Edouard Hermet : affirmer sa personnalité pour entreprendre

Edouard Hermet est un podcaster passionné : encore étudiant, il monte sa propre radio sur le campus de son université. Aujourd’hui, à 27 ans, il est le fondateur de La Causerie, un podcast dédié aux entrepreneurs du changement. Au delà de son podcast, Edouard a su se faire remarquer grâce au développement de projets qualitatifs qui lui ont apporté des opportunités professionnelles. Dans cette interview, il revient sur son parcours, son rapport aux études et sur sa vision de l’entrepreneuriat. Pour devenir remarquable, Edouard invite à être authentique.

1- Qui est Edouard Hermet ?

Ahaha, c’est une bonne question. C’est drôle parce que j’ai beaucoup de mal à cerner les personnes qui parlent d’elles à la troisième personne, mais je vais essayer ! Pour faire court, Edouard est un gars de 27 ans (déjà) qui interview des gens passionnants porteurs de fortes valeurs dans des podcasts.

Aujourd’hui en parallèle de mon podcast, je travaille chez Sans A_, je m’occupe des opérations, et je m’éclate dans mon boulot.

2- D’un DUT Tech de Co que tu n’obtiens pas, tu poursuis ton parcours avec une année sabbatique en Australie. Puis tu reviens en France et pour suivre une licence d’histoire.
Aujourd’hui, tu es à Station F au milieu de profils issus d’écoles de commerces, tu pilotes les opérations du média Sans A_ et as ton propre podcast, La Causerie. Avoir des projets et imposer sa personnalité permet-il de lutter contre le déterminisme scolaire ?

Crédit photo : Sans A_

C’est une excellente question !

J’ai toujours été contre le déterminisme social de Bourdieu. Je faisais partie des privilégiés d’un quartier mi-riche mi-pauvre de Toulouse, et ai donc beaucoup d’amis qui ont grandi en cité. Je me souviens très bien leur dire que la classe sociale n’était que dans leur tête et qu’ils étaient maîtres de leur destin. En vérité, c’était bien plus facile pour moi de dire ça que pour eux d’y croire. Le déterminisme social existe mais il se combat. C’est trop facile de dire que le déterminisme n’existe pas quand on est un homme blanc d’une famille de classe moyenne éduquée. D’ailleurs, ça me fait penser à tous ces intellectuels de plateau TV qui parlent de la vie des quartiers sans n’y avoir jamais mis un pied. On parle des cités, mais on ne donne jamais vraiment la parole aux gens issus de ces quartiers. Et quand on le fait, on les caricature et on les enferme dans un rôle. Je crois que c’est pour ça que j’ai toujours adoré le rap dès les années 90. Les jeunes de quartier qui n’attendent pas qu’on leur donne la parole mais qui la prennent d’eux-même.

« C’est trop facile de dire que le déterminisme n’existe pas quand on est un homme blanc d’une famille de classe moyenne éduquée »

Concernant ma propre expérience, plus jeune, j’étais trop sûr de moi, presque pédant. Alors quand je n’ai pas eu mon DUT, j’ai pris une grande claque. Salutaire, mais une grande claque. J’avais passé deux années à me dire que je ne voulais pas faire de commerce, et à ne pas aller en cours (c’est d’ailleurs ce qui m’a perdu, pas les notes). Mais quand je n’ai pas eu mon diplôme et que tous mes amis l’ont eu, mon égo en a pris un sacré coup. Suite à cet échec, je suis parti en Australie et à mon retour, j’ai compris quelque chose : j’avais laissé passé un train. Pas LE train, mais un train : celui du diplôme facile en école de commerce. Alors je me suis dit : Edouard, si tu veux t’épanouir dans ton travail plus tard, et pouvoir faire ce que tu veux faire, t’as intérêt à t’en donner les moyens. Et par moyens, j’entendais monter des projets.

