Sophie Tochon : la quête de liberté lui a permis de se construire un job sur mesure

Sophie Tochon est une digital nomad. Elle a construit une vie sur mesure en partant de ses plus grandes aspirations. Parmi elles, la liberté. Liberté de voyager, liberté de travailler ou non, liberté de dessiner son mode de vie. En travaillant dans le digital, Sophie a su tirer les avantages d’un job flexible mais également servir d’aspiration à une communauté fédérée par son Personal Branding.

1 – Qui est Sophie Tochon ?

Ca c’est une question ! Vu le contexte, on va peut-être commencer par mon activité professionnelle ?

Mon métier consiste à accompagner la croissance des entreprises en travaillant sur leur communication digitale. Ca recouvre un certain nombre de disciplines, une infinité de situations et tout autant d’opportunités, de possibilités, de solutions.

La but de mon travail c’est justement d’aider les entrepreneurs à sortir la tête de leur quotidien, de les guider dans leur quête de visibilité et de mettre un maximum de structure, une cohérence forte dans leur manière d’aborder leur public.

Souvent, ils sont un peu perdus dans la masse des ressources et des outils qu’ils maîtrisent mal : ils finissent par se perdre ou se décourager. Parfois il faut tout construire ou tout reprendre jusqu’à se pencher sur des questions d’identité, de raison d’être. D’autres fois ce sont des ajustement à faire ou de nouvelles idées à tester pour développer quelque-chose qui fonctionne déjà.

Toute cette diversité, c’est très stimulant : aucune mission ne ressemble à une autre. En plus de ça, j’ai la chance de pouvoir travailler avec des personnes que j’apprécie beaucoup, ce qui compte énormément pour moi.

Mais sinon, il n’y a pas que le boulot dans la vie !

Quelques clés de lectures plus globales, en vrac:

  • Je suis obsédée par le sentiment de liberté, et cette obsession a pesé lourd dans beaucoup de mes décisions
  • Le voyage m’a largement façonnée. J’ai voyagé seule pour la première fois il y a cinq ans : ce sont trois semaines qui ont changé beaucoup de choses.
    Je suis repartie, épisodiquement d’abord, puis jusqu’à en faire un mode de vie. En prenant le temps chaque fois de m’arrêter plusieurs semaines où j’en avais envie. Ca a été exceptionnel, enrichissant bien au-delà de ce que j’avais pu imaginer.
  • On m’a souvent décrite comme “trop” sensible ou “trop” réfléchie quand j’étais enfant. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre que ces deux traits étaient en fait des qualités, et à faire de ces qualités des atouts.
  • Regarder le soleil se lever fait partie du Top 3 des choses que je préfère au monde, c’est probablement la seule qui ne bougera pas.



2 –  « Tu travailles ou t’es en vacances ? », cette phrase, tu la connais bien ! Par conséquent, tu n’es pas une partisane de la déconnexion totale ?

On me la sort tout le temps ! Je crois que la manière avec laquelle j’intègre le travail dans mon quotidien surprend souvent, qu’elle est atypique et difficilement comprise

En fait, je fais tout pour me sentir vraiment bien dans ma vie professionnelle. Tout simplement ! Pour moi, ça passe notamment par beaucoup de liberté : au maximum, je travaille où et quand je me sens dans les meilleures dispositions.

A une époque par exemple, ça pouvait être tôt le matin ou tard le soir. Parfois ce sont les situations ou des endroits qui sont un peu inhabituels : un café sur la plage ou en haut d’une colline, une salle de billard, un festival bourré de monde ou un coin paumé sur un chemin de randonnée. Je ne compte plus les fois où on m’a dit “Attends, tu ne vas quand même pas travailler là, maintenant ?!”. Et si 🙂

C’est vrai que depuis que j’ai lancé mon activité, les plages de déconnexion totale sont assez rares. Quand j’ai démarré, j’avais besoin de travailler beaucoup et j’y prenais aussi beaucoup de plaisir donc je ne comptais pas mes heures. Produire des travaux dont j’étais contente me prenait énormément de temps car j’étais novice en tout !

Un moment, je me suis demandée s’il ne valait pas mieux que j’adopte un mode de vie “normal” pour ne pas m’épuiser : horaires de bureaux, repos le week-end. Je m’y suis contrainte, plusieurs semaines, mais je ne me sentais pas à l’aise avec ça.

J’ai fini par réaliser que je n’avais pas choisi d’être indépendante pour voir mon rythme dicté par des conventions, mais justement bien pour me sentir libre ! J’ai testé pas mal d’options, certaines avec lesquelles je me sentais plus à l’aise que d’autres, j’ai corrigé le tir chaque fois que j’en ressentais le besoin.

Je prend peu de “vraies” vacances, mais souvent je ne travaille pas non plus l’équivalent d’un temps plein. Quand je sens que j’ai besoin de plus de temps pour moi, je fais ce qu’il faut pour baisser mon volume de travail. C’est un gros avantage à être indépendante !

Bien entendu j’ai des contraintes, mais d’une part je les ai choisies, et d’autre part, je peux quand même me permettre une belle souplesse.

Bref, c’est ce qui me convient et justement je crois que le principal, c’est de trouver un équilibre qu’on aime et dans lequel on se sent bien. Le travail fait partie d’un tout. S’il s’articule mal avec le reste, c’est toute notre personne qui devient bancale, frustrée, malheureuse… Et ce n’est pas ce qu’on se souhaite, ni pour soi-même, ni dans ses relations avec les autres.



3 – Entre tes voyages, ton lifestyle et tes missions de freelance, tu as su fédérer une grosse communauté sur Instagram. Que recherche-t-elle en te suivant ?

