Un mois de digital nomadisme au Mexique : le slowtravel comme remède à l’épuisement

Je viens de terminer mon premier mois au Mexique, et mon deuxième mois en Amérique latine. Même continent, différente culture. Mais au-delà de la découverte d’un nouveau pays, c’est mon mode de voyage qui a rapidement changé. De la soif de découverte, je suis passée au slowtravel que mon corps et ma tête réclamaient depuis un bon mois. Comme pour le Costa Rica, je propose un petit bilan sans filtre de cette expérience de digital nomade outre-atlantique

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Après un mois de cavale, j’expérimente le slow-travel au Mexique 

Excursion en petit comité dans les hauteurs de Oaxaca

Mon premier mois au Costa RIca ayant été éprouvant, je me suis jurée de voyager différemment, en prenant le temps. Lorsque j’ai posé mes valises au Mexique, j’ai donc cherché une ville où je me sentirais bien pour ne bouger qu’une fois maximum. 

Contrairement au Costa Rica, le Mexique est un très grand pays, et il aurait été clairement impossible de tout faire. J’ai donc gardé en tête cette simple phrase : “on ne peut pas tout faire”, pour me poser lorsque l’envie de tout visiter me prendrait.

 

Alors, comment trouver une ville dans laquelle je me sente suffisamment bien pour rester ?

 

En me reconnectant avec les critères qui me font me sentir bien dans un milieu : 

 

  • L’ accès à la culture, grâce à la découverte de villages traditionnels, mais également de l’héritage zapotèque de la ville
  • La qualité de la gastronomie, inégalable au Mexique
  • Un climat sec et ensoleillé, sans tomber dans la chaleur caniculaire
  • La possibilité de pratiquer l’aïkido régulièrement
  • La possibilité de marcher dans la ville (aménagement et sécurité)
  • La construction d’une vie sociale facilité grâce à de nouveaux réseaux locaux
  • La volonté de découvrir une ville en profondeur avec ma logique de slowtravel 

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Un slowtravel qui fait du bien à mes finances

Cuisine maison, produits du marché

Et oui, le bilan financier de ce mois au Mexique est beaucoup plus satisfaisant que celui passé au Costa Rica. Et pour cause, plusieurs facteurs  : 

 

  • Un changement de mode de vie : moins de supermarchés, plus de marchés locaux. Moins de restaurants, moins d’excursions (et mieux sélectionnées), moins de déplacements sur de longues distances. Finalement, j’ai mieux mangé, repris goût à la cuisine et vécu des expériences authentiques avec des locaux. 

 

  • Une vie locale moins chère sur place : le coût de la vie étant moins élevé au Mexique qu’au Costa Rica. En toute transparence, j’ai dépensé 635 euros de loyer mensuel à Oaxaca, contre 955 au Costa Rica. Gardez en tête qu’il y a toujours un grand dilemme sur la question de l’hébergement : choisir un logement pour un mois, plus économique, mais en prenant le risque de ne pas l’avoir vu, ou bien, réserver à la semaine, en payant des montants plus chers. Mon conseil serait de commencer par une courte durée en passant par une plateforme sécurisée de type Booking ou Airbnb, plus de passer directement par le propriétaire une fois le logement testé et approuvé (pour payer moins de frais). 

 

Au final, en cuisinant (et en y prenant du plaisir), en déjeunant moins dehors, en sélectionnant mes excursions au coût de cœur, j’ai économisé de l’argent. 

 

J’ai donc écouté mon coeur et mon intuition, comme guide pour mes finances, et le résultat s’est rapidement fait ressentir ! 

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Une culture latino-américaine à laquelle l’adaptation est indispensable

Pas d’école depuis un an, les enfants dessinent dans la rue…

 

Qu’il s’agisse du Costa Rica ou du Mexique, ces deux pays d’Amérique centrale ont une culture “latino” commune. Il y a certes des aspects bénéfiques à prendre de cette culture, pour nous Européens et pour moi “control freak” : la diminution du stress, la convivialité et la générosité, le bonheur apporté par les choses simples (elles-mêmes souvent conséquences de la pauvreté).

Mais ces aspects très “humains” et “ conviviaux” peuvent vite tourner au cauchemar, si on ne comprend pas la culture anarchique dans laquelle ils s’intègrent. 

On ne peut pas vivre en Amérique latine si on ne s’adapte pas à l’absence d’organisation générale de la société : tout est anarchique, rien n’est ficelé : c’est le lot de beaucoup de pays en développement, et cela remonte même jusqu’au fonctionnement des institutions (les hôpitaux sont mauvais, l’Etat est corrompu, la mafia règne).

On ne peux pas vivre en Amérique latine sans comprendre et accepter leur rapport au temps : ici, c’est en effet l’apologie de la lenteur. Le fameux “ahorita”, qui en théorie veut dire “maintenant”, peut vite durer deux heures voir une journée. 

On ne peut pas vivre en Amérique latine sans accepter le bruit. C’est la cacophonie dans les villes, entre les klaxons (utilisés à tort et à travers), les chiens qui hurlent toute la journée, la nuit y compris, les magasins qui mettent la musique à fond car le racolage est autorisé, les travaux qui n’en finissent pas et qui démarrent aux heures les plus improbables. J’ai vite compris que le calme était un luxe d’occidental.

On ne peut pas vivre en Amérique latine en fermant les yeux sur la pauvreté : pays en développement, le Mexique connaît de grosses inégalités sociales entre les classes aisées (les blancs) et les autres. Le racisme règne. Depuis la pandémie, les écoles sont fermées depuis un an, ce qui accentue les inégalités scolaires. La malnutrition, elle, entraîne des problèmes de santé, quand 70% de la population est en surpoids. La retraite n’étant pas assurée, les mexicains travaillent dans la rue jusqu’à des âges très avancés. 

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Conclusion : une meilleure reconnexion avec mes aspirations et une capacité d’adaptation rapide 

Dans les rues de Oaxaca

Oaxaca a été un très bon compromis entre mes différentes aspirations et critères pour choisir une ville pour m’établir un petit moment. Agréable à vivre, sécure, belle, culturelle, sociale, gastronomique et proche de la nature, elle avait tout pour me séduire. 

En deux mois, mon niveau d’espagnol a progressé (même s’il reste perfectible), et j’ai moins peur de m’exprimer et faire des fautes.

J’ai découvert la culture latino-américaine, mais également zapotèque au Mexique. Les traditions, les vestiges architecturaux et la gastronomie m’ont séduite. 

J’ai même su m’adapter à une culture latine dont les inconvénients ont fini par me glisser dessus pour une courte période. 

Aujourd’hui, après 5 mois de digital nomadisme, j’ai réalisé que j’avais une grande capacité d’adaptation, mais surtout beaucoup moins d’appréhensions à voyager seule. Mon sens de la débrouillardise s’est développé et je me sens beaucoup plus confiante. Qui l’aurait cru, il y a un an de cela ! Pas moi 😉 

Je me dirige maintenant vers Mexico City, la capitale, en suivant mon envie de reconnecter avec une grande ville, et reconnecter avec une communauté de digital nomades. La suite, dans le prochain épisode ! 

 

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