En voulant prouver ma valeur par l’exemple, j’ai commencé à travailler pour un site de musique, en m’occupant de la partie Hip-hop. Puis j’ai monté la radio de ma fac, Radio MonMirail. Ca à l’air simple dit comme ça, mais ça l’est. J’ai même eu mon diplôme avec une mention, en le passant en candidat libre. Du fait d’avoir monté Radio MonMirail, Bruno Vinay, un entrepreneur parisien qui avait entendu parlé de moi, m’a proposé de travailler avec lui sur ses projets. Je me suis retrouvé à Paris, à travailler chez VivaTechnology. C’est donc le fait d’avoir monté ce projet de radio étudiante qui m’a porté dans ma vie, pas mon diplôme.

Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai crée La Causerie : pour aller à la rencontre de personnes extraordinaires, qui font des choses extraordinaires, et comprendre ce qui les a amenées à les faire.

C’est donc en affirmant ma personnalité que j’ai pu arriver là où j’en suis aujourd’hui.

3- Aujourd’hui les podcasts sont de plus en plus nombreux et en plein essor : C’est quoi un bon bon podcast ? Quelle est sa recette ?


Il y a selon moi des points clés:

D’abord, la prise de son doit être bonne. Aujourd’hui, les contenus podcasts explosent, avec une offre toujours plus large semaine après semaine. Même les grands médias s’y mettent. Alors quand on veut faire un podcast,  on ne peut pas vraiment se lancer dans l’aventure podcast sans un minimum de matériel. Il faut comprendre que les auditeurs écoutent les épisodes dans les transports, pendant qu’ils font du sport ou le soir avant de dormir. Le son doit être le plus audible possible.


Ensuite, il faut créer ton univers, un peu comme tu pourrais définir la ligne éditoriale de ton blog ou de ta chaîne, trouver qu’est ce que tu veux transmettre à tes auditeurs, comment tu veux t’adresser à eux etc.
Personnellement je marche énormément à l’intuition. Quand j’ai lancé La Causerie, j’avais simplement envie de parler aux gens qui font du monde d’aujourd’hui quelque chose de mieux, ceux qui ne sont pas résignés et qui dédie leurs vies à la poursuite de leurs rêves. Le podcast c’est le prétexte. C’est là que j’arrive à un autre point essentiel : l’authenticité. Si tu joues un rôle, si tu n’es pas toi, tes auditeurs le sentiront et ne te suivront pas.

Alors amuses toi ! Que ton podcast soit sérieux ou non, qu’il parle de musique ou d’innovation, il faut que l’on sente que tu prennes du plaisir à produire et offrir ton contenu. Si tu fais un podcast « parce que il faut faire un podcast » je pense que tu perds ton temps.

Sois régulier. La Causerie à commencé à augmenter son audience le jour où j’ai sorti des épisodes de manière régulière. J’aimerais bien passer à 1/semaine quand je pourrai mieux aménager mon emploi du temps.

4- Dans La Causerie, tu demandes à tes invités de définir ce qu’est un acteur du changement. Je te retourne la question : c’est quoi un entrepreneur du changement ? 

Crédit photo : La Causerie


Un entrepreneur du changement c’est une personne qui développe un projet avec l’idée d’avoir un vrai impact positif sur la vie des autres. C’est donc une personne qui a su mettre son ego au service de son projet, et non l’inverse. Cette dernière phrase est essentielle pour moi !

5- Quels sont tes projets pour 2018 ?

 

En 2018, j’aimerais développer La Causerie : passer à un épisode par semaine, prendre le temps de créer et développer ma communauté. J’ai envie de faire connaître La Causerie pour avoir des invités toujours plus intéressants et continuer de valoriser des projets stimulants dans le cadre de mon podcast. Toujours donner du temps pour les autres, c’est extrêmement important d’un point du vue personnel. J’aimerais aussi prendre plus de temps pour moi : voyager, faire de la voile et des randonnées, passer plus de temps avec ma compagne.

J’essaye de dégager le plus temps possible mais c’est encore insuffisant et je ne me ménage pas assez. Mais je crois que c’est comme ça quand on est passionné de projet 🙂

6- Pour finir, où peut-on te trouver ?

La Causerie m’a fait découvrir Twitter, et pour communiquer sur le podcast c’est ce que je préfère. J’abhorrais Twitter sur son principe, mais depuis que je m’y suis mis, je trouve qu’il y a de belles communautés. Vous pouvez également suivre la Causerie  sur Facebook, Apple Podcast et Deezer 🙂

 

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