Non, mes études à la fac ne m’ont pas servi à rien !

La fac, usine à chômeurs ? Tout dépend de ce que l’on en fait. Offrant un savoir très théorique, elle est souvent dite à mille lieux du monde de l’entreprise et de ses nombreuses compétences à maitriser. Pourtant, elle permet à ses étudiants d’acquérir d’autres savoir-faire moins techniques, aujourd’hui prisées par les entreprises.

Capacités rédactionnelles, esprit de synthèse, cela peut sembler extrêmement pauvre pour se démarquer sur le marché de l’emploi, or c’est grâce à ces compétences que je vis aujourd’hui de mon métier.

Les sciences humaines, de la branlette intellectuelle ? Oui en partie, mais pas uniquement. Sans stimulation intellectuelle, sans lectures forcées, peut-être n’aurais-je pas eu la capacité de travail et l’autodiscipline que j’ai aujourd’hui.

Il y a huit ans, lorsque je commençais mes études, je n’aurais jamais pensé être capable de faire ce que j’entreprends aujourd’hui. Devenir entrepreneure, travailler dans la communication et le marketing m’étaient alors complétement étranger. Pourtant c’est l’histoire d’un cheminement personnel et professionnel qui me fait penser que mes études m’ont apporté ce que je n’aurais jamais pu avoir avec une formation en marketing !

Mes études littéraires : ouverture d’esprit, autodiscipline et résilience

 

Des lectures forcées pour monter en efficacité

Une année de classe préparatoire hypokhâgne, cumulée avec une licence puis un master en science politique requiert quelques lectures de culture générale. De Kant, à Bourdieu en passant par Rousseau, les listes de bibliographies sont rapidement devenues longues comme le bras. Et quoi de mieux pour retenir tous ces contenus qu’une bonne synthèse ?

Fiches de lectures, notes de synthèses et mémoires étaient mon quotidien d’étudiante. Peu épanouissant sur le moment, ces exercices littéraires m’ont tout de même appris, avec le recul à retirer l’essentiel d’un texte, le résumer, et le présenter de manière succincte.

Aujourd’hui, je peux toujours impressionner mon auditoire avec quelques anecdotes croustillante sur les déboires de Madame de Maintenon, bien que personne ne sache de qui je parle. Par contre, je peux écrire spontanément en bon français, dans un style simple et énoncer des idées claires. Grâce à cet esprit d’analyse et de synthèse que j’ai développé, j’écris mes articles ultra rapidement.

Une capacité de travail accrue et une autodiscipline

Ces années d’études littéraires m’ont permis de tester les limites de mes capacités de travail : je n’ai jamais autant travaillé de ma vie qu’en classe préparatoire. Une telle charge demande une organisation et une autodiscipline pour ne pas sombrer.

Dans un tel contexte, on devient le seul maitre de sa réussite en s’imposant un rythme soutenu, et en s’y tenant sur le long terme. Cette rigueur m’a permis de passer très facilement de la prépa à la fac, puis de la fac à une recherche d’emploi très active.

Aujourd’hui, si je suis devenue entrepreneure, c’est parce que j’applique cet état d’esprit à mon activité et c’est à cette rigueur que je dois mes plus belles réussites.

Une ouverture d’esprit en côtoyant d’autres milieux

Mes études m’ont également permis de côtoyer différents milieux culturels et sociaux que je n’aurais jamais côtoyé dans d’autres contextes. Une bourgeoisie bordelaise en classe préparatoire, des étudiants précaires à la fac, aux étudiants internationaux en échange universitaire aux Etats-Unis. Mon cursus m’a donné une ouverture d’esprit et m’offrant un contexte propice à ces diverses rencontres.

Cette exposition à des milieux socio-culturels fondamentalement différents favorise l’adaptabilité dans un milieu professionnel, une soft skill très appréciée dans le monde de l’entreprise.

Des jobs peu stables mais un tour d’horizon rapide du monde du travail pour trouver ma voie à 27 ans.

La fin de mes études ne m’a pas directement propulsée vers le sacro-saint-CDI tant adoubé des étudiants. Mon expérience du monde du travail se résume en petites séquences plus où moins satisfaisantes mais qui m’ont à chaque fois permis de déterminer ce dont j’avais besoin pour être épanouie dans mon environnement professionnel.

La quête de sens au travail : un combat vain ?

En sortant de mes études, je trouve une mission en collectivité territoriale ou j’ai vécu (et subi) le dictat de la hiérarchie au travail, l’impossibilité d’être force de proposition, le flicage et la lenteur administrative . Cette expérience m’a permis de m’interroger sur la question du sens au travail. Par la suite, j’ai connu une longue période de chômage pendant laquelle je me suis questionnée sur le monde du travail. Subir des horaires de bureau, ne pas pouvoir décider de son emploi du temps, s’ennuyer au travail : était-ce une norme à laquelle il fallait se conformer ? Ma rencontre avec les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire m’a heureusement permis de redonner tout son sens à mon questionnement, mais j’ai déjà consacré un article à ce sujet.

Me raccrochant par la suite au fil conducteur de l’emploi, je retrouve un travail dans une association de développement durable à Paris. Embauchée pour un premier contrat de six mois dans la communication, je me plie aux règles d’une structure que je trouve tout autant hiérarchique que ma précédente expérience en collectivité. Ici aussi, j’expérimente la perte de sens de mes missions, même si je peux exploiter mes capacités d’analyse et de synthèse. Je ne suis pas libre de gérer mon temps et le manque de confiance envers les salariés crée une relation de flicage et une perte de productivité.

Le saint graal : le besoin d’autonomie et de valorisation

L’ensemble de ces facteurs gênants m’ont amenée à quitter mon job et de sauter le pas de l’entrepreneuriat, en ayant préparé le terrain au préalable (réseautage, formation). Je deviens Community et Content Manager spécialisée dans l’ESS et le développement durable. En quelques mois, je me fais connaître et signe des contrats grâce à un travail de publication d’articles, mais également de présence active sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je ne suis plus dans l’exécution mais dans le conseil et l’accompagnement. Ce rôle, beaucoup plus valorisant à mes yeux me permet de mieux gérer mon emploi du temps, d’obtenir de meilleurs revenus et de réaliser des missions qui font sens à mes yeux.

Il y a quelques années lorsque je faisais mes études, on me disait que je ne trouverais pas de boulot, que je m’engageais dans une voie de garage. J’ai certes fait quelques ré-aiguillages, mais j’utilise aujourd’hui les compétences et la discipline apprise lors de mes années étudiantes tous les jours dans un job qui me satisfait pleinement aujourd’hui !

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