les 10 règles essentielles pour devenir un bon formateur (ou un bon coach)

Comment devenir un bon formateur ou un bon coach ?

Sachez d’abord une chose : être un bon technicien ne fera pas de vous un bon formateur.

Vous le savez peut-être, j’attache beaucoup d’importance à la pédagogie sur le plan professionnel, mais également personnel.

Depuis que je suis coach, je suis devenue encore plus sensible au sujet.

Pourquoi cette notion de pédagogie me tient-elle tant à cœur ? 

Car elle est essentielle pour transmettre un message, une idée, ou faire progresser un individu dans une discipline.

Aujourd’hui, en tant que coach, mais également en tant qu’élève (cliente, patiente, ou adhérente selon l’activité), mes exigences de pédagogie sont très élevées. 

Car non, être un bon technicien ne fait pas de vous un bon formateur, et vous ne pouvez transmettre un savoir, une connaissance ou une pratique sans empathie et adaptation à votre public. 

Alors qu’est-ce qu’un bon formateur ou plus généralement, un bon pédagogue ?  Comment l’intelligence émotionnelle peut-elle s’adapter au domaine de la formation

Sans plus attendre, voici les 10 règles (subjectives) pour devenir un bon formateur !

Dans cet article, j’emploierai les mots “clients” et “coachés” pour parler des bénéficiaires de formation, et je parlerai alternativement de pédagogie (concept général) et d’andragogie pour qualifier la formation pour adulte.

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1/ S’adapter au niveau de son public pour devenir un bon formateur

bon coach

Vous aurez beau avoir préparé une formation en bonne et due forme, vous ne pourrez être pertinent si vous n’arrivez pas à adapter votre contenu à la cible qui est en face de vous.

Vous devez donc adopter une agilité intellectuelle pour moduler votre trame à votre public de manière à interagir avec lui. 

La pédagogie (ou l’andragogie, pour les adultes) n’est pas un cours magistral, c’est un enseignement vivant. 

Finis les PDF, les Powerpoints ou la transmission verticale, le seul moyen d’être un bon formateur, c’est de rendre votre formation vivante et de la construire avec votre public. 

Si vous avez préparé un cours pour un public de clients avancés et que vous vous retrouvez face à des débutants, il vous faudra faire une croix sur une partie de votre déroulé de cours, et revenir sur des fondamentaux.

Mais c’est votre expertise et la maîtrise de votre domaine de compétences qui vous permettra de vous adapter sans être trop gêné.

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2/ Se remettre en question régulièrement

bon formateur.

Lorsque vous enseignez, vous pouvez vous confronter à un public qui ne comprend pas ou n’arrive pas à mettre en application ce que vous montrez ou démontrez.

Bien sûr, il peut s’agir d’un cas isolé qui éprouve de réelles difficultés.

Mais si ce problème revient régulièrement sur un échantillon de clients/coachés plus conséquent, il faut vous remettre en question.

  • Pourquoi l’ensemble de ce groupe ne comprend pas mon message ?
  • Qu’est-ce qu’il ne comprend pas précisément ?
  • Comment puis-je transmettre différemment ?

Ce doute est sain et surtout, vous permettra de monter d’un niveau dans votre parcours de formateur. 

Concrètement, quand un élève n’a pas compris votre explication, ne lui répétez pas encore et encore la même chose : le problème n’est pas auditif. Trouvez une autre approche (visuelle, auditive ou kinesthésique ) adaptée à au client ou au groupe.

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3/ Accepter de se former en continu pour devenir un bon formateur

bon formateur

Le principal piège du formateur, c’est de se reposer sur ses lauriers : transmettre ce qu’il sait sans actualiser ses connaissances (ou compétences). 

Or, il est indispensable de se renouveler pour être à jour de sa discipline et adapter sa formation aux besoins actuels de son public. 

C’est pourquoi il est essentiel de se former en continu, dans des écoles différentes pour diversifier et croiser ses savoirs, comprendre d’autres manières d’enseigner et de fonctionner mais surtout proposer un enseignement plus solide.

L’une des principales lacunes des enseignants titulaires, en milieu scolaire, c’est de ne pas avoir exercé d’autres métiers avant, et par conséquent, d’être déconnectés du monde du travail que leurs élèves vont intégrer dans quelques années.

A titre personnel, j’ai été confrontée à cette lacune lors d’une mésaventure médicale : je devais subir une intervention importante dans une clinique privée, mais le chirurgien me proposait une méthode qui me semblait terrifiante. J’ai donc écouté mon intuition en contactant mon oncle, médecin à l’hôpital public, qui m’a confirmé que la technique qu’on me proposait était obsolète et dangereuse et que depuis, la recherche a permis des avancées bien plus sûres. Je me suis donc faite suivre à l’hôpital public pour une meilleure prise en charge.
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4/ Ne pas donner trop de conseils à la fois

devenir un bon formateur.

