[Rétrospective] « Moi jeune » : comment j’ai fait du chômage une expérience constructive

Capture d’écran 2017-03-25 à 15.28.54.png

Ca y est, un an après, je me lance pour écrire un article sur une période de ma vie qui a été un tournant majeur : l’entrée (ou non) dans le monde du travail.

Pourquoi en parler ? Parce qu’avec le recul, ces mois de recherche d’emploi intense n’auront pas été une simple galère, mais une expérience positive pour me construire. Ils m’auront également permis de découvrir un monde que je ne connaissais pas : celui d’acteurs profondément humains et engagés à changer notre société.

Mais de quoi parlé-je ?

Explications !

Une découverte d’acteurs bienveillants : les structures de l’insertion

Que fait-on quand on est une jeune diplômée sur le marché de l’emploi ? Et bien, on va voir Pôle Emploi ! Et après? Après la phase de désillusion sur ses capacités réelles à nous aider à trouver un emploi, on cherche ailleurs.

Heureusement, les structures d’accompagnement sont nombreuses !

L’Apec, l’association des jeunes cadres diplômés

Capture d_écran 2017-03-25 à 15.35.53

Les informels, le rendez-vous de networking des jeunes diplômés de l’APEC

Comme tout jeune diplômé qui se respecte, je me suis rendue à l’APEC, l’association des cadres pour l’emploi. L’APEC propose de nombreux ateliers gratuits pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Plus encore, elle permet aux jeunes diplômés d’être suivis individuellement par un conseiller. L’organisation tient ponctuellement les « informels jeunes », des rendez-vous permettant aux jeunes diplômés de rencontrer des professionnels de l’emploi. Seul bémol : le suivi qu’offre l’APEC ne dure que sur cinq rendez-vous !

Site internet : https://www.apec.fr

Mozaik RH, le cabinet RH de l’ESS

IMG_1475

Atelier de recherche d’emploi chez Mozaik RH

Mozaik RH est un cabinet de recrutement facilitant l’insertion des jeunes diplômés grâce à ses différents programmes. Sa particularité? La valorisation de la diversité des profils des candidats qu’il accompagne. Entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire, Mozaik RH met en relation des entreprises et des jeunes talents ne disposant pas de réseau pour s’insérer professionnellement. J’ai eu l’occasion de participer à des ateliers de Mozaik RH, le suivi individualisé est très bon. Le cabinet de recrutement est aujourd’hui présent à Paris, Lyon, Toulouse et vient d’inaugurer sa nouvelle antenne à Roubaix !

Site internet : http://mozaikrh.com

 OPE, ma plus bonne surprise !

fullsizeoutput_579.jpeg

Une partie de la promo OPE 2016, avec Valérie, notre super formatrice  !

Alors bénéficiaire du RSA, le Conseil départemental du Rhône m’avait informée de mon devoir de trouver une structure « référent » RSA, pour témoigner de ma bonne volonté de m’insérer dans la vie active (et non « profiter » des 500 euros mensuels qui m’étaient gracieusement « versés »). Je décide donc de contacter OPE (Objectif Pour l’Emploi), une association d’insertion gratuite (car beaucoup sont payantes) et m’engage à intégrer un programme de trois mois. Objectif d’OPE : permettre le retour à l’emploi en six mois maximum.

Au programme ? Un rendez-vous hebdomadaire d’une journée complète en compagnie d’autres diplômés bénéficiaires du RSA. Cette journée de formation hebdomadaire était très intense car très participative : l’objectif était de nous mettre en situation concrète d’entretien, de réviser nos CV et lettres de motivation, d’apprendre à adopter les bonnes postures et ainsi, retrouver la confiance en soi (ou du moins, de dégager de l’assurance). La promotion que j’ai intégrée a très bien joué le jeu et une réelle cohésion de groupe s’est formée. La recette ? Une recette justement ! Chaque semaine, chacun s’engageait à apporter un dessert pour le repas commun du midi. Un petit « rien » qui fait tout ! Les apéros-réseau régulièrement organisés par l’association ont également permis aux différentes promotions OPE de tisser des liens et de rencontrer des professionnels de secteurs spécifiques (en fonction de la demande des « RSIstes »).

Mission accomplie : avec OPE, je retrouve un emploi en 5 mois !

 

La rencontre avec les acteurs du changement et la construction d’un projet

Cette période de recherche d’emploi a été l’occasion d’éveiller ma curiosité et de rencontrer les nouveaux visages de ceux qui vont changer la société : les entrepreneurs sociaux.

Mais qui sont-ils ?

MakeSense, un coup de pouce aux entrepreneurs sociaux !

IMG_1258

Co-organisation de la manifestation #WasteCollector de MakeSense, avril 2016

C’est à l’occasion d’un SenseDrink que j’ai pu rencontrer la branche lyonnaise de MakeSense, l’organisation qui accompagne les projets d’entrepreneurs du changement. MakeSense organise des ateliers de réflexion, les « holds-up » , qui permettent à des volontaires d’aider un entrepreneur sur un point précis de son projet qui lui fait encore blocage. Ces ateliers sont révélateurs d’un fait : l’intelligence collective fait naitre une créativité propice à l’émergence des projets. Très enthousiasmée par le projet MakeSense, j’ai accepté d’être « gangser » pour l’organisation en co-organisant un atelier de sensibilisation à la question des déchets.