Je préfère la voir comme une petite communauté ! Tu vas rire, mais je ne peux pas vraiment répondre à ta question. Une partie de mon métier, quand on parle de tout ce qui est stratégie marketing, c’est justement de bien identifier ce que recherchent certains groupes de population pour pouvoir toucher les personnes profondément.

Alors j’évite de jouer à ça pour tout ce qui m’est personnel, du moins je ne le fais pas consciemment. En fait, sur Instagram, je suis plutôt partie de mes envies à moi : celles de partager des choses qui me tenaient à coeur et de me connecter à des personnes à qui ces choses pouvaient parler.

Je crois que ces intentions se retrouvent dans mes photos ou quand j’écris quelques pensées, que je parle de mes lectures… Du coup, ce profil me ressemble et il remplit complètement ses objectifs.

Instagram est aussi un super outil quand tu voyages : pour rester en contact avec ton entourage, dénicher de beaux endroits, glaner quelques informations pratiques ou se connecter aux personnes qui sont autour de toi.

Avoir une vie sociale satisfaisante n’est pas une évidence quand on voyage sur des longues durées. Même quand on apprécie ses moments de solitude, ce qui est mon cas, on a parfois envie de partager du temps et de nouer des liens avec d’autre humains. Les réseaux sociaux ne font pas tout – fort heureusement ! Mais ils facilitent les échanges.

Si je te disais que j’ai trouvé mon futur associé sur Instagram ? Il est suédois, on s’est rencontré à Bali en début d’année et on travaille en ce moment même sur la création d’une agence destinée aux petites et moyennes structures.


4 – Tu as appris le CM « sur le tas », est-ce une chose que tu conseillerais  à des aspirants freelances ?

Complètement, pour ceux qui en ont envie et qui se sentent de le faire. Il y a deux éléments intéressants dans cette démarche : le fait de s’auto-former et celui de se confronter directement à des situations réelles.

Il y a quelque-chose de très fort dans l’auto-formation : la pensée n’est pas contrainte, on ne lui impose pas de limites. Ca a un avantage considérable quand on travaille sur du digital puisque c’est un domaine qui évolue très vite. Si tu comptes sur un prof d’université pour te mettre au courant des petits secrets (à jour !) des réseaux sociaux, à moins de tomber sur un vrai passionné, tu vas pouvoir attendre un peu…

Un autre intérêt, c’est de pouvoir multiplier les sources plus facilement pour se construire une connaissance riche, qui tient compte d’un maximum de points de vue.

Ce qui m’a fait comprendre ça et l’importance que ça pouvait avoir, ce sont mes études. J’ai un Master en droit des affaires que j’ai préparé par correspondance grâce à un organisme qui s’appelle le CAVEJ. Chaque année, tu as le même programme et les mêmes examens que tout le monde. Mais il y a une grosse différence avec la méthode présentielle : personne n’est là pour orienter ton opinion ou pour t’imposer des lectures.

C’est un vrai sujet en droit, car on touche à des disciplines qui parlent de vie en société et qu’il existe de grosses disparités politiques entre les facultés. Mais c’est valable partout.

Après, il y a quelques écueils qu’il faut garder à l’esprit : celui de manquer de structure par exemple, de se perdre dans une discipline, de se construire une image biaisée de la réalité. Mais l’éducation classique ne protège pas vraiment de tout ça…  On connaît tous des personnes sur-diplômées qui partent pourtant dans tous les sens, et la plupart des cursus supérieurs sont déconnectés de la vie professionnelle “réelle” – pour ne pas dire de la vie tout court !

Une bonne solution, justement, consiste à pouvoir appliquer rapidement ses acquis théoriques sur des cas concrets. Ca marche très bien sur du marketing en ligne : avec toutes les données qu’on peut récolter aujourd’hui, on est souvent capable de savoir si quelque-chose qu’on met en place fonctionne ou non, de manière plutôt fiable. Ca permet de se repositionner lorsque c’est nécessaire, de s’exercer à cette mécanique “tests, ajustements, tests, etc”.

C’est aussi très efficace pour solidifier ses connaissances, en acquérir de nouvelles et développer dans le même temps sa souplesse et son agilité mentales. On sait aujourd’hui que le cerveau est largement plastique et qu’il s’entraîne quasiment comme un muscle. Parce-qu’il s’adapte en permanence à son environnement, plus il est stimulé, et de différentes manières, plus il se développe.


5- Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

De vivre dans un monde respectueux de la nature ? Comme beaucoup de personnes, je me préoccupe de plus en plus de questions environnementales. J’y ai toujours été sensible car elevée par un papa bien écolo, mais je sens que mes actions quotidiennes, personnelles ne suffisent plus.

En général, je travaille sur plusieurs missions en même temps et j’oriente de plus en plus ma vie professionnelle vers des projets à impact positif. Ca passe par beaucoup de formation et quelques coups de pouce pour permettre aux porteurs de cette dynamique de mettre en valeur leur travail efficacement.

En parlant de formation, c’est quelque-chose qui me touche de plus en plus et j’ai prévu d’y accorder une part croissante de mon temps de travail. Une première expérience de mentoring prochainement serait top ! J’ai déjà beaucoup de plaisir à former, mais l’idée de pouvoir suivre et guider l’évolution de personnes ou d’équipes me plaît beaucoup.

Au programme sur des choses plus personnelles, l’idée de passer plus de temps en France qu’à l’étranger, d’expérimenter une vie entre ville et campagne et d’apprendre les bases du maraîchage “propre”, respectueux du vivant, tout en continuant mon activité sur le digital. Ca promet ..!

 

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