Le piège quand on veut aider ses clients à progresser, c’est de les surcharger de conseils. Mais il est important de donner le bon conseil au bon moment, d’une part, et d’autre part, de ne pas donner trop de conseils à la fois.

 

Mon professeur d’aïkido, Arthur Frattini enseigne avec le principe suivant : 3 conseils maximum pour une technique. Après cela, l’élève sature, ou pire, se sent découragé. 

 

En tant que coach, il est de mon ressort d’évaluer les capacités d’apprentissage et d’assimilation de mes clients pour pouvoir leur demander plus ou non. Dans le domaine du copywriting et de la rédaction de contenu, je peux me permettre d’être exigeante avec certains clients qui ont un réel potentiel à exploiter, mais serai plus indulgente avec d’autres dont les capacités rédactionnelles ne sont pas la principale force.

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5/ Valoriser les acquis du coaché

devenir un bon formateur

Lorsqu’on est coach, enseignant ou formateur, on veut permettre à ses élèves de devenir les meilleurs, et notre niveau d’exigence peut être élevé. 

Mais il peut nous arriver de valoriser les acquis ou les progrès réalisés depuis les derniers mois ou dernières années.

Ces moments de valorisation du client sont essentiels et lui permettent :

Partir du principe que ce qui n’est pas critiqué est bien, est selon moi une erreur pédagogique fondamentale. Derrière un élève, il y a un humain doté d’une sensibilité. Pour ne pas décourager son client, il est important de leur rappeler ce qu’il fait de bien, pour renforcer une confiance en lui, souvent fragile…

A titre personnel, je ne fonctionne ni à la pression extérieure, ni à la dévalorisation de ma personne, et mon besoin de reconnaissance est très important pour m’aider à garder la motivation. Ces remarques qui sabotent mon niveau de confiance en moi sont donc, contre productives sur le plan pédagogique.

En tant que coach, je fais donc très attention aux mots que j’emploie pour encourager mes clients. Je sais qu’ils peuvent avoir un impact très important dans leurs résultats mais surtout dans leur équilibre émotionnel. Un client dégoûté, apeuré ou affecté n’aura aucune raison de s’accrocher à un projet ou un objectif qui lui tenait pourtant à cœur.

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6/ Ne pas rentrer dans le jeu malsain de la sanction pour devenir un bon formateur

meilleur formateur

En lien avec le point précédent, il est important de ne pas entrer dans un rapport de domination/soumission avec son client

Lorsque j’étais à l’école, j’ai eu des enseignants qui mettaient des – 15 aux dictées, des enseignants qui rendaient les copies dans l’ordre des notes, des enseignants qui se moquaient des élèves qui avaient la mauvaise réponse, mais également des enseignants qui me disaient que je ne ferais rien de ma vie si j’étais nulle en math.

Ces moments amusaient la galerie sur le coup, mais contribuaient à ruiner la confiance en soi de l’élève pour les années à venir, pour ne pas dire, pour le reste de sa vie (si aucun travail personnel n’est fait par la suite)

Et surtout, ces remarques sont nulles sur le plan pédagogique et andragogique.

Un bon formateur pense d’abord à la progression de son client en le valorisant et non en lui mettant des bâtons dans les roues. La question n’est pas tant d’insister sur ce qui ne va pas, en enfonçant le couteau dans la plaie, mais au contraire, de donner des clés pour aller de l’avant. Car au final, l’objectif d’une démarche andragogique est un déclic ou un résultat défini en amont.

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7/ Fixer un objectif avec son client en amont

bon pédagogue

Un bon formateur ou un bon coach va fixer avec son client, des objectifs pédagogiques atteignables. C’est un contrat tacite (ou officiel, dans le cadre du coaching)

Dans le cadre du coaching, les objectifs sont résumés dans un contrat car il s’agit d’une prestation de service rémunérée : argent contre résultat. Bien sûr, le coach doit être clair sur ce qu’il peut faire ou non et le client doit prendre conscience d’où il part.

Un coach minceur ne pourra pas promettre à son client de perdre 15kg à son client en une semaine. 

Un love coach ne pourra pas promettre à son client de rencontrer l’amour en un mois.

En tant que coach business, je ne fais aucune promesse de chiffre d’affaires à mes clients.

 

Le coach se donne une obligation de moyen, et doit en informer le client. 

 

C’est cet accord initial et formalisé entre l’élève et le formateur qui posera les bases d’une pédagogie saine et efficace. 

