#Présidentielles2017 : Mesurer l’intention de vote, c’est bien. Mesurer l’engagement citoyen, c’est mieux !

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A l’approche des élections présidentielles et à trois semaines du 1er tour, les sondages sont sollicités de toutes parts pour déterminer les intentions de vote des Français. La diffusion de ce thermomètre politique et médiatique a pour conséquence de poser les citoyens devant un calcul stratégique qui déterminera où leur voix sera la plus « utile ». (voir mon article sur le vote utile). Or, comme on l’a vu avec la victoire de François Fillon à la primaire de la Droite et du Centre, les sondages peuvent avoir une marge d’ erreur qui les discrédite de plus en plus.

Un grand nombre d’article traite des méthodes de réalisation des sondages et révèlent leurs limites. Cet article ne traitera pas de ce sujet. J’attirerais plutôt votre attention sur d’autres moyens permettant de prendre la température à l’occasion des élections présidentielles (et autres élections). Et ces derniers ne se mesurent pas forcement avec d’ingénieux calculs.

Mais alors n’est-il pas possible de mesurer autrement la température ?

Quels autres moyens pour mesurer la température?

C’est à ce moment-là que les Civic Tech entrent en jeu ! Je vous avais parlé dans un précédent article des technologies mises à disposition pour renforcer l’engagement citoyen. Et bien, ces technologies peuvent également aider à la libération de l’expression des Français.

Un outil basique mais simple : les réseaux sociaux.

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Les réseaux sociaux, notamment Twitter, offrent la possibilité de faire des sondages (plus ou moins anonymes) permettant aux internautes de s’exprimer sur une question politique. Très convoités, les réseaux sociaux sont utilisés par les journaux pour engager la participation de leurs lecteurs. A ce titre, We Demain organise régulièrement des sondages sur les candidats à la Présidentielle en choisissant des questions de société. Petit problème toutefois : les sondés seront des électeurs sensibles à la ligne éditoriale du journal. Ce qui n’est pas forcement représentatif de l’ensemble des Français.

Les applications mobiles

Un certain nombre d’outils technologiques cherchent à recréer de l’engagement dans la sphère citoyenne. C’est le cas des deux applications suivantes.

GOV, “la météo de l’opinion”

Dans une volonté d’engager les citoyens au débat public (et politique) l’application mobile GOV permet de donner son opinion sur les candidats à l’élection présidentielle. Elle permet également de créer son propre débat et mobiliser les autres utilisateurs de l’appli. Très ergonomique et bien pensée, l’appli propose de rejoindre des débats par thème. Un petit hic toutefois : François Fillon est crédité de 74% d’intention de vote. Autre problème à noter : l’appli bugue.

Multivote, le “révélateur d’opinion”

Multivote est une autre appli populaire permettant aux citoyens de prendre part aux débats de société via une plateforme en ligne. Multi-support, la plateforme se décline en application mobile et permet de rejoindre une communauté de e-votants. Tout comme GOV, l’appli permet de créer ses propres débats et de mobiliser la communauté de votants inscrits. L’application Multivote est toutefois moins ergonomique que GOV.

Autre problème de fond concernant ces deux applications mobile de la Civic Tech : elles ne peuvent être représentatives de l’ensemble des Français, car elles impliquent que les utilisateurs soient des personnes “connectées” et “engagées”.

On retrouve ces problèmes sur l’ensemble des outils des Civic Tech.

Et si on mesurait plutôt les tendances sociétales?

Alors, comment comprendre les choix des Français? Et si on mesurait les idées plutôt que les chiffres ?

Aujourd’hui, les statistiques chiffrées des intentions de vote ne sont pas révélatrices des intentions de vote réelles des Français. On a vu qu’il y avait une marge d’erreur possible. Il est alors intéressant d’identifier d’autres outils d’analyse, plus au contact de la vie réelle.

La mobilisation autour de causes nationales : un baromètre révélateur d’engagement

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Je rejoins l’Appel des Solidarités en photographiant mon index levé

S’il est difficile de déterminer pour qui les Français voteront, on peut plus facilement cerner les causes qui les mobilisent . La solidarité, la lutte contre la corruption, la lutte contre le TAFTA. Ces différentes causes, qui ont fait l’objet de pétitions montrent une tendance à se mobiliser pour un modèle de société plus sain, tant au niveau des institutions qu’au niveau de la solidarité nationale. A ce propos, L’Appel des Solidarités lancé par Nicolas Hulot mobilise plus de 14 000 personnes en l’espace d’une semaine. Les manifestations contre la Loi Travail ont elles mobilisé plus de 125 000 personnes en France. Ces chiffres-là ne sont-ils pas révélateurs de la volonté populaire ?

La rencontre réelle avec les Français : Ma Voix , Voxe.org.

Autres méthodes employées pour prendre la température : les rencontres réelles avec les Français. C’est le cas de Ma Voix, et Voxe.org, deux organisations engagées pour laisser la parole aux citoyens. Ma Voix entre en contact direct avec les Français, en les interpellant dans la rue, sur des questions liées aux institutions politiques et en leur proposant d’être acteurs d’une nouvelle démocratie. Voxe.org organise à l’occasion des élections présidentielles, un #Voxetour de France de la jeunesse, pour porter la voix des moins de 30 ans. Ces rencontres réelles permettent de rester en contact avec les Français et de relayer sur le plan national, leurs aspirations pour une autre société.

Mesurer l’engagement des Français par leurs engagements associatifs

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Les entrepreneurs sociaux présents à l’apéro des Acteurs du Paris durable, mars 2017

On peut aussi mesurer l’engagement des Français en s’intéressant à leurs engagements associatifs. Que font-ils de leur temps libre ? Pourquoi consacrent-ils le peu de temps qu’ils ont de loisirs pour soutenir une cause ? Parce que le changement viendra des citoyens et des initiatives prises à leur échelle. Parce que les citoyens croient en des causes et se mobilisent pour elles. Parce qu’ils estiment indispensables de consacrer du temps pour un monde plus juste, plus respirable et plus solidaire. A titre d’exemple, le baromètre de l’entrepreneuriat social 2017 est révélateur de tendances : 59% des jeunes entre 18 et 24 ans sont attirés par l’ESS pour y travailler et 45% pour lancer leur propre activité́, soit une hausse de 12 points par rapport à 2016. Les français sont de plus en plus engagés et solidaires, et ne trouvent pas de candidat qui répondent à leurs aspirations. Il serait peut être temps de tendre l’oreille.

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Alors, le 7 mai, quelle sera la température ?

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