Regis Hounkpè – entrepreneur et géopolitologue panafricain

Régis est franco-béninois. Un pied en France, un pied en Afrique, et la tête ouverte au reste du monde. Géopolitologue, ancien attaché parlementaire d’un Ministre de l’intérieur français, il a multiplié les postes à responsabilité dans le secteur politique et institutionnel. Son regard sur le continent africain et sa fine connaissance des circuits décisionnels lui ont permis de créer InterGlobe Conseils, son entreprise de conseil en communication et stratégie tournée vers le continent africain. Et non, il ne faut pas être africain pour conseiller l’Afrique. 

 

1 – Qui est Régis Hounkpè ?

afrique

Je suis Béninois et Français, à la fois originaire d’Abomey-Calavi au Bénin qui est la ville la plus peuplée du pays, première ville universitaire et aussi de Bordeaux qui est ma ville de naissance où s’est établie ma famille au milieu des années 70.

Mais je ne me définis pas systématiquement par rapport à ces appartenances. Mon spectre est plus large : je me sens africain et panafricain et citoyen du monde.

Tout mon parcours, ma culture, mes amitiés et mes engagements répondent à cette ouverture vers l’ailleurs et le monde. Etudes de sciences politiques, de diplomatie et relations internationales, j’ai travaillé dans plusieurs pays africains et j’y ai gardé des liens forts et solides. Mes engagements actuels sont inextricablement liés à la connaissance de l’autre, au dialogue des cultures, à la solidarité et la coopération internationales.

Professionnellement, j’ai travaillé pour des associations d’éducation populaire ou environnementale à orientation internationale. J’ai été analyste géopolitique en Afrique Centrale, attaché parlementaire d’un ancien ministre de l’Intérieur français et je me suis occupé de relations institutionnelles d’entreprises françaises souhaitant investir ou travailler en Afrique de l’Ouest et au Maroc. J’ai également été intervenant en géopolitique dans un institut d’études supérieures parisien et je développe des modules de formation à destination de personnels diplomatiques ou internationaux.

Il m’arrive parfois de donner mon point de vue dans la presse spécialisée en France et en Afrique sur des sujets divers et variés : politique, économie, social, solidarité, mouvements politiques, société civile, genre et parité, etc… Je suis éditorialiste en charge de la politique internationale du magazine In Afrik depuis mai 2018. Mais surtout je continue d’apprendre, de me nourrir des autres, et de réparer mes erreurs à l’aune des expériences et des aléas de la vie.

 

 

2-  Pourquoi avoir fondé InterGlobe Conseils ?

 interglobe conseils

Cette idée est née d’un constat amer et d’échecs professionnels. Je souhaitais retrouver une capacité d’agir et d’impacter durablement sur des épiphénomènes ou des événements politiques. Je me suis donc inspiré de modèles anglo-saxons où le conseil privé en stratégie politique, diplomatie et communication est très développé. J’ai donc créé en 2010 InterGlobe Conseils après une discussion passionnée avec un cousin et en deux clics, j’avais créé un ersatz de cabinet-conseil qui au fil des années s’est fortifié et enrichi.

Au final, j’ai concentré au sein du cabinet une expertise dédiée au secteur privé, public, international et diplomatique des compétences en coopération décentralisée, en communication, affaires publiques et stratégie. Huit ans plus tard, nous sommes passés par toutes les phases mais je suis convaincu que les missions du cabinet et le tropisme clairement défini pour l’Afrique ont fait progresser les réflexions sur la place d’un continent souvent relégué bien bas. De ce point de vue, le cabinet est une valeur ajoutée disponible en termes de propositions de services et d’aboutissement de projets pour les administrations publiques locales ou nationales, les représentations diplomatiques, les institutions internationales, les particuliers.

 

3 -Qui fait appel à toi ( et pourquoi ) ?

C’est varié et souvent hétéroclite. Ce pourrait être une association qui souhaite du conseil stratégique sur son développement en Afrique ou une entreprise qui a besoin d’accompagnement administratif et institutionnel pour son déploiement sur le continent. Nous travaillons également avec des collectivités locales en France ( métropole comme Outre-Mer) et en Afrique sur des programmes de coopération décentralisée et internationale et sur des enjeux sociaux, solidaires, culturels et de développement économique.

Nous accompagnons aussi des personnalités politiques pour leur communication et stratégie politique. Campagnes électorales, relations publiques, lobbying et construction de réseaux sont autant de secteurs sur lesquels nous exerçons notre maitrise des contextes politiques et des usages de la politique.

4 – Faut-il être africain pour conseiller l’Afrique ?

 regis hounkpe

Absolument pas. Il faut juste comprendre ce continent dans ses spécificités, priorités et urgences.

Le conseil en Afrique n’a pas beaucoup de sens. C’est une donnée suffisamment abstraite pour se prévaloir d’être expert incontournable de l’Afrique. 54 Etats, 54 situations complexes, 54 appréhensions, 54 solutions et une multitude de problèmes conséquents en fonction des sujets et secteurs visés.

Etre Africain pourrait apparaître comme un bonus quand on se lance dans le conseil en Afrique mais c’est illusoire de croire que c’est suffisant. La sociologie du conseil varie en fonction des blocs géopolitiques : Afrique noire et Maghreb, Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est et Afrique Australe, Afrique francophone et Afrique anglophone…

Quand je vais sur un marché ou un secteur, j’y vais avec tact et surtout avec des ressources humaines locales afin de maîtriser les circuits décisionnels informels et officiels. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas des cabinets de stratégie ou de communication occidentaux qui y vont, à la faveur de leurs entregents acquis au sein des sphères politiques en Afrique, et qui écrasent la concurrence et généralement pour un travail tellement approximatif que cela en est risible et pathétique.

 

5 -Que peut-on te souhaiter pour les mois à venir ?

 yeza interglobe conseils

Depuis quelques mois, j’ai regroupé une équipe au Bénin et en France de jeunes talents qui m’accompagnent dans mes missions. J’apprends beaucoup d’eux et ils renovent constamment mon logiciel de pensée sur les tendances du monde et l’univers du conseil. Sinon, je souhaite voir aboutir un programme tripartite de coopération Afrique-Caraibes sur lequel nous avons travaillé pendant un an et qui promet énormément en termes de retrouvailles historiques entre communautés afrodescendantes et d’actions concrètes sur le développement économique, la place des femmes, la protection de l’environnement, le développement durable.

En définitive, progresser, continuer à apprendre, à transmettre et à agir sont mes boussoles.

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