Anciela, une pépinière d’initiatives solidaires et responsables

Anciela, c’est LA référence lyonnaise, du milieu associatif du développement durable et à la solidarité. Anciela accompagne des associations dans le développement de leurs projets et propose un guide pour agir à Lyon et ses alentours.

13135_995182463847598_8067595795201967351_n

L’équipe du Week-end Imagin’Action devant le local d’Anciela

L’association organise également des formations pour faire émerger des projets solidaires. J’ai eu l’occasion de participer au week-end Imagin’Action : deux jours pour réfléchir à un projet à faible impact carbone. Si vous souhaitez découvrir les initiatives écologiques d’acteurs locaux de la région lyonnaise, Anciela sera votre guide !

Mobities , mon projet de réseau social de la mobilité durable !

Capture d_écran 2017-03-25 à 16.10.40

MobiTies, le réseau social de la mobilité durable

M’intéressant fortement à la mobilité urbaine, j’ai eu l’idée de créer un réseau social de la mobilité durable : Mobities. Pourquoi ce nom ? Mobi est le début de «  mobilité » et ties » veut dire « lien » en anglais. Comme on peut le deviner, ce projet avait pour objectif d’utiliser la mobilité comme prétexte pour créer du lien social. Sur le papier, le projet semblait séduisant, mais en réalité, il m’aurait fallu mieux sonder les besoins des citoyens. Chance pour moi, mon seul investissement dans le projet a été mon engagement ! Malgré son inaboutissement, ce projet m’aura permis de rencontrer les acteurs français et européens de la mobilité durable, une expérience formatrice !

Présentation ici : projet Mobities

Par contre, si vous souhaitez encourager un projet de mobilité durable à Lyon, il existe MobyCity !

 

Le droit à un travail décent, mon engagement pour la génération Y

IMG_4850

Pitch de jeunes porteurs de projets à la Maison des Acteurs du Paris Durable

 Recherche d’emploi rime aussi avec colère (en tout cas, chez moi oui). Lorsqu’on passe des mois à s’investir et se donner pour trouver un emploi correspondant à ses compétences et à son niveau d’études, et bien c’est une autre paire de manches ! Les candidatures se multiplient et les réponses négatives (quand il y a réponse) s’automatisent. Le sentiment d’impuissance et de désarroi est à son paroxysme dans cette période de doute. J’ai fini par croire que l’emploi était réservé à ceux qui en avaient déjà un. Les conseils que l’on me donnait souvent étaient de refaire un stage, ou de reprendre un master…des messages très encourageants ! Donc, dans un sentiment de ras-le-bol et dans un contexte de Loi Travail, je décide d’exprimer publiquement mon mécontentement. D’abord, avec un texte en rime et en anaphore adressé au Président de la République « Moi jeune », puis en adaptant ce texte en vidéo pour avoir plus d’impact sur le web et les réseaux sociaux.

Vidéo :

Avec le recul je l’admets, la vidéo est de mauvaise qualité, tant sur le plan technique qu’au niveau de ma posture mais elle a été réalisée dans la spontanéité la plus totale. Contre toute attente, le service de l’Elysée m’a répondu ! Bon, ce n’est pas grâce à eux que j’ai pu avoir un travail, mais l’objectif de cette vidéo qui était d’interpeller les politiques sur la question du chômage des jeunes a été atteint.

Capture d_écran 2017-03-26 à 14.49.25

Réponse du cabinet de l’Elysée à mon message,  31 mars 2016

Moi jeune chômeuse, j’ai eu le temps de réfléchir à la société que je voulais pour demain

IMG_4851

Petits mots d’une génération enthousiaste, avec les Acteurs du Paris Durable!

Mon engagement pour la génération Y va plus loin que la question du chômage. Il ne suffit pas d’avoir un travail pour être satisfait (on est juste intégré socialement, ce qui n’était pas le cas sans). Je pense qu’il ne faut pas se contenter de « survivre » avec un travail qui n’est pas à la hauteur de ces exigences. Pour moi, le courage, c’est d’oser tendre vers un travail qui a du sens et qui est en accord avec ses valeurs. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faille en baver pour obtenir une situation convenable. Je suis de ceux qui pensent que la législation du travail doit VRAIMENT changer et s’adapter à ces nouvelles formes de travail, qui aujourd’hui n’ont pas de protection sociale. Etre indépendant c’est travailler comme les autres, donc être protégé comme les autres. Je suis de ceux qui pensent que notre rapport au travail doit changer, et ne pas organiser notre vie, nos projets et nos loisirs par rapport au travail. Je suis de ceux qui souhaitent développer les outils de travail collaboratifs et valoriser le nomadisme, pour plus d’efficacité, plus de communication et plus de sérénité. Nous sommes en 2017, si c’est cette sacro-sainte croissance que le pays veut, il faut mettre en place une culture de résultats et non une culture de présentéisme et de formalisme. La génération Y a beaucoup à apporter en termes de méthodes et de rapport au travail. Ecoutons-la, au pire, on pourrait vivre mieux !

1 réponse

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] [Rétrospective] « Moi jeune » : comment j’ai fait du chômage une expérience constructive […]

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *