent l’individu, sa personnalité, sa morphologie, ses couleurs, son style et son contexte socio-professionnel. Ma base de travail, c’est la personne qui est en face de moi. C’est pourquoi, je dois, pour chaque nouvel individu, apprendre, étudier et transmettre différemment, tel un designer.

 

3 – Tu as choisis une cible d’entrepreneurs en freelance, pourquoi cela ?

© Elsie Pomier

Je choisi de travailler avec le porteur de projet, quelque soit l’échelle de cette idée. Parce qu’il réalise rapidement l’importance de la communication. Ensemble nous travaillons la puissance d’un des principaux canaux : la tenue. C’est un point particulier de la communication non verbale, mais qui fait une sacrée différence lorsqu’elle est pensée et adaptée.

4 – Avec qui aimes-tu travailler et comment accompagnes-tu tes clients ?

© Elsie Pomier

J’aime travailler avec ceux qui se posent et posent des questions, osent essayer, parce qu’ils aiment apprendre, chercher à comprendre le pourquoi, le comment. Le conseil en image est un véritable travail d’équipe, et en échangeant, nous pouvons aller beaucoup plus loin.

Comment j’accompagne mes clients ? Ça, c’est unique. La forme se détermine ensemble durant le premier entretien.

Ma spécificité : je travaille avec des individus et leurs valeurs. Nous travaillons ensemble pour que leur image et communication personnelles soient conscientes et réfléchies.

Ce qui ressort de mon accompagnement : l’inclusion de l’individu accompagné, mais également une dimension sociale et solidaire, puisqu’il s’agit d’un accompagnement de long terme à impact social et positif sur le sujet.

5 – D’où travailles-tu ?

Avec mes clients, dans un lieu qu’ils apprécient. Cela peut être  un espace privé ou chez le client selon le thème de la session et ce dont la personne à besoin pour se sentir à l’aise pour pouvoir discuter de soi.
Et lorsque je ne suis pas avec un client, je travaille sur Lyon, à Polygones, dans mon espace de coworking.

6 – Où peut-on te trouver ?

Sur la toile, en consultant mon site, ma page Facebook, et mon Insta !

Juliette Voge, à l’écoute des gestes, elle enseigne les codes de l’insertion professionnelle et sociale !

Professionnelle de l’image, Juliette Voge accompagne des publics en insertion sur le chemin de l’emploi grâce à ses conseils en communication non verbale et en colorimétrie. Le crédo de Juliette : valoriser son image extérieure, c’est soigner sa confiance intérieure. Focus sur le parcours de cette entrepreneure lyonnaise qui sait mettre l’apparence au service de la confiance.

1 – Qui est Juliette Voge ?

Je suis une «  jeune » maman de 36 ans qui a passé ses premiers diplômes à 32 ans, arrêté une carrière de vingt ans dans le commerce pour se lancer dans l’entrepreneuriat sans trop savoir où j’allais !

Ce qui me qualifie le mieux, c’est que je suis une fonceuse, qui vit, qui aime rire et partager de bons moments… et surtout, qui va au bout de ses idées !

2 – Il y a un peu moins de deux ans, tu es arrivée sur Lyon après avoir quitté un CDI de 15 ans chez IKKS, pour te lancer dans le coaching en image. Pourquoi ce choix ?

Crédit photo : Juliette Voge

Ce choix s’est imposé à moi car après vingt ans dans le commerce, je ne m’y retrouvais plus…. Ce que j’adorais dans ce métier, c’était le contact humain et le conseil, en écoutant et en guidant les clients, dans le but d’améliorer leur apparence physique et plus précisément, leur tenue vestimentaire car beaucoup de personnes ne savent pas comment choisir leurs garde-robe et se retrouvent perdues entre plusieurs choix vestimentaires : ce qu’ils aiment, ce qui leur va et la mode !

J’ai pris du recul pour analyser tout ce que mon travail de conseil m’avait apporté, et le conseil en image est arrivé comme une évidence !