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8/ Expliquer à son client ce qu’on fait étape par étape

bon formateur

Être un bon formateur, ou plus généralement, un bon pédagogue, c’est expliquer ce qu’on fait pour permettre à ses élèves de comprendre le procédé ou l’exercice.

En tant que coach, j’accompagne toujours les exercices que j’envoie à mes clients d’une explication pour être sûre que les documents soient bien compris.

En tant que patiente, c’est également ce que j’apprécie lorsque j’ai un rendez-vous médical. Chez le dentiste, lorsque j’ai la bouche grande ouverte, et que je ne sais pas ce qu’il se trame, j’apprécie que mon dentiste me dise étape par étape ce qu’il fait pour me rassurer.

En aïkido, c’est la même chose : montrer ne suffit pas. Et je dirais même, montrer 4 fois ne suffit pas toujours. Il faut parfois du temps pour qu’un débutant mémorise ce qu’il a vu. 

C’est pourquoi, il est important d’expliquer le rôle de l’attaquant et de l’attaqué (uke et tori) mais également d’adapter les explications aux élèves présents : il peut même être intéressant de rajouter des détails pour les élèves gradés, et de simplifier la technique pour les débutants. 

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9/ Admettre ses erreurs ou son ignorance 

Une grande marque d’humilité est l’acceptation de ses propres limites. Et je dirais même, la transparence autour de ces limites, ces dernières pouvant être des erreurs ou de l’ignorance.

Lorsqu’un enseignant ne sait pas répondre à la question d’un élève, il est important qu’il l’admette et lui informe qu’il va se renseigner.

Lorsqu’un coach s’entretient avec un prospect au téléphone, il est important qu’il lui expose les limites de son champ de compétences.

Lorsqu’un enseignant d’aïkido a donné des explications floues, il est important qu’il revienne dessus en l’admettant.

Dans un cadre professionnel, il m’est déjà arrivé de rappeler un client pour l’informer que je m’étais trompée sur la source que je lui avais donnée sur telle technique de marketing.

Admettre ses erreurs ou son ignorance, c’est paraître plus humain, plus accessible et plus humble auprès de ses clients.

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10/ Rester accessible et disponible pour ses clients pour devenir un bon formateur

devenir un bon formateur

Il est essentiel qu’un enseignant, coach ou formateur reste accessible hors temps d’enseignement pour ses élèves.

Car non, l’apprentissage ne se limite pas à la session de travail ou d’entraînement réalisé ensemble. Le suivi prend tout son sens hors des cours.

Concrètement, cela peut se traduire pour un coach, par la possibilité d’être contacté de manière asynchrone. C’est personnellement ce que je propose à mes clients grâce à des échanges par messages vocaux et mails illimités sur une période définie avec une réactivité sous 24 heures pour ma part.

A titre personnel, j’ai décidé d’avoir une relation naturelle avec mes clients en me rendant disponible mais en leur parlant de manière spontanée. Dans mon système de valeur, mes clients peuvent être mes amis, c’est donc normal pour moi de ne pas mettre de barrière ou de filtre avec eux, mais surtout, d’être humainement moi.

Dans le domaine de l’enseignement, c’est aux Etats-Unis – où l’élève est client – que j’ai été positivement frappée par la disponibilité des enseignants lors de leurs permanences. Les élèves sont chaleureusement reçus et écoutés, et les enseignants très réactifs. En France, je me rappelle avoir couru après mes profs de fac toute l’année pour les trouver…en me prenant même quelques lapins.  

Plus tard, en tant que stagiaire en entreprise, ma responsable de stage avec qui la communication était difficile, me disait que la porte était toujours ouverte…sauf quand elle était fermée. Ce point peut paraître anecdotique mais une porte visuellement fermée est beaucoup plus difficile à franchir pour un élève qui doit prendre son courage à deux mains, frapper, et peut sentir l’impression de déranger. 

L’accessibilité passe par l’ouverture, et l’ouverture par un décloisonnement des portes ! 

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Conclusion : Devenir un bon formateur, une mince affaire ?

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Cet article qui devait être un petit post Instagram s’est transformé au fur et à mesure de sa rédaction en véritable article de blog ! Le sujet est particulièrement dense et la réflexion me tenait vraiment à cœur. La pédagogie en général, ou l’andragogie pour les adultes, est à l’image de l’intelligence émotionnelle (son pendant), une valeur fondamentale à mes yeux et ne peut se limiter à des trames et formations théoriques. Le meilleur prof ou le meilleur coach n’est pas celui qui a le diplôme, qui a le plus d’expérience ou d’expertise. Le meilleur pédagogue, c’est celui qui sait aider ses élèves à se dépasser, tout en leur permettant d’évoluer en prenant du plaisir. 

 

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