Grâce à mon expérience, j’ai réussi à acquérir une solide connaissance des codes de l’entreprise, du management et bien sûr, une sensibilité pour la mode. Partant de ce constat, je me suis dit « pourquoi ne pas aider les personnes qui en ont besoin ? »

Je me suis donc formée à la colorimétrie, au coaching et je continue à me former en permanence car c’est un métier qui évolue toujours. C’est ça l’entrepreneuriat !

3 – En quoi consiste ton activité ?

Mon activité est divisée en deux champs distincts :

D’une part, j’anime des ateliers sur la communication non verbale auprès de structures de l’insertion, réinsertion et handicap en région Rhône-Alpes-Auvergne.

Dans ce cadre, je fais prendre conscience aux bénéficiaires de l’importance de leur communication non verbale (regard, attitude, gestes) par des mises en situation afin qu’il se rendent compte par eux-mêmes de la puissance du nom verbale dans leur attitude. Nous vivons dans une société où la puissance du non verbal est capitale. Lors d’une rencontre, les trente premières secondes seront décisives, c’est pourquoi, il est essentiel de mettre toutes les chances de son côté ! L’objectif de ces ateliers est de permettre aux bénéficiaires de retrouver un emploi.

D’autre part, j’anime des ateliers pour mettre en valeur la zone de communication (le visage) via la colorimétrie, le visagisme, la morphologie, je donne des conseils en matière de coiffure et de maquillage et dans ce cadre, j’interviens auprès des entreprises et des particuliers.

4 – En parallèle de ton activité professionnelle, tu es une bénévole très active à la Cravate Solidaire, une association d’insertion professionnelle par l’image. Quels sont selon toi, les besoins des publics en insertion ?

Crédit photo : Ever

J’ai connu La Cravate Solidaire en voulant donner mes vieux vêtements. Quand j’a pris connaissance de la portée sociale du projet, j’ai immédiatement pris contact avec Mélissa, l’une des co-présidentes afin de m’engager auprès de la Cravate.

Je suis membre du CA de la Cravate Solidaire depuis plus d’un an et référente en image.

Je m’occupe de prendre soin des bénéficiaires en leur apportant mon aide sur le choix des tenues vestimentaires les mieux appropriées selon leur secteur d’activité. Je leur donne également des conseils sur leur coiffure, leur maquillage et leur look en général. Nous échangeons sur le monde de l’entreprise et ses codes dans le cadre d’un premier atelier. Après cela, les bénéficiaires poursuivent un deuxième atelier de mise en situation « recrutement » avec des professionnels des ressources humaines.

Ce que je remarque, c’est que ces publics ont un besoin d’attention, d’écoute afin de pouvoir échanger sur leur parcours, leur histoire et cela bien avant des besoins matériels.

5 – L’économie sociale et solidaire est-elle très implantée sur Lyon ?

Crédit photo : Juliette Voges

Je pense oui, ayant rencontré différentes structures, il y a une grande mobilisation. Cependant, c’est un milieu qui manque cruellement d’argent pour mettre en œuvre ses idées et ses projets.

Je pense fortement qu’aujourd’hui nous vivons dans un monde où l’Economie Sociale et Solidaire est une des clés de la réussite. L’entraide, le respect, la bienveillance sont des valeurs porteuses de sens. C’est comme ça que nous allons arriver à construire plus de solidarité entre citoyens (en tout cas j’y crois !)

6 – Que peut-on te souhaiter pour les prochains mois ?

Crédit photo : Ever

De la réussite dans la reprise de mon activité et dans celle de mes bénéficiaires !

J’aimerais permettre aux personnes que j’accompagne de retrouver confiance en eux et atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés ensemble dans le cadre de mes ateliers.

A terme, j’aimerais être reconnue et une référence locale dans le coaching en image et pouvoir vivre de mon activité !

 

Vous pouvez suivre Juliette sur son site web et sur son tout nouveau compte Instagram